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Orne
Remise en main propre des contrats à Lactalis

Vendredi, l’organisation des producteurs Lactalis de l’Orne (OPLO) a été l’une des premières OP à apporter les contrats de ses adhérents à l’entreprise. Une façon de renouer le dialogue, et de prendre la température pour les négociations à venir.

Le bureau de l’OPLO au grand complet, vendredi à 15 h, les contrats en main, avant de les présenter à Lactalis. A gauche, Max Vié, en compagnie des autres membres de l’OPLO.
Le bureau de l’OPLO au grand complet, vendredi à 15 h, les contrats en main, avant de les présenter à Lactalis. A gauche, Max Vié, en compagnie des autres membres de l’OPLO.
© AD
Ce devait être au siège de Lactalis, à Laval. Faute de disponibilité de Claude Trevillot -le directeur des approvisionnements lait de l’industriel- ce sera finalement ici, à la laiterie mayennaise de Charchigné, que l’OPLO remettra les contrats signés de leurs adhérents, ce vendredi 27 avril, à trois jours de la date fatidique de remise des contrats à Lactalis. Il est 14 h 30. Les cinq membres du bureau de l’OPLO sont réunis sur le Parking de la laiterie spécialisée dans la fabrication d’emmental. Dans le coffre de la voiture, près de trois cents contrats remplissent une caisse en plastique jaune. Une caisse lourde de 125 millions de litres de lait annuels. Un trésor de guerre autant qu’un symbole. Car c’est en organisant la rétention des contrats jusqu’ici, que les producteurs ont pu obtenir des avancées dans les négociations avec l’industriel. Aussi, le tour de force aura été réussi de réunir autant de contrats en une seule semaine, depuis la dernière réunion des producteurs à Rânes, le 19 avril dernier. “Le fait que nous restions unis et groupés, prouve notre capacité à nous fédérer et à entreprendre des négociations collectives”, appuie Max Vié. Alors avant le rendez-vous de 15 h, l’équipe s’affaire, pour compter et vérifier que tout est en ordre. A 15 h, les portes de la laiterie s’ouvrent pour les membres de l’OPLO qui n’en sortiront que trois heures plus tard. “Nous voulions que l’entreprise nous signe un accusé de réception pour chaque contrat que nous lui apportions. Les producteurs nous font confiance, il ne faudrait pas qu’il puisse y avoir de malentendu”, avance Anne-Laurence Fleury, la secrétaire du bureau. 285 contrats ont été remis et treize ont été refusés, car n’étant pas conformes. Les éleveurs concernés ont été prévenus d’urgence par l’OPLO, afin qu’ils puissent envoyer leurs contrats avant le 30 avril, le cachet de la poste faisant foi. L’OPLO souhaitait également profiter de cette rencontre pour signer la convention de travail. Un acte symbolique, puisqu’elle a été validée par ailleurs au niveau national par l’industriel, mais cela aurait été une façon de montrer que le dialogue reprend. “La tentative a avorté, souligne Max Vié, faute de la présence de Claude Trevillot”.

La mobilisation continue
“La rencontre a été courtoise, confie Max Vié à l’issue de la réunion, mais nous avons ressenti de la prudence et une certaine tension”. Plusieurs réponses ont été apportées. Les producteurs ayant signé leurs contrats et n’appartenant toujours pas à une OP pourront toujours profiter des avancées qui ont eu lieu, et rejoindre les OP qui se sont constituées. Les producteurs n’ayant pas signé au 30 avril se verront payer le lait en trois fois, contre deux pour les autres, et cela reste très flou pour le paiement de leurs primes. Leur cas sera réellement étudié au premier avril 2015 (sic), tranchent les représentants de Lactalis. Pour les négociations à venir, cela ne va pas être une partie de plaisir, anticipe déjà le président de l’OPLO. “Il reste encore beaucoup de choses à faire, que ce soit dans notre organisation, où dans les dossiers qu’il nous reste à discuter. Mais la mobilisation se poursuit, nous sommes déjà 325 adhérents et nous devrions atteindre les 400 adhérents d’ici peu”.
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