Quelles solutions sont envisagées pour éliminer et collecter les pneus usagés ?
Le préfet de la Manche est venu à la rencontre des agriculteurs le 8 janvier dernier lors de leur mobilisation. Paille et papiers ont été déversés mais c'est le devenir des pneus usagés qui a été mis en avant. Le sujet sera sur la table en février prochain.
"Quand je viens souhaiter la bonne année, je ne viens pas avec ces cadeaux-là", débute le préfet de la Manche, Marc Chappuis, venu rencontrer les agriculteurs lors de leur mobilisation le 8 janvier dernier. Il pointe les papiers et la paille déposés aux grilles de la préfecture. "Mais je comprends le message qu'il y a derrière", ajoute-t-il. Effectivement, ils ont pointé la surcharge administrative, les réglementations "que nous devons appliquer dans un format le plus accommodant possible", confie-t-il.
289 exploitations sur liste d'attente
Le représentant de l'État a évoqué également les pneus usagés même s'il n'y en avait pas devant les grilles. C'est le cas depuis plusieurs manifestations orchestrées par les agriculteurs de la FDSEA et des JA. Mais le sujet est revenu sur la table parce que les solutions manquent aux yeux des agriculteurs. Il y a eu des engagements de l'État. Mais là encore "on ne voit rien venir".
Dès sa prise de fonction fin septembre 2025, Marc Chappuis avait été informé par la profession. "289 exploitations agricoles sont inscrites sur la liste d'attente pour une collecte. Et une trentaine d'exploitants relancent régulièrement faute de visibilité sur les délais", rappelle les responsables syndicaux qui attendent que "les textes réglementaires soient clarifiés et une reprise des opérations de collecte sans frais de traitement pour les agriculteurs."
Une réunion en février
Dès le mois de février, Marc Chappuis affirme mettre le sujet sur la table d'une réunion sur la gestion des déchets dans le département. "Je suis allé visiter les différents collecteurs et organisme de traitement des déchets dans le département. Aujourd'hui, dans la Manche, tous les déchets non valorisés sont enfouis. On n'aura bientôt plus le droit de le faire. Et on ne peut pas laisser les pneus se décomposer parce que les conséquences seraient négatives. C'est un vrai problème", affirme-t-il. "Je ne vais pas trouver une solution dans les 15 jours qui viennent mais je souhaite faire avancer le dossier", assure Marc Chappuis, qui, sur le ton de l'humour, confie "avoir un intérêt direct : je ne voudrais pas qu'il y ait une utilisation inappropriée dans le département".