Aller au contenu principal

Protéagineux
Rentabilité des protéagineux : chiffrer les atouts agronomiques !

Pour bien considérer la rentabilité du pois, il ne suffit pas de comparer sa marge à celle des autres cultures. Il est important de pousser l’analyse à l’échelle de la rotation en distinguant les effets précédents. Non seulement les protéagineux ne nécessitent pas d’engrais azotés, mais ils permettent aussi de maximiser la marge du blé qui suit en améliorant son rendement et en réduisant ses besoins en intrants.

Effet précédent : semer du pois, c’est gagner du blé
Les protéagineux, en tant que légumineuses, offrent les meilleurs effets précédents aux cultures qui les suivent : blé tendre, blé dur voire colza. D’abord, comme l’indique Gilles Marion de CER (Centre d’Economie Rurale) France Alliance Centre, “les gains de rendement du blé suivant un pois sont en moyenne de 8 qx et plus, selon les régions et les années, par rapport à un blé de blé” (tableau 1).
Ensuite, aucun apport d’azote n’étant nécessaire, les charges des protéagineux, contrairement aux autres cultures, ne sont pas affectées par l’augmentation des prix de l’azote. Cette économie se prolonge dans la rotation, puisqu’en fonction des types de sol ce sont de 20 à 50 unités d’azote qui sont économisées sur un blé de pois par rapport à un blé de blé.
Enfin, les risques de maladies, et tout particulièrement de piétin, sont réduits pour un blé de pois par rapport à un blé de céréales. A cela s’ajoute la meilleure maîtrise des adventices sur les parcelles du fait d’une rotation plus diversifiée.
La rentabilité des protéagineux se mesure à l’échelle de la rotation
Il est possible de quantifier économiquement les atouts agronomiques des protéagineux : les gains de rendement du blé liés au précédent pois assurent un gain de marge de 60 à plus de 150 €/ha selon le contexte de prix (tableau 1) et les économies de charges sur ce blé de pois par rapport à un blé de blé atteignent facilement les 40 €/ha en considérant les économies d’azote voire de fongicides. Toutefois, ces gains et économies liés aux protéagineux ne sont pas comptabilisés dans leurs marges brutes mais sur celle de la culture qui suit.
En tenant compte de ces éléments, la comparaison de marges brutes d’assolements issus des rotations possibles dans différentes régions montre que des rotations diversifiées avec des protéagineux sont aussi rentables que les rotations simples plus souvent pratiquées. “Pour respecter un bon équilibre agronomique, il faut accepter d’introduire une deuxième tête de rotation même si elle est moins rentable que la tête de rotation dominante, le colza” fait remarquer Olivier Claret de CER France Aube. En effet, même si la marge du pois est inférieure à celle d’un blé de blé (tableau 2), la séquence blé-pois est économiquement plus intéressante que le blé de blé tout en permettant de rallonger la rotation.
Pour bien considérer l’intérêt agro-économique des protéagineux, il est donc important de mener les calculs de marges jusqu’au bout. C’est-à-dire en tenant compte :
- des effets précédents (gains de rendement et économies d’intrants) ;
- des contextes de prix des cultures ainsi que des engrais ;
- et sans oublier d’ajouter aux aides couplées communes des céréales, des oléagineux et des protéagineux, l’aide additionnelle spécifique aux protéagineux de 55,57 €/ha.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Mathilde Audic a constaté les effets de la chaleur dans de nombreux élevages pendant et après l'épisode de canicule du début de l'été. 
Fortes chaleurs : "Chaque degré de température supplémentaire entraîne une augmentation de 10 % de la consommation d'oxygène par l'animal"
Mathilde Audic, vétérinaire à Coutances, livre son regard d'expert sur les effets des fortes chaleurs sur les animaux d'élevage…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
Publicité