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Cheval
Réforme des HARAS NATIONAUX : jouer la carte de la performance

Un recentrage des Haras Nationaux sur ses seules missions de service public à travers un plan sur 5 ans et son évolution vers un office du cheval permettant de mieux structurer la filière sont engagés. Détour du côté de St-Lô.

Ninon Légé : “le sens du projet que le gouvernement nous demande de porter est bien de faire des Haras Nationaux une agence de développement économique de la filière en territoire”.
Ninon Légé : “le sens du projet que le gouvernement nous demande de porter est bien de faire des Haras Nationaux une agence de développement économique de la filière en territoire”.
© TG

Compiègne fermé. Blois et Annecy en sursis... La réforme des Haras Nationaux semble épargner la Normandie. C’est tout du moins le sentiment de Ninon Légé. La déléguée des Haras Nationaux en Normandie ne nie cependant pas que les restrictions budgétaires laissent planer quelques inquiétudes. Mais cette réforme, c’est aussi l’occasion de redynamiser une institution qui doit se frotter au marché et à la concurrence. L’objectif étant de jouer la carte de la complémentarité avec le secteur privé. L’activité équine, désormais dans le camp de l’agriculture, accélère le pas. JEM (Jeux Equestres Mondiaux) de 2014 en guise de catalyseur.

Au service de l’étalonnage
Concurrence et complémentarité ainsi notamment au service de l’étalonnage à partir de chevaux appartenant aux Haras Nationaux (on en dénombre une soixantaine à St-Lô) ou à partir de chevaux privés. “Nous apportons une clientèle, un service et notre réseau de diffusion des semences”, insiste Laurent Vignaud, responsable du site de St-Lô. Un service qui s’adresse notamment à des éleveurs souhaitant garder leur géniteur tout en déléguant sa carrière d’étalon. Il s’appuie sur une quinzaine de centres techniques positionnés un peu partout en Normandie et est impliqué dans près d’une naissance sur deux. Dans cette mission visant à contribuer à l’amélioration raciale, les Haras Nationaux privilégient la génétique française à plus de 80 %. “Les étalons étrangers ne correspondent pas à nos besoins”, estime Laurent Vignaud. Mais dans le secteur privé, on en comptabilise quasiment un sur deux. Peut-être une question de prix. “Nous proposons un prix attractif, une génétique de qualité, une fertilisation minimum tout en respectant les règles de la concurrence”, se défend le responsable du Haras de St-Lô.
Ninon Légé acquiesce. “Notre catalogue des Haras Nationaux n’est pas élitiste. On y trouve aussi des étalons de moyenne gamme mais dotés d’un très bon tempérament”. Des étalons qui répondent à la demande d’une clientèle de plus en plus grand public car du cheval de sport à celui de loisir, l’activité équestre est en plein essor en France. Les acteurs tentent d’ailleurs d’y voir plus clair dans ce paysage. Ils ont mis en place l’Observatoire économique régional. “L’objectif est de disposer, à terme, d’une meilleure connaissance du visage socio-professionnel des propriétaires de chevaux”, résume la déléguée régionale.

Rapprochement avec l’ENE
Parmi les mesures annoncées par le CMPP (Conseil de Modernisation des Politiques Publiques), le rôle des Haras Nationaux comme “office du cheval” permettant de mieux structurer la filière a été confirmé. Sur la feuille de route figure le rapprochement entre les Haras Nationaux et l’ENE (Ecole Nationale d’Equitation - Le cadre noir de Saumur). Là encore, les pouvoirs publics jouent la carte de la complémentarité. Formation des futurs cavaliers instructeurs à l’ENE et formation autour des métiers traditionnels (maréchalerie, sellerie, attelage, inséminateur équin, travail du jeune cheval) dans les Haras Nationaux se fondront le 1er juillet prochain.  “L’objectif de la démarche engagée est de renforcer la légitimité et l’expertise de deux institutions qui font référence dans la filière cheval et les sports équestres. Grâce aux synergies développées par la constitution de ce nouvel opérateur, les acteurs du monde du cheval et de l’équitation bénéficieront d’une structure solide aux personnels compétents, dédiée à des missions de service public et capable de répondre aux besoins de la société”, pronostiquaient Robert d’Artois (directeur de l’ENE) et François Roche-Bruyn (directeur général des Haras Nationaux) dans un communiqué datant de décembre dernier.
Il y a quelques jours, les deux équipes de direction se sont à nouveau réunies pour affiner une méthode de travail et un calendrier. “Ce projet commun doit s’appuyer sur les complémentarités des missions entre les deux établissements, dans le respect de leurs identités fortes ancrées dans l’histoire”.

De l’ingénierie aussi
Création d’un service de transport hippomobile, besoin d’un cheval cantonnier, étude de faisabilité d’un stade équestre..., les Haras Nationaux proposent aussi de l’ingénierie à destination des collectivités territoriales notamment. Quatre types de produits sont proposés :
- Cheval et territoire : évaluation du potentiel économique de la filière cheval sur un territoire, schéma de développement, expertise des activités de tourisme liées au cheval, appui à la création d’itinéraires équestres et de circuits touristiques, aménagement de sites naturels sensibles, valorisation du patrimoine équestre...
- Cheval et service : jusqu’au produit clé en main (entretien, transport, surveillance...)
- Cheval et infrastructure : assistance à la maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, études préalables de pôles équestres...
- Cheval et entreprise équestre : étude d’installation, plan de modernisation, audit technique, économique et stratégique...

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