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Prairie
Rénover sans détruire la végétation en place

La rénovation d’une prairie permet de réinstaller partiellement le couvert végétal en renforçant la présence de graminées intéressantes. Avec le sursemis de printemps, l’éleveur colonise les vides en implantant des espèces bien valorisées par le troupeau.

Des trous ou un manque de densité apparaissent parfois dans le couvert végétal en place : le sursemis peut alors s’avérer être une bonne solution. Il permet à l’éle-veur de combler ses trous, de réexploiter sa prairie rapidement tout en corrigeant sa flore existante.
Le sursemis de printemps permet ainsi de régénérer une prairie en installant des espèces adaptées au milieu et de bonne valeur fourragère. Il est intéressant quand l’éleveur ne peut se passer de sa parcelle, quand une grande partie de celle-ci est dégradée ou quand il a des contraintes environnementales particulières.
Mais attention, l’opération peut s’avérer plus délicate qu’en automne ! Les conditions climatiques du printemps sont en effet plus aléatoires et l’explosion de la végétation en place peut freiner considérablement le démarrage du jeune semis
Limiter la compétition de la prairie en place
Le succès du sursemis passe donc avant tout par le respect de certaines règles.
Toutes les interventions doivent s’opérer juste au moment du réveil de la végétation en place ou plus tard au printemps après un ensilage ou un enrubannage pour obtenir une végétation rase. Suivant l’envahissement, un désherbage sélectif peut être nécessaire.
Un ou plusieurs passages de herse permettent d’agrandir les trous du couvert végétal et de se débarrasser des plantes inopportunes. Cela évite également de semer dans le feutrage ou le mulch de la prairie ce qui retarde le développement des radicelles et l’implantation définitive de la plantule.
Il est préférable de choisir des espèces qui lèvent vite et qui sont agressives comme le ray-grass anglais ou le trèfle blanc pour le pâturage ou le ray-grass d’Italie, le ray-grass hybride ou le trèfle violet pour la fauche (cf. tableau).

Utiliser le matériel de semis de l'exploitation c'est possible
Le semis peut s’effectuer avec un semoir de semis direct à une profondeur d’un centimètre (faire en sorte d’avoir un bon contact terre/graines) en tassant le sol aussitôt. Ce type d’appareil permet de s’affranchir du hersage préparatoire, le sol étant ouvert sur la ligne de semis. Pour la grande majorité de ceux qui n’ont pas accès à ce type de matériel, il est possible d’utiliser le matériel classique de l’exploitation : herses à prairies, herses à étrilles et semoir à céréales, dont on aura relevé les éléments semeurs. Un hersage après semis permettra de recouvrir les semences.
Il convient ensuite de faire pâturer rapidement les animaux qui consommeront ainsi l’an-cienne flore notamment si la végétation en place se développe trop vite. Ils rappuieront dans le même temps le sol. Ils sont souvent plus efficaces que le passage d’un rouleau cultipacker ou qu’une croskilette.
Mieux vaut ne pas apporter d’azote pour éviter le développement du couvert végétal en place !
Pour en savoir plus sur les plantes fourragères et leur implantation, consulter le site internet : www.prairies-gnis.org
Le bon plan passe par le hersage !
Le hersage permet “d’ouvrir le sol”, d’éliminer le feutrage accumulé et d’aérer le sol. De plus, il permet d’arracher des plantes peu intéressantes et à enracinement superficiel.
Il contribue également à niveler le sol. L’éleveur peut également profiter de son hersage pour installer un distributeur automatique de produits anti-limaces : une bonne façon de rentabiliser l’heure de tracteur !
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