Aller au contenu principal

Réseaux Dephy : gérer la pression adventice sans chimie !

La gestion de la pression adventice sans herbicide est un élément central de la réflexion des groupes Dephy. Les agriculteurs peuvent aujourd’hui observer l’efficacité de certains leviers mis en place sur leurs parcelles.

lll La Normandie compte aujourd’hui 13 groupes d’agriculteurs Dephy qui travaillent sur la réduction des phytos en lien avec la performance économique des systèmes.
Le groupe Bessin Bocage, animé par la Chambre d’agriculture du Calvados,  est composé de 12 agriculteurs en polyculture-élevage. Depuis 2012, ce groupe s’est progressivement tourné vers l’adoption de pratiques issues de l’agriculture biologique.
La gestion de la pression adventice sans herbicide est un élément central de la réflexion du groupe et les agriculteurs peuvent aujourd’hui observer l’efficacité de certains leviers mis en place sur leurs parcelles.

La rotation pour maintenir la propreté des parcelles
Faire rentrer des prairies dans la rotation des cultures est un levier souvent évoqué pour couper le cycle des adventices et limiter le salissement des cultures. Au Gaec Anne Godard, ce levier est primordial et conditionne la réalisation de l’assolement. Bruno Anne, l’un des deux associés, a notamment pu constater l’efficacité de la luzerne sur l’une de ses parcelles, implantée cette année en triticale/pois. A l’origine, cette parcelle homogène en limons profonds était divisée en deux, avec d’un côté une luzerne jusqu’en 2017 et de l’autre, un enchaînement de cultures annuelles (figure 1).
La parcelle est aujourd’hui conduite de la même façon, sans aucune opération de désherbage mécanique, mais on peut facilement identifier les deux anciennes parcelles en regardant par exemple la présence de rumex. En effet la densité d’adventices est nettement plus faible sur la partie 1 en précédent luzerne avec 32 adventices/m² contre 68 adventices/m² dans la partie sans luzerne (figures 2 et 3).
Pour Bruno, c’est un effet d’ensemble : l’arrière effet de la luzerne en termes de matière organique permet une meilleure vigueur au démarrage de la culture qui prend le dessus sur les adventices. Par ailleurs, les trois années d’implantation de cette culture fourragère ont permis de réduire le stock d’adventices du sol. Bruno reconnaît toutefois que le coût de la luzerne est assez important du fait des nombreux chantiers de récolte. Mais l’excellente valeur de ce fourrage, ainsi que le bénéfice rendu aux trois cultures suivantes, compensent largement cet investissement.

Betterave
Sur certaines cultures peu couvrantes au démarrage, telle que la betterave, le désherbage est un point crucial qui nécessite des passages répétés d’herbicides avec une dose finale parfois élevée. Franck Dujardin, autre agriculteur du groupe, cultive la betterave depuis quelques années sur sa ferme. Au départ, il utilisait la chimie pour contrôler la pression adventice sur cette culture mais il a fait appel à d’autres leviers cette année, dans le cadre de sa conversion en agriculture biologique.
Le premier facteur de réussite est de choisir une parcelle sans grosse problématique adventices.
La date de semis est aussi très importante : pour Franck, un semis sur sol suffisamment réchauffé permet d’être moins exposé au risque bio agresseurs telles que les larves de tipules, fortement présentes dans le secteur cette année. Le semis a été réalisé le 16 mai et la pluviométrie importante a permis d’avoir une levée homogène.
La gestion des adventices en culture a été réalisée grâce aux outils de désherbage mécanique. La houe rotative a été utilisée au stade 4 feuilles vraies, car les plants étaient trop fragiles avant ce stade. Ensuite, la bineuse a été passée avant recouvrement du rang. Enfin, Franck a réalisé un passage d’écimeuse pour couper les adventices en floraison au-dessus des betteraves, principalement les chénopodes. La croissance rapide des betteraves, associée aux opérations de désherbage mécanique, ont ainsi permis de limiter le développement des adventices, ce qui laisse envisager un bon potentiel de rendement (figure 4).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Publicité