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Elevage
Repenser son système d’exploitation avec le séchage en grange

Les agriculteurs de l’association séchage en grange des fourrages de l’Ouest invitent les éleveurs à visiter leurs installations.

L’installation du séchoir nécessite de repenser entièrement le système  de production.
L’installation du séchoir nécessite de repenser entièrement le système de production.
© FC / l'Eure agricole

Régis Crombez participe à l’opération “Les jeudis du foin” organisés par le Segrafo Ouest jusqu’au 29 janvier. Son exploitation laitière située à Bourg Achard ouvrira ses portes le   4 décembre à ceux qui veulent découvrir le séchage en grange. En Seine-Maritime, l’EARL du Grand Quesnay à Montreuil-en-Caux fera de même le 18 décembre.

“J’ai  fait un essai de récolte de foin sec en vrac sur une petite parcelle et j’ai remarqué qu’il était très appétent. J’ai eu envie de trouver un système pour en faire davantage. Je me suis rapproché de la chambre d’Agriculture et du conseil Général qui cherchaient des exploitations pilotes pour développer la technique. Les visites d’exploitations déjà équipées en Basse-Normandie et en Bretagne m’ont permis de mieux cerner mes besoins. La construction du séchoir a commencé en 2006, avec l’appui technique de Yann Charrier de SGF Conseil” explique l’éleveur.

Une autre façon de travailler

Un bâtiment attenant à la stabulation a donc été construit, d’une superficie de 560 m2 occupée par la table d’alimentation et par le séchoir qui peut engranger 200 tonnes de foin. Le séchoir est composé de deux cellules de séchage. Mais cette façon de travailler remet également en cause le système de fanage. “Quand on fait 120 ha de foin, il faut être équipé à la hauteur de la récolte”. L’achat de matériel performant a donc fait également partie des investissements qui ont pu être en partie subventionnés : acquisition d’une andaineuse, d’une faneuse et d’une auto chargeuse. D’une ration maïs ensilage arrêtée en 2006, Régis Crombez est passé à une ration hivernale 100 % foin. Du 1er mars au 15 décembre, le pâturage est exclusif et complémenté avec du foin pendant les périodes de transition, parfois également en été quand les conditions climatiques sont mauvaises. La capacité du séchoir permet de nourrir les 65 vaches laitières durant les trois mois d’hiver à temps plein. Sur les prairies destinées à alimenter le séchoir, l’éleveur réalise cinq récoltes, du 1er mai à début novembre. En situation idéale, le foin est rentré entre 60 et 75 % de matière sèche, le séchage en grange doit l’amener à 85 % de MS. 

“Des formations sont proposées par le Segrafo autour du séchoir. On n’apprend pas à faire du foin à l’école. La technique est pointue et il faut savoir travailler en fonction des conditions météo qui ne sont pas toujours favorables. Ces formations ont pour objectif de savoir piloter le séchoir pour une meilleure efficacité, de maîtriser l’alimentation, de mettre en place les prairies adaptées au séchage en grange” précise Régis Crombez.

Adaptation des prairies à la technique

Avoir des prairies convenant à la technique du séchage en grange est maintenant l’objectif de l’éleveur : “Le ray grass anglais et le trèfle blanc ne conviennent pas au séchoir car ces espèces végétales tétraploïdes contiennent trop d’eau et sont plus difficiles à sécher. Je passe donc les prairies de fauche en multi espèces : dactyle, fétuque, trèfle violet et trèfle blanc, luzerne, fléole, ray grass hybride et ray grass anglais. Ce qui permet d’avoir toujours une récolte quelles que soient les conditions climatiques, sur toute la période de fauche”.

Cette nouvelle façon de travailler a remis également en question le choix de la race du troupeau. Pour Régis Crombez, la prim’holstein n’est plus la race adaptée. C’est pourquoi il a introduit des races plus “rustiques”, la brune et la montbéliarde, dans son troupeau. “Aujourd’hui, la productivité du troupeau a baissé. Il me faudra malgré tout retrouver une productivité à la hauteur des investissements. La question est : quelle productivité espérer pour en vivre ? Il n’y a pas encore beaucoup de références dans la région mais mon objectif est d’atteindre une production comprise entre 6 000 et 7 000 litres”. Monsieur Daniel Jamin de la chambre d’Agriculture suit les 7 installations pilotes de Haute-Normandie, travaille à l’acquisition de ces références locales et semble plutôt approuver cet objectif, d’autant que Régis Crombez est en conversion agriculture biologique.

 

 

“Les jeudis du foin” du 13 novembre 2008 au 29 janvier 2009

Renseignements Segrafo (Séchage en grange des fourrages) : 02 99 41 57 35

www.segrafo.com

 

 

Retrouvez plus d'informations dans notre édition papier de l'Eure Agricole

du 13 novembre 2008

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