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Culture
Reliquats d’azote 2012 : les premières tendances en Normandie

La campagne de reliquats d’azote sortie hiver se termine bientôt ; voici une synthèse sur les premiers résultats disponibles à la mi-février en Normandie.

Pour l’instant, les niveaux de reliquat semblent assez similaires à l’an dernier. Les variations sont importantes d’une parcelle à l’autre, d’où l’intérêt de faire des analyses chez soi, afin de raisonner les apports d’azote à faire sur les cultures.


Des niveaux de reliquats assez similaires à 2011

Alors que les conditions de l’automne laissaient présager des reliquats d’azote élevés, les pluies de décembre 2011 ont eu un effet drainage important. La pluviométrie concentrée sur un mois a eu un fort effet “chasse d’eau”, entraînant les nitrates au delà de 90 cm de profondeur. On retrouve pour l’instant dans les reliquats 2012 des niveaux similaires à 2011, avec des nuances selon les départements : reliquats 2012 plutôt plus faibles en Seine-Maritime, plutôt plus élevés dans le Calvados, semblables à 2011 dans l’Eure (tableau 1). Dans ces premiers résultats, le Calvados se distingue par un nombre de parcelles analysées très important, plus de 2 000 parcelles. Cela s’explique par une obligation spécifique dans l’arrêté départemental directive nitrates : réaliser 1 reliquat d’azote par tranche de 20 ha de céréales d’hiver. La campagne de reliquat n’est pas terminée, d’autres résultats doivent venir s’ajouter dans les différents départements.

Une variabilité importante

Dans ces premiers résultats, on observe une variabilité importante des reliquats d’azote, qui touche tous les niveaux de profondeur. On observe beaucoup de parcelles particulières présentant des reliquats très faibles ou très forts. C’est le cas dans le Calvados (graphique 1), avec des minis proches de 0 et des maxis très élevés. Pour les sols profonds, dans 50 % des parcelles, le reliquat d’azote nitrique est compris entre 25 et 50 u N/ha.


Un effet net de la consommation d’azote à l’automne

L’effet de la consommation d’azote à l’automne par la culture ou les couverts implantés est particulièrement net cette année. Les bonnes conditions climatiques de l’automne ont favorisé la croissance des plantes, et donc l’absorption de l’azote dans le sol. Cela se vérifie pour le colza : les reliquats mesurés sous colza présentent en moyenne 10 unités de moins en sol moyen et 15 à 20 unités de moins en sol profond, dans le Calvados et en Seine-Maritime par rapport aux résultats moyens.Dans le sens inverse, l’absence de culture intermédiaire avant culture de printemps se traduit par un surplus de 20 unités dans le reliquat en sol profond (résultats Seine-Maritime).

L’azote en profondeur est disponible

La répartition des reliquats d’azote selon la profondeur indique une légère concentration dans le niveau 60 à 90 cm (graphique 2). Cela témoigne du lessivage : l’azote qui était essentiellement en surface à l’automne, car issu de la minéralisation de la matière organique, est descendu jusqu’à ce niveau et sans doute au-delà. Compte tenu du fort développement de la plupart des cultures d’hiver, bien enracinées et avancées, cet azote sera bien disponible pour la croissance. En sol profond, où les racines atteignent facilement ce niveau, il est indispensable de réaliser le reliquat jusqu’à 90 cm.En Seine-Maritime, le premier niveau du sol tendrait à être légèrement plus riche en azote que les niveaux inférieurs, mais cela ne représente qu’une différence de 3 unités par hectare.


Synthèse réalisée avec la contribution du CasDAR

Prendre en compte l’azote ammoniacal dans le reliquat d’azote

L’azote ammoniacal est à prendre en compte sur les 40 premiers centimètres de sol uniquement, épaisseur représentant approximativement la zone d’activité microbiologique. Par exemple, pour un reliquat mesuré par horizon de 30 cm d’épaisseur, on prend en compte la totalité du 1er horizon plus un tiers du 2e horizon (si il a été exploré).Attention, des valeurs élevées de la fraction ammoniacale peuvent avoir des origines non agronomiques (mauvaise conservation des échantillons, pollution lors de l’échantillonnage par exemple). Elles doivent être prises en compte seulement dans les conditions suivantes :- apport organique récent ;- retournement récent de prairie, de jachère ou de culture intermédiaire ;- asphyxie du sol (sol saturé d’eau par exemple) : le manque d’oxygène ne bloque pas la minéralisation de l’azote organique mais limite la nitrification, il y a alors une accumulation de la forme ammoniacale.(Source : Comifer, “Calcul de la fertilisation azotée”, édition 2011)
Les reliquats mesurés sous la neige, début février, peuvent présenter une accumulation d’azote ammoniacal sur le niveau 0-30 cm ; dans ce cas, il est préférable de ne pas tenir compte de cet azote qui peut être surévalué.En général cette année, les quantités d’azote ammoniacal mesurées dans les sols sont faibles. En moyenne, elles représentent 2 u N/ha pour les sols de 0-30 cm, 3 u N/ha pour les sols plus profonds, à ajouter au reliquat d’azote nitrique.

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