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Cultures intermédiaires avec légumineuses
Quel effet azote ?

Le principe des cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) est de capter d’azote pendant l’hiver et de le restituer à la culture qui suit. Il y a donc des économies d’engrais à prévoir, mais en quelle quantité ? Pour répondre à cette question, les Chambres d’agriculture de Normandie ont mis en place une série d’essais, avec différentes espèces dont des mélanges avec légumineuses.

En effet, les légumineuses sont réputées pour restituer davantage d’azote à la culture qui suit : la minéralisation des résidus est plus rapide, car le C/N de ces plantes est plus bas.
Effet des couverts sur le rendement du maïs : quelques différences
Dans les trois essais récoltés à l’automne 2011, il n’y a pas d’effet visuel net des différents couverts sur le maïs qui suit. Les mesures de rendement montrent cependant quelques différences. Dans ces trois sites en sol profond, les niveaux de rendement vont de 12 à 17 t MS/ha, sans azote apporté. Avec engrais azoté, le maximum obtenu est de 19 t MS/ha.
Les rendements maïs ensilage obtenus en Seine-Maritime (graphique 1) indiquent un effet positif des cultures intermédiaires, même si les différences de rendement sont peu accentuées : +1,5 t MS/ha de maïs après avoine + vesce (16,9 t MS/ha) par rapport au maïs après témoin sans culture intermédiaire (15,2 t MS/ha). Dans cet essai, mais ce n’est pas systématique, l’avoine brésilienne a le même effet que le témoin sans couvert.

Restitutions d’azote au maïs : de fortes variations
La quantité d’azote restituée au maïs par le couvert varie d’un essai à l’autre, principalement par l’effet de développement différent des CIPAN (0,5 à 2 t MS/ha selon les sites) et des dates de destruction. La date de destruction joue fortement : l’optimum pour que le maïs bénéficie de l’azote d’un mélange avec légumineuses est une destruction de fin janvier, d’après les références de la Chambre d’agriculture de Poitou-Charentes.
La comparaison de l’effet azote des mélanges avoine + légumineuse par rapport à l’avoine pure permet de préciser l’intérêt des différentes espèces de légumineuses (graphique 2). Dans les conditions de l’année 2011, le mélange avoine + vesce commune est celui qui donne le plus de gain d’azote : entre 17 et 56 u N/ha de plus pour le maïs par rapport au couvert d’avoine seule, soit une moyenne de 36 u N/ha. Le pois fourrager associé à l’avoine semble également avoir un effet intéressant, + 27 u N/ha en moyenne dans les trois essais de 2011. A l’inverse, la féverole paraît avoir peu d’intérêt, elle présente même parfois un effet négatif. Cette légumineuse est souvent insuffisamment développé, notamment à cause des réglages de semis délicats en mélange avec la céréale.

Ces quelques résultats indiquent un effet plutôt positif des légumineuses, et confirment donc leur intérêt pour réduire la dose d’engrais azoté sur le maïs. Ils confirment aussi l’importance de prendre en compte le développement des CIPAN : non développées, elles restituent peu d’azote. Au final les variations de l’effet azote restent très importantes, il importe de comparer ces résultats avec d’autres pour en tirer des préconisations.

Essais réalisés avec la contribution du CasDAR
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