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Foncier
Raisonner l'urbanisation et la voirie

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Calvados ont réuni lundi dernier élus du département, responsables de la Safer et de l'administration. Le but : prendre en compte les intérêts des agriculteurs face à la gestion de l'espace rural.

Stéphane Hamon (chemise blanche au centre), directeur adjoint 
de la Safer : “Aujourd'hui, le réflexe des agriculteurs reste de demander des contreparties foncières. Ils ne parlent pas uniquement d'indemnisation”.
Stéphane Hamon (chemise blanche au centre), directeur adjoint
de la Safer : “Aujourd'hui, le réflexe des agriculteurs reste de demander des contreparties foncières. Ils ne parlent pas uniquement d'indemnisation”.
© V.M.
Une meilleure gestion de l'espace agricole, telle est la volonté des syndicats JA et FDSEA. Les agriculteurs sont confrontés au quotidien à de nouvelles contraintes de circulation. Les chicanes fleurissent autant que les pavillons. JA et FDSEA ont donc profité de cette réunion pour témoigner des difficultés croissantes de circulation des engins agrcioles. Les représentants du syndicalisme souhaitent également être intégrés lors de projets d'urbanisation de terre agricole. Au dernier recensement de 1999, l'agglomération caennaise a vu sa population augmenter de 8 % en 9 ans. Globalement, les communes du Grand Ouest de Caen ont gagné le plus d'habitants. Dans les parties Sud-Ouest et Nord-Ouest, la variation de population se révèle stable. "La consommation d'espace est grandissante. Elle induit un prélèvement de nombreuses terres. Hélas, ce sont souvent les meilleures qui sont bétonnées ! Cette emprise peut avoir des répercussions individuelles et mettre en danger la pérennité de certaines exploitations" rappelle Marc Buon, président de la FDSEA. Et de nombreuses difficultés en découlent : "la perte de terre a des conséquences sur le développement d'exploitations ou sur les plans d'épandages". Des exemples nombreux FDSEA et JA ont donc proposé des témoignages d'agriculteurs pour sensibiliser l'ensemble des acteurs concernés par l'évolution du territoire rural. Premier témoignage, celui de Bernard Vincent. Cet agriculteur, installé à Cambes en Plaine, est directement concerné par le futur Boulevard Urba Nord et une Zone d'Aménagement Concentré (Z.A.C.). Il se sent incompris par les élus. Au total, trois jeunes agriculteurs sont visés par cette urbanisation. "Ma ferme est divisée en deux parties : 20 hectares avec le siège d'exploitation sont situés sur Cambes en Plaine et je dispose de 60 hectares d’herbages dans le Pays d'Auge. Sur la partie céréales, on me laisse deux hectares et 100 m autour de mes bâtiments", détaille Bernard Vincent. Avec cette perte de terre, l'épandage ne sera plus possible. A l'avenir, difficile dans ces conditions de reconduire un Contrat d'Agriculture Durable. "Aujourd'hui, mon entreprise est viable. J'aurais souhaité que l'on me laisse travailler", conclut un brin désabusé Bernard Vincent. Six permis refusés Autre cas abordé : le permis de construire de Christian Duchemin, à Tourville-sur-Odon. Ses problèmes débutent avec un incendie criminel en juin 2005. Depuis, six permis de construire ont été refusés par la municipalité. "Leur prétexte, c'est la révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Si nous construisons un bâtiment, l'intercommunalité ne pourra pas implanter de lotissements à proximité. Quand je me suis installé, j'étais isolé. Désormais, je me retrouve au milieu de ma commune. Les élus ne doivent pas oublier que nos entreprises doivent également se développer", explique Christian Duchemin. Les aménagements routiers ont également été abordés. L'occasion pour les représentants de la FDSEA de s'interroger. "Avec les nouveaux aménagements à Dozulé, la traversée du bourg avec des engins agricoles n'apparaît pas aisée. Accepte-t-on encore les agriculteurs ?" Réponse dans plusieurs années. Autre illustration de ces difficultés : la déviation de Falaise. “Aucune desserte agricole n’a été prévue lors de la conception de la déviation autoroutière de Falaise. Et dans le bourg, les aménagements de la chaussée limitent la vitesse et surtout la circulation des engins agricoles. Ces aménagements, nécessaires à la sécurité de tous, doivent se faire en tenant compte de notre activité”, insiste Jean-Yves Heurtin, vice président JA. En attendant, les acteurs de la réunion ont la volonté de développer le dialogue entre agriculteurs et élus. Deux mots permettent donc de conclure cette réunion : anticipation et concertation. A suivre... V. MotinDes élus mobilisés Ambroise Dupont, sénateur et président de l'association des maires, le député Jean-Marc Lefranc, Michel Granger, le président de la commission des travaux publics et de l'aménagement rural du Conseil général, des représentants de la Safer, de la DDE et de la DDAF ont répondu à l'appel de la FDSEA et des JA. Si tous acceptent l'idée de concertations régulières avec les agriculteurs, Michel Granger a souhaité une avancée. "Le Conseil général peut et doit faire passer un message aux ingénieurs de l'aménagement routier. A nous de leur rappeler de tenir compte de l'activité agricole". C'est déjà ça !
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