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Culture
Pyrales en Normandie : quelle stratégie après la récolte du maïs ?

Des dégâts directs sur le rendement et la qualité de la récolte.

La pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) est un ravageur dont la chenille perfore les tiges et les épis de maïs (photo 1). Cet insecte bien connu dans au sud de la Loire peut aussi s’observer aussi dans certains bassins de production plus au nord, comme c’est le cas dans l’Orne depuis quelques années.

Cette année, les parcelles de maïs Normandes ont présenté plus de symptômes de présences de pyrales que les autres années : tiges cassées, présences de galeries dans les épis et les tiges, y compris dans des secteurs plus inhabituels comme les plateaux de l’Eure.


En production de maïs grain, l’impact économique peut être important. La présence de la larve dans la tige ou dans le pédoncule peut entraîner une baisse de pois de mille grains par défaut d’alimentation. A cette nuisibilité traditionnelle sur le rendement, peut s’ajouter un impact sur la qualité sanitaire du grain : les blessures occasionnées par les larves sur épis sont autant de portes d’entrée pour les spores de champignons et plus particulièrement les Fusarium. En maïs fourrage l’impact est moins important compte tenu de la précocité de la date de récolte.

La lutte contre cet insecte se raisonne au cas par cas selon le type de pyrale auquel le bassin de production est confronté (première ou deuxième génération) et selon le niveau d’infestation larvaire.

La lutte allie méthodes agronomiques à la récolte du maïs et intervention en végétation. En cours de culture, fin juin - début juillet, les moyens de lutte peuvent être biologiques (trychogrammes) ou chimiques (pyréthrinoïdes), mais en amont, seules des mesures agronomiques efficaces peuvent et doivent être mises en œuvre !


Des mesures à mettre en place dès la récolte pour protéger les cultures suivantes !

Le broyage des résidus de culture immédiatement après la récolte est une mesure préventive essentielle pour contrôler la population de pyrales. Cette 1re étape, à réaliser même sur maïs fourrage en broyant au plus près du sol après l’ensilage, va permettre de diminuer de 70 à 80 % la population larvaire pour l’année suivante. En effet, les larves descendent dans les cannes de maïs où elles pourront survivre à l’hiver si elles n’y sont pas détruites (photo 2) !

Pour obtenir encore plus d’efficacité (jusqu’à 95 %), surtout là où les attaques ont pu être importantes cette année, un labour doit être réalisé pour dessoucher les collets et enfouir les larves

profondément (> 20 cm) pour éviter leur sortie au printemps (période de chrysalidation --> papillon --> œufs --> larves...). Dans les situations où le labour n’est pas envisageable, un travail du sol superficiel (10 cm) aura toujours un petit effet (+ 5 à 10 % d’efficacité supplémentaire suite au broyage) pour perturber la remontée des larves au printemps.

Remarque : si le maïs est suivi d’un blé, ce qui est courant dans la région, le broyage aura aussi pour effet de diminuer de façon non négligeable le risque fusariose sur cette parcelle (cf. grille de risque fusariose)... ne l’oublions pas !


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