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Qui s’installe en agriculture en Basse-Normandie ?

La Chambre régionale d’agriculture s’est intéressée au profil des installés avec et sans DJA en Basse-Normandie...

Cette étude s’appuie sur les statistiques de 4 années : 2002, 2006, 2009 et 2013, elle a été réalisée grâce au partenariat de la région Basse-Normandie et de la MSA. Une attention particulière est portée aux installations après 40 ans, n’étant pas éligible aux parcours à l’installation aidée, les organismes agricoles disposent de peu d’informations sur leur profil et leur choix d’installation.


Majoritairement des hommes


Sur les 2 872 installations répertoriées durant les quatre années étudiées, la majorité des installations (56 %) sont réalisées par des hommes et cette tendance est constante dans le temps. Même s’ils ont une première expérience professionnelle agricole ou non en tant que salarié, le projet d’installation est envisagé comme un choix de carrière, qui se concrétise avant 40 ans. En effet, 75 % des agriculteurs de l’échantillon se sont s’installés avant 38 ans. A l’inverse, les femmes découvrent l’agriculture plus tardivement, la moyenne d’âge à l’installation est de 45 ans alors que chez les hommes elle est de 33 ans. Plus probant, l’installation des plus de 40 ans représente 69 % des installations féminines et 45 % chez les 50 ans et plus, contre 10 % chez les hommes (graphique 1).


Sur des grandes ou des petites exploitations en fonction de l’âge et du sexe


La surface de l’exploitation et l’âge à l’installation sont corrélées, mais illustre des réalités différentes en fonction qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. En effet, chez les agricultrices la surface est d’autant plus grande que l’installation est tardive. Ainsi, 44 % des femmes de plus de 50 ans se sont installées avec une exploitation de plus de 50 hectares. Il s’agit principalement d’épouses d’agriculteur qui rejoignent l’exploitation de leur mari. Elles s’installent alors à titre exclusif (82 % des cas). On observe le phénomène inverse chez les hommes, les plus jeunes s’installent sur de grandes exploitations et les plus âgés sur des petites. L’installation en société parents/enfants très largement répandue explique que les jeunes s’installent sur de grandes surfaces et exerce leur activité agricole à titre exclusif. Pourtant, l’installation se veut de plus en plus progressive. De 81 % en 2002, les agriculteurs à titre exclusif sont passés à 72 % en 2013. Cette diminution s’est principalement faite au profit des installations à titre secondaire qui ont augmentées de 14 à 20 %. Les projets d’installation demandent plus de temps avant d’être économiquement viable et assurer un revenu suffisant pour les agriculteurs (graphique 2).

Avec ou sans la DJA ? Choix ou inégibilité ?


Le public des plus de 40 ans est non éligible à la DJA. Sur l’ensemble des 4 années étudiées, ils représentaient 41 % des installations en Basse-Normandie (dessin). La confrontation des chiffres de l’observatoire de l’installation transmission (bénéficiaires de la DJA) et des installations de moins de 40 ans recensés par la MSA, nous permettent d’identifier la part des candidats qui étaient éligibles par l’âge mais qui ne sont pas entrés dans le dispositif aidé.


Majoritairement vers le parcours aidé pour les installés à titre principal


En 2013, on estime à 44 % le taux de jeunes installés avec la DJA et 16 % la part des - 40 ans qui était éligible par l’âge mais qui n’en n’ont pas bénéficié. Le Calvados est le département où le cas est le plus fréquent avec 27 % des porteurs de projets, alors qu’ils ne représentent que de 15 % et 10 % dans l’Orne et la Manche (graphique 3).En Normandie, 56 % des installations à titre principal sont le fait d’agriculteurs bénéficiaires de la DJA. Parmi les moins de -40 ans, seuls 8 % des candidats s’installent à titre principal sans suivre le parcours à l’installation, à contrario, ils sont 48 % lorsqu’ils s’installent à titre secondaire. L’installation des -40 ans à titre principal hors parcours aidé est caractéristique des installations du Calvados où la majorité des cas y sont recensés avec 20 % contre 3 % dans les autres départements.

Des projets qui ne répondent pas aux critères de revenu ou de diplôme imposés par la DJA


Les détracteurs du parcours à l’installation exposent comme principale raison la contrainte administrative. Toutefois, l’observation de la taille des projets et de leur typologie révèle que la non-éligibilité à l’ensemble des critères de la DJA peut également être mise en cause. En effet, l’installation des - 40 ans hors DJA concerne des installations à titre secondaire sur des projets de petite ou moyenne taille (20 % avec 0 Ha et 80 % catégorie 0-50 Ha). Ces installations sont susceptibles de ne pas répondre aux critères de la DJA qui aide les projets viables c’est-à-dire qui génèrent un revenu disponible, compris entre 1 et 3 SMIC net au bout de 5 ans (graphique 4).Par ailleurs, dans la filière équine, où 65 % des installations sont réalisées par des porteurs de projets de - 40 ans non bénéficiaires de la DJA, il semble que ce soit le diplôme qui soit bloquant. Le BPJEPS largement répandu dans la filière ne permet pas de valider la totalité du diplôme du BPREA et donc ne suffit pas pour répondre aux critères d’éligibilité de la DJA. A l’inverse, les producteurs de lait suivent tous le parcours aidé. Au-delà de l’aide à l’installation, le grand intérêt pour ces candidats est l’attribution laitière qui leur est accordée. Cet autre avantage est un argument important qui est facilement visible au travers de cette étude. Qu’en sera-t-il lorsque les quotas auront disparu ? (graphique 5).

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