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Prix du porc. "Les prochaines négociations avec la grande distribution seront décisives"

Après une hausse estivale jusqu'à 1,90 €/kg, le cours du porc est retombé à 1,55 €/kg en quelques semaines. Jean-François Osmond, président de l'Association régionale interprofessionnelle porcine normande, alerte sur la fragilité des trésoreries, aggravée par la mauvaise récolte de maïs grain et la hausse attendue des charges. Il appelle à une remontée des prix pour préserver les élevages.

"Depuis quelques semaines, certains prélèvements bancaires pour des factures d'aliments ne passent plus", alarme Jean-François Osmond. 
"Depuis quelques semaines, certains prélèvements bancaires pour des factures d'aliments ne passent plus", alarme Jean-François Osmond. 
© Edouard Frémy

Comment décririez-vous la conjoncture actuelle de la filière porcine ?

Le début d'année a été morose, avec un cours autour de 1,45 €/kg, alors que notre coût de production se situait entre 1,60 et 1,65 €/kg. Les éleveurs ont donc perdu de l'argent pendant les six premiers mois. Cet été, le prix est remonté jusqu'à 1,90 €/kg, redonnant un peu d'air aux trésoreries. Mais cette hausse rapide a mis les abattoirs et les industriels de la salaison en difficulté. Ils ont acheté leur matière première plus cher sans pouvoir répercuter immédiatement les hausses auprès des distributeurs. À cela s'ajoute la concurrence européenne. Depuis que le marché chinois s'est refermé pour certains de nos voisins, notamment espagnols, danois et allemands, leurs viandes arrivent davantage en France, à des prix inférieurs aux nôtres. Dans le même temps, les consommateurs réduisent leurs dépenses.

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