Aller au contenu principal

Biodiversité
Récolter en préservant la faune sauvage

2010, année de la biodiversité est l’occasion de regarder de plus près l’impact des pratiques agricoles sur la faune et la flore.

La récolte est un moment crucial pour le petit gibier. Souvent, les machines trop rapides blessent ou tuent la faune sauvage. Préserver la faune sauvage, c’est préserver l’équilibre entre les proies et les prédateurs (prédateurs de rongeurs, oiseaux insectivores, etc.), les ravageurs et les auxiliaires, les fleurs et les pollinisateurs.
Pour limiter les impacts à la récolte, quelques pratiques simples peuvent être mises en œuvre dans les champs et en bordure de champs. L’objectif est de favoriser les abris et de faire fuir les animaux de la parcelle avant récolte.

Faucher les prairies le plus tard possible
Une des méthodes pour préserver la faune est de faucher les prairies le plus tard possible. La faune est vulnérable lors des périodes de reproduction (couvaison et élevage des jeunes). En plus du risque d’écrasement, de destruction des nids, le passage des machines entraîne parfois l’abandon des couvées.
Les pratiques du “foin + regain” ou “foin + pâturage tardif” sont les plus favorables à la reproduction des oiseaux. Les dates de fauches doivent être les plus tardives possibles (après le 15 juin), sachant que la période de nidification va du 15 avril au 31 juillet (Figure 1). Laisser des bandes fauchées très tard (après le 20 juillet) permet un meilleur succès dans l’élevage des jeunes.

Au moment de la moisson ou de la fauche : faire fuir les animaux !
Lors de moissons, les couveuses sur les nids au sol, les oisillons ou les jeunes mammifères sont surpris par les machines. Les oiseaux comme la perdrix sont encore plus touchés si un printemps pluvieux a entraîné un échec des premières couvées. Les mammifères et particulièrement le lièvre gîtent dans les andains de paille qui sont détruits lors de la récolte ou du broyage des pailles.
Autre conséquence des nouvelles moissonneuses : il y a moins de perte de grains au sol donc moins de nourriture pour les oiseaux. L’enfouissement des résidus rend parfois les graines inaccessibles à la faune sauvage. Ceci expliquerait en partie les dégâts occasionnés par les pigeons sur colza lors des vagues de froid.
Pour réduire l’incidence des pratiques de récolte :
au moment de la récolte :
- régler la hauteur de la barre de coupe assez haut (au moins 15 cm) pour avoir un compromis entre le rendement et la préservation des nids au sol ;
- utiliser une barre d’effarouchement à l’avant du tracteur pour faire fuir les animaux.
Une barre d’effarouchement installée à l’avant du tracteur permet de faire fuir les oiseaux, les chevreuils et le petit gibier. Il faut alors qu’ils puissent se réfugier soit en bord de parcelles (figure 2). Débuter la fauche de l’intérieur de la parcelle vers l’extérieur évite aux animaux d’être piégés en milieu de parcelle. De même, si plusieurs machines sont dans le champ en même temps, il est préconisé de laisser de l’espace entre elles pour laisser les animaux s’enfuir.
- Commencer la récolte si possible dans le centre de la parcelle après avoir détouré. Les animaux s’enfuient au lieu de rester prisonniers dans la parcelle.
- Limiter le plus possible les récoltes de nuit car les animaux n’ont pas de repères pour fuir.
- Si plusieurs machines sont sur la parcelle en même temps, veiller à laisser de l’espace entre elles.
NB : lorsque les bords de champ ne sont pas broyés avant la moisson, ils servent aussi de refuges.
Après la récolte :
- presser ou broyer la paille rapidement après la moisson pour éviter que les animaux ne reviennent se réfugier dans les andains.

En bords de champs : limiter les “nettoyages”
En bord de champs, il faut limiter le développement d’espèces nuisibles mais aussi préserver une flore et une faune utiles. Les bords de champs abritent des insectes auxiliaires (coléoptères, prédateurs de limaces), insectes pollinisateurs et une petite faune qui y trouve un abris (lièvres, faisans, perdrix, etc.).
Attendre la fin de l'été avant de faucher, le temps que les plantes fleurissent et fructifient. Les fleurs nourrissent les insectes pollinisateurs (papillons, abeilles...) qui jouent un rôle primordial dans la reproduction des plantes et donc la création des fruits de nos vergers par exemple. Les fruits des plantes de bord de route, quant à eux, nourrissent quantité d'animaux, des rongeurs aux insectes en passant par les oiseaux. Si un nettoyage précoce doit être effectué, la fauchage à 15 cm du sol est plus approprié que le broyage. A l’automne, le broyage présente peu de risques et a l’avantage de rendre les semences d’adventices, les larves d’insectes et les vers de terre accessibles à leurs consommateurs.Un nettoyage trop répété est néfaste. La nature ayant horreur du vide, les adventices se développeront plus rapidement et envahiront la parcelle proche. Au contraire, en maintenant une bordure “naturelle”, il se crée un équilibre, favorable au rendement de la culture proche.
En résumé, pour les bords de champs :
- attendre début août avant de faucher ;
- privilégier les techniques mécaniques, le fauchage plutôt que le broyage ;
- éviter l'usage répété des herbicides, préférer l'emploi des produits sélectifs.
Laëtitia CHEGARD
lchegard@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr
Avec la participation financière du Casdar et Agrifaune

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Publicité