Aller au contenu principal

Culture
Rendement colza : pour une poignée de quintaux en plus

La coopérative AGRIAL et le CETIOM travaillent de concert sur le dossier colza. Objectif : gagner quelques quintaux supplémentaires côté rendement grâce à un suivi technique un tantinet plus pointu.

Les clés de la réussite de la culture du colza sont souvent liées à l’observation.
Les clés de la réussite de la culture du colza sont souvent liées à l’observation.
© DR
Anachronisme ? Notre région, et plus particulièrement la plaine Caen/nord, est une excellente terre à blé. On y frise régulièrement, voire dépasse, les 100 quintaux/ha. Côté colza à contrario, les rendements affichent une grande hétérogénéité. La moyenne régionale flirte péniblement avec la moyenne nationale. Depuis l’an dernier, la coopérative AGRIAL avec Didier Lardillier (responsable du service agronomique), Henri Deporte (responsable gamme hybrides maïs/colza), Frédéric Cardon (responsable agronomique) et le CETIOM avec Jean Raimbault (ingénieur) tentent de percer le mystère. Ils sont aidés dans leur tâche par un stagiaire : Clément Sevestre. Premier constat : les faibles rendements en colza dans notre région ne sont pas une fatalité. Un premier diagnostic agronomique a permis de relever certains facteurs limitants. Des barrières faciles à franchir en suivant quelques préconisations de base. En huit points, nous vous proposons l’itinéraire d’un colza gâté! 1.Choix variétal : prendre en compte les sensibilités aux maladies. A proscrire : la semence de ferme. "Tout lève et on ne connaît pas le poids de 1 000 grains", juge Didier Lardillier. Difficile alors de semer à la bonne densité (lire par ailleurs). Les progrès génétiques sont constants et le choix variétal doit obéir à plusieurs règles. Il faut trouver le meilleur compromis entre les caractéristiques de la variété et le profil de risque de la parcelle et de la région. "Tolérance aux maladies dont le phoma, résistance à l'élongation automnale, productivité en Qx / Ha et rendement huile / Ha.", insiste notamment Jean Raimbault. 2.Soigner le travail du sol en pensant à l’enracinement du pivot. "Le travail simplifié du sol n’est peut-être pas maîtrisé par tous", explique Frédéric Cardon. Le colza, avec son pivot, est sensible aux zones compactées. "Il est important de déchaumer superficiellement après la moisson du précédent, pour détruire les limaces ainsi que leurs œufs et faire germer les graines de repousses mais surtout les graines de graminées adventices. Dans nos sols limoneux, il n'y a pas de labour après récolte des céréales. Le travail du sol avec des outils à dents sur un sol ressuyé permet une bonne fissuration afin que les pivots explorent le profil en profondeur." 3.Semis : à la bonne date et à la bonne dose. Sur la zone AGRIAL (5 départements), les dates de semis s’échelonnent du 25 août au 10 septembre selon un axe continentalo/océanique. "Il faut viser une densité de semis de 30 à 40 graines/m2 pour des variétés hybrides et 40 à 50 pour des lignées", insiste Henri Deporte. Selon Jean Raimbault, ces densités peuvent être baissées de 20 % si les conditions de semis sont optimales. Quelle que soit la variété, 20 plantes /m2 levées de façon régulière ne sont pas limitantes pour le rendement. 4.Régulateur d’automne ou de printemps : au cas par cas. "L’application d’un régulateur à l’automne est inutile si la densité est maîtrisée et la variété peu sensible à l’élongation, insiste Jean Raimbault. Et au printemps, il faut estimer le risque de verse". L’utilisation d’un régulateur se raisonne donc au cas par cas. A AGRIAL, on conseille un fongicide (le tébuconazole), qui a aussi une autorisation comme régulateur. Dans les parcelles les plus à risque, le fongicide peut être associé au régulateur en modulant les doses. 