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Alimentation
Réflexion sur le marché à terme

Entre le prix de l’aliment qui flambe et des cours du porc en berne, les producteurs sont étranglés. Au-delà de la revalorisation des prix à la production, l’UNGP lance une réflexion sur l’achat d’aliments. La piste : mieux comprendre le marché à terme et adapter les stratégies d’achat.

Acheter son aliment en se couvrant sur le marché à terme, c’est l’une des pistes avancées par l’Union Normande des Groupements Porcs. Factures à la main, Christophe Couillard, producteur de porcs à Raids (50) ne peut
que constater la hausse. En un an, le prix est passé de 180 à 265 €/tonne. Enfilant sa casquette de président de l’UNGP, Christophe Couillard rappelle que “l’alimentation représente 60 % du coût de production d’un porc. Et en 3 ans, 2 années ont été marquées par une volatilité importante des cours”.
A 265 €/t, le coût de production (hors main d’œuvre de l’exploitant) atteint 1,52 €/kg.  Avec les tarifs actuels des aliments et une plus value qualité moyenne de 0,14 €/kg, la survie des producteurs nécessite un prix cadran de 1,39 €/kg. Mais aujourd’hui, le prix cadran ne dépassait pas 1,25 €/kg.

epuis 6 mois, les producteurs perdent 15 à 16 € par animal. Le secteur s’appauvrit. Christophe Couillard regrette les années 90. Une période marquée par une régularité des prix. “La politique agricole commune jouait son rôle plein pot. Le blé était vendu 180 €, on achetait l’aliment 200 €, le cadran affichait 1,50 € et le consommateur final payait moins cher son jambon”. Les ratios économiques apparaissent logiquement rouge vif : ouverture de crédit de 500 € par truie et besoin de fonds de roulement de 930 € par animal.

Accompagner le stockage des céréales
Si le combat sur le prix payé au producteur perdure, l’UNGP s’attaque également à l’achat des aliments. Ce thème constitue d’ailleurs le cœur de la journée technique organisée le 15 mars prochain. Objectif : réfléchir sur la volatilité des cours des matières premières. “Nous essayerons de mieux cerner la fixation du prix des céréales. Puisque nous en sommes dépendants”, précise Christophe Couillard. Le travail mené par Coop de France sera aussi évoqué. L’idée : réinventer un stockage privé, cogéré par le monde de l’élevage et les céréaliers. “Ce principe permettrait de lisser le prix de l’aliment. La France manque de capacité de stockage. L’insuffisance est estimée à 10 000 tonnes. Dans notre intérêt, nous devons participer à cette réorganisation”, affirme le président de l’UNGP.

Le producteur de porc pourrait se couvrir
sur le marché à terme
Toujours dans une logique de lissage des prix, se pose la question d’acheter différemment.  “Pourquoi à 110 € en 2009, personne ne s’est couvert sur 6 mois ? Au final, nous aurions subi une hausse plus linéaire”, s’interroge Christophe Couillard. Ce dernier le concède : il méconnaît la mécanique des marchés à terme.  La réunion du 15 mars tentera de répondre à ses interrogations. Car l’homme en est convaincu, les fluctuations vont s’intensifier. “Aujourd’hui, des céréaliers ont signé des contrats sur 2012.  Je pense que le producteur de porcs peut aussi se couvrir sur le marché à terme. Mais, il prendra le risque à la place du marchand d’aliments”.

Programme de la réunion du 15 mars
- 11 h 20 - 12 h 30 : le marché des grains (principaux acteurs, débouchés, fonctionnement, facteurs
de la volatilité …) par Ph. Vincent (responsable filière
céréales Agrial).
- 13 h 45 : débat sur “les alternatives pouvant aider à faire face à la volatilité des matières premières”.
- 13 h 45 - 15 h 15 : quelle stratégie, quels outils
pour faire face à la volatilité des cours (tunnel de prix, contrats interfilières, fonds de mutualisation, état
des réflexions en cours) ? par J.-L. Cade (président section Nutrition Animale de Coop de France).
- 15 h 15 - 16 h 45 : marché à terme sur les matières
premières : un outil de gestion du risque pour les éleveurs
de porcs ? par Cabinet ODA avec le témoignage
d'Hervé Gaté (éleveur). Réunion en salle à la Chambre
régionale d'agriculture de Normandie à Caen.

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