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Elevage
Réduire le tarissement à 35 jours

Evolution oblige, les vaches mais aussi les éleveurs n’ont pas les mêmes capacités qu’il y a 20 ou 30 ans. Le tarissement court, déjà pratiqué en Normandie, est une technique qui permet de s’adapter à la conjoncture tout en préservant la santé des vaches. La vigilance s’impose cependant sur l’utilisation des antibiotiques.

La recommandation d’un tarissement classique pendant 2 mois reste largement partagée par bon nombre d’éleveurs. Cependant les schémas classiques avec une lactation de 10 mois, une fécondation 3 mois après vêlage sont largement décalés de la réalité : l’intervalle vêlage vêlage atteint 420 jours en moyenne dans le Calvados par exemple. D’autre part, les connaissances évoluent et des pratiques nouvelles correspondent aux attentes actuelles.

Un effet bénéfique sur le bilan énergétique en début de lactation

Une des principales motivations pour un tarissement court est de limiter les problèmes métaboliques après le vêlage. Classiquement, avec 2 mois de tarissement, la vache subit 3 changements alimentaires rapprochés : le tarissement avec une ration de type diète, puis la préparation au vêlage, puis ration début de lactation. Or, la panse (ou rumen) doit s’adapter à chacun de ces changements dans un temps limité. En l’occurrence, ce sont les papilles qui tapissent les parois du rumen qui font le boulot. Elles absorbent l’énergie, précieuse pour assurer la production en début de lactation et la réussite de la reproduction. Or la taille de ces papilles grossit ou régresse selon le régime alimentaire, elles sont notablement réduites de 5 fois leur taille entre la fin d’un tarissement de 2 mois et la pleine lactation. Au vêlage, elles vont reprendre de l’activité et grossir pour redevenir efficaces. Raccourcir la durée de tarissement, c’est donc limiter la régression de la taille de ces papilles qui vont se retrouver plus rapidement efficaces en début de lactation. Ainsi les vaches consommeront plus de matière sèche, mobiliseront moins de réserves corporelles et couvriront plus facilement leurs besoins.

Peu de conséquences pour la production

Produire du lait un peu plus longtemps permet de livrer environ  4 % de plus pour des multipares et 6 % pour les primipares pour une lactation rallongée. Les taux en fin de lactation sont généralement élevés pour le TP, le TB mais aussi pour les cellules. Cependant le début de la lactation suivante est un peu pénalisé, surtout pour les 2e lactations, de l’ordre de 8 à 10 %. Au final, le lait produit en plus en fin de lactation compense la diminution du début de lactation pour la moitié des primipares et les 3/4 des multipares d’après les données en élevage au début des années 2000. Il y a renouvellement complet des cellules mammaires lors d’un tarissement de 8 semaines. Raccourcir le tarissement entrave la production de nouvelles cellules et la mamelle est moins équipée pour produire du lait en début de lactation. La production peut-elle alors être limitée ? On sait maintenant que le renouvellement des cellules de la mamelle peut aussi intervenir en lactation en parallèle d’une disparition naturelle. Ce qui est confirmée par une étude récente qui  montre en effet que l’écart de production n’est que de 4 % sur l’ensemble de la 2e lactation mais avec des taux plus élevés. Au final les quantités de matières grasses et protéiques étaient semblables pour les 2e lactation taries 35 ou 60 jours. A partir de la 3e lactation, aucun effet n’a été mesuré.

Un meilleur équilibre en énergie au démarrage de lactation

L’effet est double : potentiel laitier un peu réduit en tout début de lactation et meilleure absorption des nutriments favorisent le bilan énergétique. Ce qui peut se traduire par des améliorations sanitaires (moins d’acétonémie notamment, voire de déplacements de caillette, fièvre de lait…) et de reproduction mais, à part l’acétonémie régulièrement réduite, les effets positifs ne se vérifient pas de manière systématique en élevage ! Les études montrent cependant une meilleure longévité de ces vaches, avec moins de réformes précoces pour causes sanitaires et reproduction.  D’autre part, la qualité du colostrum ne semble pas affectée par un tarissement limité à 35 jours.

Rigueur sur les risques d’inhibiteurs

Tout d’abord, le traitement antibiotique au tarissement n’est pas obligatoire pour les vaches qui présentent des taux cellulaires réduits, l’utilisation d’obturateur sur ces vaches repérées saines limite son utilisation. Pour les autres, la rigueur s’impose sur le choix de la molécule, à discuter avec votre vétérinaire. S’il existe des produits avec délais d’attente réduits, le risque est lié aux vêlages prématurés. Il convient alors de bien se renseigner auprès de son vétérinaire pour préciser le délai d’attente dans cette situation. Et bien sûr, l’enregistrement des évènements (insémination,  date de tarissement) est indispensable à une bonne gestion.


Points clés

Sélectionner les vaches candidates à un tarissement court (quantité de lait, cellules, historiques des problèmes métaboliques, multipares si la baisse de production n’est pas souhaitée,…).Viser une note d’état d’engraissement de 3 à 3,5 au tarissement. Simplifier les rations des taries avec un régime de préparation au vêlage : 0,75 à 0,8 UFL/kg pour 12 à 14 kg de MS avec les mêmes fourrages que ceux distribués après vêlage + un peu de foin pour déconcentrer la ration.

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