Aller au contenu principal

Propriété privée et rurale
Quand la gestion du patrimoine foncier et la gestion de l’entreprise sont complémentaires

Jacques Le Père de Graveron, le président du syndicat de la propriété privée et rurale de l’Eure, répond à nos questions autour de la vie et de l’évolution de sa structure euroise.

 

Vous reprenez du service à la suite du décès  de Monsieur  Jean Clomenil, 2 ans après son élection comme président de votre syndicat. Quel est votre sentiment sur l’état actuel   de la propriété rurale dans le département et   le rôle de votre syndicat ?

Tout d’abord, je tiens à saluer tous les interlocuteurs habituels de notre syndicat dans le département, qu’ils appartiennent au monde politique, administratif, agricole, rural ou économique. Je les retrouve avec plaisir et un grand respect pour ce qu’ils accomplissent chacun dans leur domaine. Les principes que Jean Clomenil et moi-même avons défendus au nom des propriétaires ruraux restent les mêmes. J’espère fermement que, dans une ambiance de respect mutuel et de compréhension réciproque, les discussions à venir permettront de progresser pas à pas dans le sens qui nous parait le plus souhaitable pour tous les acteurs du monde rural. En réponse à votre question, il est clair que peu de choses ont changé quant à la situation des propriétaires. Trop de questions restent aujourd’hui sans réponse satisfaisante en ce qui nous concerne. Je constate, par contre, après tant d’années de travail de mes prédécesseurs et de moi-même, un essor incontestable de la reconnaissance et de la notoriété de notre syndicat, en particulier auprès des propriétaires anciens exploitants.

Ceux-ci, devenus bailleurs familiaux, prennent mieux conscience des problèmes rencontrés par les bailleurs en général. Ils sont de plus en plus nombreux à nous rejoindre. 

L’économie passe, naturellement, par “la rémunération équitable du capital foncier”.  Quelle est votre analyse, en tant que président, sur ce volet rémunération ?

Ce volet rémunération est évidemment essentiel. Surtout lorsque l’on pense à la taille moyenne de la propriété agricole qui est inférieure à 10 ha. Les discussions et projets actuels (réforme de l’indice des fermages, loyer des maisons d’habitation,…) apporteront peut-être quelques modestes améliorations à la rentabilité du capital foncier. 

Mais l’essence du débat est ailleurs. Le débat est dans l’existence ou non d’une volonté d’investissement - et surtout de conservation- dans son patrimoine du capital foncier en milieu agricole. Cette volonté ne peut résulter que de la conjonction de deux facteurs indissociables : le rendement et la liberté de gestion. L’absence de progrès significatif sur ces deux points conduit encore trop de propriétaires à se séparer de leur capital foncier.

A ce propos, je tiens à souligner mon accord total avec les propos de Christian Courtemanche, président de la section fermiers de la FDSEA de l’Eure, lorsqu’il dit dans sa récente interview accordée à l’Eure Agricole, je cite : “Le fermier doit être libéré du poids de l’investissement dans le foncier” et plus loin “le fait de ne pas être propriétaire des terres peut être aussi pris pour un avantage dans la mesure où des apporteurs de capitaux soutiennent le foncier et nous permettent de l’exploiter”. Malheureusement, l’opposition de la SNFM à tout assouplissement de la législation actuelle contredit totalement ces vœux pieux pour l’instant.

 

Parlons du département. Quels sont aujourd’hui les dossiers “brûlants” qui occupent votre action ?

Il n’y en a pas et il n’y en a pas eu. Il y a seulement des dossiers récurrents liés à la non observation trop fréquente de quelques principes simples qui sont entre autres : le respect et la stricte application des décisions de justice par la puissance publique et le droit imprescriptible du propriétaire de choisir librement son locataire, dès lors que la personne de son choix est en conformité avec les obligations règlementaires (diplôme, capacité économique,…).


 

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans notre édition papier de l'Eure agricole

du 5 février 2009, page 4

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
"Je ne suis pas de ceux qui pensent tout connaître", remarque David Clavière, mardi 18 mai, à l'occasion d'une conférence de presse. Le nouveau préfet souhaite "trouver des moyens d'avancer avec du bon sens et du pragmatisme, en étant simple, transparent et direct".
David Clavière, nouveau préfet "de terrain et de proximité" dans le Calvados
David Clavière, 52 ans, est le nouveau préfet du Calvados. Il succède à Stéphane Bredin et il a pris ses fonctions le 18 mai…
La remise de La Croix de commandeur dans l'ordre du mérite agricole à Gilles Beaufils s'est faite en mairie de Moyon, mairie qu'il a côtoyée pendant plusieurs décennies.
Promu commandeur dans l'ordre du Mérite Agricole, Gilles Beaufils reste humble
À 84 ans, Gilles Beaufils, ancien maire de Moyon pendant 30 ans, a reçu des mains du député Philippe Gosselin, parrain pour l'…
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes.
Le grand retour des portes ouvertes du syndicat Charolais du Calvados
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes. Les rencontres ont lieu cette fois-ci sur…
Grégory Bariller, élu président de la commission environnement le 8 avril dernier, par les membres du conseil d'administration de la FDSEA 61.
Grégory Bariller représente la commission environnement
Mercredi 8 avril, la FDSEA 61 a élu son nouveau conseil d'administration pour une durée de trois ans. Grégory Bariller, 40…
"C'est marquant cette affluence qui ne cesse de croître", relève François Bruno, conseiller départemental.
Vachement Caen a peut-être trouvé la recette gagnante
L'Association Vachement Caen s'est réunie mardi 19 mai 2026. Entre le retour du concours départemental des Normandes, le…
Publicité