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Haies bocagères
Rénovation du maillage bocager

La plantation de haies bocagères s'anticipe de plusieurs mois. Programmer son projet suffisamment tôt dans l'année, c'est pouvoir bénéficier de conseils spécialisés, faire intervenir une entreprise au savoir faire reconnu et bénéficier d'aides financières. Autant d'éléments qui facilitent la mise en place de son projet et surtout qui garantissent la réussite de sa plantation.

Avec plus de 120 000 km(1), la haie bocagère constitue un patrimoine paysager important pour la Normandie. Sur ce territoire, le bocage possède de nombreux intérêts (abri important pour les animaux au pâturage, participe à la lutte contre les problèmes de ruissellement et d'érosion, maintien de la biodiversité, production de bois…).Traditionnellement, les haies bocagères sont situées sur talus. Avec le temps, nombre d'entre elles se dégradent. Les arbres deviennent isolés, les talus s'érodent. Il devient alors nécessaire de les rénover. A chaque fois, la réussite de l'opération de plantation repose sur la qualité et le suivi de l'intervention.La rénovation d'une haie existante est un travail difficile nécessitant un inventaire et un suivi régulier. L'intervention doit débuter par un diagnostic rapide de façon à connaître le potentiel encore existant.Le diagnostic se fait par section minimale, de 15 à 20 mètres. C'est l'espace nécessaire au développement d'un arbre adulte. Dans chaque section ainsi déterminée, un inventaire est réalisé.Pour l'étage arboré, les arbres, les baliveaux et les jeunes semis sont à repérer. Ces jeunes arbres sont susceptibles de former les sujets d'avenir (chêne, hêtre, merisier…).Concernant l'étage intermédiaire, on notera toutes les essences arbustives à partir de 0,5 m de hauteur susceptibles d'être recépées (châtaignier, frêne, noisetier…). L'étage bas devra quant à lui être composé d'arbustes (fusain d’Europe, cornouiller, néflier…).Selon la densité d'éléments d'avenir, on décidera s'il est nécessaire de compléter par de nouvelles plantations.

Choisir sa plantation selon ses objectifs
Suivant les objectifs assignés à la haie (brise-vent pour les animaux, protection de la ressource en eau, production de bois, ...), on adaptera son intervention et les essences plantées.Lorsque le talus ne contient plus d'éléments d'avenir, la reconstruction complète ou partielle du talus pourra être envisagée.Avant la plantation, il peut être envisagé de retirer les souches vieillissantes qui ne sont plus susceptibles de produire des éléments viables.La terre entre les souches restantes peut alors être retirée. La plupart du temps, celle-ci est “lessivée” et donc peu fertile.A l'aide d'une pelle hydraulique, le talus peut être rechargé en terre végétale prélevée dans la parcelle, soit en créant un fossé évasé ou en prélevant de la terre sur une dizaine de mètres de large. Suite à ce chargement, la pelle effectue un reprofilage en tassant modérément le talus.La forme du talus doit être trapézoïdale avec un sommet plat d'au moins 80 centimètres.Protéger les jeunes plants
La plantation des jeunes arbres et arbustes s'effectue entre le 25 novembre et le 31 mars. Les plants utilisés seront de hauteur limité. Il est conseillé d'utiliser des jeunes plants d’essences locales âgés de 2 ans à 3 soit d'une hauteur de 50 à centimètres et avec un collet fort. Ces conditions évitent d'avoir à tuteurer. Les plants seront toujours conditionnés en sacs pour préserver le chevelu racinaire de la lumière et du vent. Les plants non mis en place dans les 5 jours devront être conservés en jauge.Les plantations sur talus sont parfois délicates. La reprise peut être moins bonne qu'à plat. L'installation d'un paillage est alors impérative. Dans le cas de regarnissage ponctuels, l'utilisation de dalles biodégradables de 50 à 60 centimètres de largeur ou un apport de copeaux feuillus est fortement préconisé. Pour être efficace, le paillis choisi doit rester en place au moins 18 mois. Il évitera notamment le développement de la végétation concurrente. Le paillage maintiendra également l'humidité au sol.Suivant la pression de la faune sauvage, des protections gibiers pourront être posées. Elles auront également l'intérêt de faciliter le repérage des plants et éviter ainsi les dégâts lors des opérations de débroussaillage.La mise en place de clôtures protégera le talus du piétinement du bétail.Il faudra également prévoir au moins un débroussaillage autour du plant dès la première année (par exemple en mai-juin). Selon la croissance des plants et la vigueur de la végétation, ces entretiens pourront se poursuivre pendant 3 à 5 ans.Tailler ses arbres
Après une saison de plantation, il est important de tailler sa plantation et de remplacer les plants non repris.Pour étoffer les arbustes destiner à former le bourrage et produire le bois de chaufffage, un recépage sera possible en fin d'hiver (en dehors des périodes de gel et avant la remontée de la sève). Suivant le potentiel plus ou moins élevé des différentes espèces à rejeter du pied, le recépage se pratiquera soit au ras du sol ou à 10 centimètres.Pour les plants destinés à former des arbres de place et du bois d’œuvre, il suffira alors de supprimer les doubles têtes et couper les branches remontantes. Au delà des premières années de développement, les tailles de formation des arbres favoriseront toujours l'axe principal en pratiquant notamment des défourchages et des coupes sélectives de branches redressées. C'est seulement après 5 à 6 ans qu'interviendront les premiers élagages sur le tiers inférieur de l'arbre.La création d'une nouvelle haie dont l'emplacement aura par exemple été choisi en fonction de l'aménagement de son parcellaire et la réintroduction de jeunes plants dans les haies vieillissantes permet au bocage de conserver toutes ses fonctions.

1 : Inventaire Forestier National 2011Pour planter l’hiver prochain et bénéficier des programmes d'aides, inscrivez vous dès maintenant !
Renseignements et informations :
- Chambre d’Agriculture de la Manche
Eddy Cléran/Stéphane Pestel - 02 33 06 49 91
www.manche.chambagri.fr (rubrique environnement - boisement)
- Chambre d'Agriculture de l'Orne
Clémence Adam - 02 33 31 49 43
- Chambre d'Agriculture du Calvados
Stéphane Berzinger - 02 31 70 25 34
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