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Robotisation de la traite
Quelques points de vigilance

L’installation d’un robot de traite dans une exploitation a souvent pour principale motivation l’économie de temps et la souplesse d’organisation du travail. Cet investissement a toutefois pour conséquence de modifier le fonctionnement de l’exploitation, ce qui appelle une certaine vigilance sur plusieurs points : organisation du travail, conduite technique du troupeau, qualité du lait …

Une stalle de robot a une capacité maximale en terme de nombre de traites et de quantité totale de lait par jour. Des vêlages étalés ne sont pas indispensables mais permettent d’optimiser la capacité d’utilisation d’une stalle de robot sur l’année.Dans un système classique, l’augmentation des effectifs se traduit par un accroissement du temps de traite et il est souvent possible d’augmenter progressivement la capacité de traite. Avec un robot de traite, une stalle a une capacité maximale de 65 à 70 vaches traites par jour, soit une capacité de traite de 1 800 à 2 000 litres environ par jour. Le système est donc peu évolutif. Au-delà de 70 à 80 vaches présentes, il faudra prévoir d’emblée une deuxième stalle. De plus, avec un sous-effectif, (25 -30 vaches), il est difficile d’assurer la circulation des vaches durant la journée.

Une nouvelle organisation du travail

Une fois le robot de traite installé, et la période d’adaptation passée, le gain de temps d’astreinte est estimé à environ 2 h pour un troupeau de 60 vaches (suppression de l’astreinte de la traite biquotidienne). Ce gain de temps est toutefois variable d’une exploitation à une autre. Une partie de ce temps qui était consacré à la traite sera consacré à la consultation d’écran et à la surveillance des vaches dans d’autres situations que la traite. Les robots de traite sont dotés de nombreux capteurs et autres compteurs pour évaluer, en temps réel, la santé des animaux. Toutes ces données sont traitées et restituées dans un logiciel de gestion de troupeau, l’éleveur peut ainsi identifier rapidement les vaches nécessitant une réelle attention. Néanmoins, la surveillance porte aussi sur le fonctionnement du robot : il nécessite une présence et certaines astreintes car en cas d’arrêt, l’éleveur doit intervenir pour redémarrer la station.Du temps de travail est également nécessaire pour l’apprentissage des génisses au système de traite et parfois pour amener certains animaux au robot. Elle implique aussi une nécessaire gestion des animaux présentant des problèmes de comportement.

Une évolution de l’alimentation

La nécessité d’attirer les vaches à l’aide de concentrés peut se traduire par une augmentation de la quantité distribuée. Une évolution qui sera d’autant plus marquée si elle s’accompagne, par manque des surfaces à proximité, d’une réduction du pâturage et donc d’une augmentation des fourrages distribués à l’auge. Bien que ces modifications puissent influencer favorablement la productivité, il y a un risque de dérapage sur le coût de production du lait.De plus, il faudra envisager la valorisation des surfaces éloignées qui étaient pâturées par les vaches laitières avant la mise en place du robot.Cette augmentation de production peut aussi se traduire par une diminution immunitaire des vaches (risque accrue de cétose en début de lactation, risque d’inflammation au niveau de la mamelle…). Les risques d’infections sont également plus importants. Pour limiter ces risques, l’éleveur doit tenir ses logettes ou aires paillées dans des conditions d’hygiène optimales (nettoyage régulier, utilisation d’asséchant…). Avec les logettes, une augmentation des problèmes liés aux boiteries peut apparaitre.


Des répercussions sur la qualité du lait

Une baisse du TB est souvent observée, ainsi qu’une légère augmentation de la lipolyse qui reste en générale loin du seuil de pénalisation. La maitrise des spores butyriques est plus délicate qu’avec une traite traditionnelle (augmentation d’environ 30 % observée). Il est indispensable d‘avoir des fourrages bien conservés et des animaux propres.Concernant les cellules, il est souvent constaté une dégradation des résultats sur les premiers mois de fonctionnement puis un retour à la normale. Ainsi, un élevage avec des mauvais résultats avant le passage au robot va continuer à présenter des résultats dégradés. Il est donc préférable de partir d’une situation saine avant la mise en place du robot.

Une évolution des charges

Au niveau économique, l’investissement dans un robot va principalement porter sur la station elle-même, et sur son intégration dans les bâtiments neuf ou existants (passage en logettes, racleur, agrandissement de la fumière, de la fosse…), ainsi que sur la mise en place d’une ou plusieurs portes sélectives.  Indépendamment des changements sur l’alimentation et le suivi sanitaire du troupeau (dont le produits d’entretien), le fonctionnement du robot va surtout avoir des incidences sur la consommation d’électricité (en générale, plus importante) et va nécessiter une maintenance et des mises à jour des logiciels. Ces prestations font habituellement l’objet d’un contrat de maintenance spécifique.

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