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Valérie Dodelin, directrice de l’UPRA Normande et du GNA
Redynamiser la race Normande et gagner des parts de marché

Sérénité retrouvée au sein de la famille Normande. L’UPRA deviendra en juin prochain OS (Organisme de Sélection). Avec ses partenaires et l’entente cordiale semblant régner, elle souhaite redynamiser la race Normande pour concrètement gagner des parts de marché. Les explications de Valérie Dodelin, directrice de l’UPRA Normande et du GNA depuis août 2007.

Avec 130 taureaux testés, la Normande conserve un schéma de sélection suffisant pour garantir une efficacité prouvée dans ses résultats. Par ailleurs, le schéma s’appuie sur des outils scientifiques très performants qui combinent l’information de génétique quantitative et de génétique moléculaire.
Avec 130 taureaux testés, la Normande conserve un schéma de sélection suffisant pour garantir une efficacité prouvée dans ses résultats. Par ailleurs, le schéma s’appuie sur des outils scientifiques très performants qui combinent l’information de génétique quantitative et de génétique moléculaire.
© DR
Pourquoi cette double casquette UPRA et GNA ?
Tout d’abord pour une question d’économies dans les structures normandes et ensuite dans la perspective du rapprochement des deux structures sur un même site géographique voté par les professionnels en juin 2007.

Quelle est la mission du GNA ?
Le GNA s’est réorganisé fin 2007 pour travailler différemment la création génétique et la couverture de terrain.
Sur le premier point, c’est de la procréation, de l’achat, du contrôle individuel. C’est-à-dire, l’amont du schéma de sélection. L’objectif étant de recentrer, autour d’une cellule génétique (3 responsables techniques de chaque entreprise de sélection et moi-même), les réflexions au quotidien sur la création génétique à partir des décisions prises par le conseil d’administration.

Et quel est le rôle de l’UPRA ?
L’UPRA, qui va devenir OS (Organisme de Sélection) au 30 juin, a en charge la promotion et le marketing de la race Normande. S’y ajoutent des missions règlementaires : ingéniérie de la morphologie raciale, orientations de sélection, tenue du livre généalogique...
Par ailleurs, les différents partenaires de l’UPRA réfléchissent à la mise en place de services complémentaires à la carte.

Comment évoluent les effectifs en race Normande ?
Structurellement, nous avons connu une baisse ces dernières années. On subit les marchés laitiers mais aussi les perspectives de production dans le cadre d’un démantèlement des quotas laitiers. C’est pourquoi nous avons mis en place une commission qui axe sa réflexion en tenant compte par exemple du paiement du lait à la matière sèche utile.

Une bonne carte à jouer pour la Normande ?
Effectivement, la Normande dispose de nombreux atouts pour produire un lait de qualité (protéine, lactosérum). Nous devons maintenir ces hauts niveaux. Nous nous orientons aussi vers une production plus régulière dans l’année. On travaille donc dans ce sens.
Il nous faut enfin veiller au respect des contraintes environnementales à conjuguer avec l’acte de production pour nourrir la population.

Disposez-vous d’une base de sélection suffisante pour faire avancer le progrès génétique à un rythme soutenu ?
Avec 130 taureaux testés, la Normande conserve un schéma de sélection suffisant pour garantir une efficacité prouvée dans ses résultats. Par ailleurs, le schéma s’appuie sur des outils scientifiques très performants qui combinent l’information de génétique quantitative et de génétique moléculaire.

Il est probable qu’on impose une part de vaches de race Normande dans certains cahiers des charges des AOC laitières. Avez-vous un avis sur cette disposition ?
Cela répond à des travaux menés de longue date par des responsables professionnels normands et correspond à l’attente exprimée par certains de nos partenaires.

Mais il s’agit plus d’une réponse “communication et marketing” face au consommateur que d’un raisonnement purement scientifique ?
Nous sommes dans un raisonnement de valorisation du lait au profit des producteurs. Côté scientifique : la fromageabilité du lait issu de vaches de race Normande, avec le variant kapa-caséine très présent, ne fait plus aucun doute.

Le risque n’est-il pas d’enfermer la race Normande dans la niche des AOC ?

On pourrait craindre que certaines politiques de promotion n’en fassent qu’une race d’AOC mais c’est bien un de nos combats. Nous travaillons pour répondre à l’attente des producteurs. A savoir, disposer d’une race Normande qui fasse du lait.
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