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Elevage
Production vache allaitante : des résultats modestes depuis plusieurs années

Les éleveurs allaitants connaissent, depuis quelques années, des difficultés économiques. Avec un excédent brut d’exploitation de l’ordre de 36 000 €/UMO en moyenne sur 3 ans, les exploitations spécialisées en vaches allaitantes, suivies dans les réseaux d’élevage viande bovine, illustrent, malgré des performances correctes, la fragilité de ces systèmes herbagers.

Dans le cadre des travaux conduits sur le réseau viande bovine de Normandie, une analyse spécifique a été réalisée sur un échantillon constant de 16 exploitations à orientation herbagère sur 3 années, de 2007 à 2009. Pour ces exploitations, la main-d’œuvre est constituée de 1,2 unité de main d'œuvre (UMO), principalement familiale et la SAU, 110 ha en 2009, est en constante évolution.L’herbe couvre plus de 90 % de la surface de ces exploitations et la Surface Fourragère Principale (SFP) représente 94 % de la SAU. Ces exploitations, résolument herbagères, détiennent un troupeau de 63 vaches allaitantes, le plus souvent charolaises, d’abord destinées à la production de broutards. Pour 1/3 de ces exploitations, une partie des broutards est gardée pour produire des bœufs.A noter aussi que selon les conjonctures de prix des broutards, quelques taurillons sont aussi parfois produits.Le chargement moyen est de l’ordre de 1,2 UGB/ha SFP et la grande majorité de ces  exploitations perçoit la PHAE (Prime Herbagère Agri Environnementale) (tableau 1

Des résultats économiques modestes

Depuis 2007, ces exploitations enregistrent des résultats économiques modestes au regard des performances techniques enregistrées et de leur taille.Ramené à l'UMO, l’Excédent Brute d'Exploitation (EBE) moyen enregistré est de l’ordre de 36 000 €. Ce niveau est proche de celui observé pour les 25 % supérieurs des analyses par système conduites à l’échelle régionale par les Chambres d’agriculture à partir des données du CER.Ces exploitations dégagent un produit moyen de 100 000 €/UMO. Les primes constituent pratiquement 38 % du produit, soulignant ainsi la sensibilité de ces systèmes à toute évolution réglementaire concernant les soutiens du revenu des producteurs allaitants. Le montant moyen des DPU est de 160 €/ha.Le produit hors primes se situe, selon les années, entre 570 et 590 €/ha et les marges brutes moyennes enregistrées hors primes sont de l’ordre de 400 €/ha. Ce faible niveau du produit, classique dans les systèmes allaitants herbagers, souligne l’importance de la maîtrise des charges opérationnelles. De plus, avec des niveaux de marge réduits, les investissements doivent être raisonnés. A ce titre, ces exploitations sont le plus souvent très économes, au moins au niveau de la conduite des surfaces. Les charges opérationnelles SFP sont de l’ordre de 76 €/ha, travaux par entreprise compris.Les charges liées aux animaux (frais vétérinaire, frais d’élevage, fourrages et concentrés achetés, paille) représentent les 2/3 des charges opérationnelles.Les charges de structure, hors amortissement et frais financiers, sont relativement stables : 440 à 460 €/ha selon l’exercice.Le résultat courant moyen s’établit, ces deux dernières années, à 13 000 €/UMO familial.Au niveau trésorerie, compte tenu d’un niveau moyen d’annuité de 25 000 €, la capacité d’autofinancement de ces exploitations est faible (tableau 2).

Améliorer la productivité

L'augmentation de la Production Brute de Viande Vive (PBVV) est l’un des leviers importants d’amélioration du revenu. Calculée en kg vif, la PBVV est le reflet du niveau de performances techniques de l'élevage. Le poids des réformes, la croissance des broutards, la fertilité des femelles mises à la reproduction, la mortalité des veaux sont les composants essentiels de ce critère. Ramenée à l'UGB, au vêlage ou à l'hectare de SFP, la PBVV permet de situer la performance technique du troupeau et la productivité des surfaces. Il est à noter que la Production Brute de Viande Vive ramenée à l’UGB varie dans cet échantillon de +/- 24 kg par rapport à la moyenne. Cela démontre que des marges de manœuvre existent sur la performance des animaux, la conduite de la reproduction et la maîtrise du système fourrager.Par ailleurs, pour une bonne efficacité économique du système, il est important que cette Production Brute de Viande Vive, ramenée à l’unité de main-d’œuvre, soit élevée. Pour cet échantillon, la PBVV est de l’ordre de 25 000 kg/UMO. Elle varie de +/- 7 500 kg par rapport à la moyenne. Ces écarts montrent qu'il existe des marges de manoeuvre sur la productivité de la main-d’œuvre. A ce titre, les choix judicieux sur le renouvellement du troupeau, les orientations génétiques, la durée et le choix de la période de vêlage… permettent de limiter les complications et d'accroître la production de viande sans détériorer les conditions de travail (tableau 3). Le produit principal de la vache allaitante est son veau sevré. Il est important que l'objectif d'un veau par vache et par an soit approché. L'attention doit être portée pour que le nombre de femelles improductives soit le plus limité possible. Cela passe par une politique de réforme “sans pitié” pour les vaches improductives : celles qui vêlent avec difficulté, celles qui perdent leur veau, celles qui sont vides, celles qui se décalent, les plus âgées et les moins bonnes… Pour cela, il est nécessaire d'accepter un taux de renouvellement élevé (autour de 30 %), du moins tant qu'il y a des vaches à problème. Ces recommandations sont d'autant plus d'actualité qu'il faut noter, ces dernières années, une dégradation des écarts vêlage-vêlage et de la productivité numérique (tableau 4). En 2009, pour cet échantillon d'éleveurs allaitants, la rémunération permise par unité de main d'œuvre familiale était de l'ordre de 0.7 SMIC. Cela souligne la nécessité d'améliorer la productivité du troupeau et la maîtrise des charges pour assurer la pérennité des systèmes herbagers (tableau 5).

Les réseaux d’élevage viande bovine de Normandie

41 exploitations spécialisées en viande bovine font partie de ce dispositif de recherche de références. Naisseurs, naisseurs engraisseurs de bœufs ou de taurillons, engraisseurs de taurillons, herbagers ou polyculteurs, en agriculture biologique ou en conventionnel, en zone humide, dans le bocage ou en plaine, la diversité des systèmes de production présents en Normandie y est étudiée sous tous les angles : technique, économique, environnemental, travail… Ce dispositif est conduit par les Chambres d'agriculture de Normandie et l'Institut de l'élevage. Il bénéficie des soutiens financiers de l'état et des régions. Les travaux sont disponibles sur les sites des chambres départementales.

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