5.La fertilisation azotée pilotée d’en haut par Farmstar. AGRIAL peut s’appuyer sur Farmstar pour ajuster ses conseils de fertilisation azotée. Dans 50 % des observations, l’outil a préconisé une baisse des apports par rapport aux années précédentes sans aucun effet négatif sur les rendements. "Encore trop d’agriculteurs ont tendance à surfertiliser, estime Didier Lardillier, alors qu’il est souvent possible de réaliser une économie de 30 à 60 e/ha". De plus, l’excès d’azote provoque une baisse de la teneur en huile. 6.Protection insecticide : la solution est au fond de la cuvette jaune. "74 % des interventions insecticides sont décalées : trop tôt ou trop tard", note Frédéric Cardon. La parade existe pourtant. Il suffit de mettre en place un piège à insectes (cuvette jaune) et d’observer pour ajuster la fenêtre de tir. L’enjeu, par exemple en cas d’attaque massive d’altises mal négociée, une dizaine de quintaux. A placer aussi sous haute surveillance : puceron, charançon, tenthrède, mouche du chou, méligèthe... 7.Le kit pétale contre le risque sclérotinia. La nuisibilité du sclérotinia peut dépasser les 10 q/ha mais les fréquences d’attaque sont faibles. Le traitement systématique est donc à proscrire. En 2006, le premier cas de résistance du sclérotinia à la carbendazime a été diagnostiqué dans l'Orne par AGRIAL. "La mise au point du kit pétale permettra d'appliquer un fongicide de manière préventive dans les situations à risque. Dans l'attente, le traitement début floraison (chute des premières pétales) reste justifié dans les situations à risque. Il faut veiller aux avertissements agricoles", plaide Henri Deporte. 8.Du pulvé à la moiss’bat : propreté et bon réglage du matériel. A ne pas négliger non plus : la propreté du pulvérisateur avant chaque intervention. "Un mauvais nettoyage peut griller une parcelle, assure Frédéric Cardon. Ce qui signifie qu’un simple rinçage de la cuve à l’eau ne suffit pas. Il faut utiliser un produit de nettoyage particulièrement efficace sur " sulfonylurées " pour décaper, mais aussi neutraliser les matières actives". Reste enfin la récolte. Un mauvais réglage et c’est 3 quintaux en moins. S’équiper d’une coupe avancée ou réduire la ventilation pour éviter les pertes à l’arrière de la machine sont un préalable. Il faut récolter également au bon stade : 9 % d’humidité même si certaines siliques sont encore vertes. Th. GuillemotCe travail a été réalisé par AGRIAL et le CETIOM sur un réseau de 28 parcelles positionnées dans le carré Farmstar de la coopérative. Il se poursuit au cours de cette campagne 2006/2007 et permettra d’affiner certaines hypothèses et d’en confirmer d’autres. Pour en savoir plus sur le colza, vous pouvez également consulter www.cetiom.fr
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Agrial innove face aux défis climatiques
A Vieux, le Gaec des Papineaux a reçu, vendredi 10 et samedi 11 juin 2022, sur son exploitation plus de 4 000 visiteurs dans le…
Entre Danone et l’OP des 3 Vallées, le prix du lait encore en débat
L’OP des 3 Vallées (Danone Molay-Littry) était réunie en AG mercredi 8 juin 2022, à Torteval-Quesnay (14). Les éleveurs ont fait…
Les premières coupes de silphie sous l’oeil de la coop de Creully
Près de 100 personnes, adhérents et techniciens de la Coopérative de Creully, ont assisté à la démonstration de coupe de silphie…
Luzerne
Éleveurs et cultivateurs créent une mini-filière de luzerne
La Cuma Séchoir collectif plaine Pays d’Auge est née il y a deux ans et demi. Elle regroupe des cultivateurs et des éleveurs qui…
Rendez-vous Tech bio
Rendez-vous tech&bio : au Gaec 2000, des hôtes heureux
Gilles et Florence Haelewyn sont installés à Commes depuis 1994. La conversion en bio des terres et du cheptel date, elle, de…
Chasseurs et FDSEA se lient contre les corvidés
La FDSEA et la Fédération des chasseurs se sont rencontrées, mardi 7 juin 2022. Elles ont échangé sur les options pour prévenir…
Publicité