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Pois et féverole
Réussir les implantations de printemps

En semis de printemps, avec peu de capacité de récupération, la réussite de l’implantation est la clé du succès.

En semis de printemps, avec peu de capacité de récupération, la réussite de l’implantation est la clé du succès. Elle passe par :
• la préparation d’un lit de semences et d’une structure de sol sous jacente de bonne qualité,
• par un semis à une période optimale, qui est souvent un compromis entre le calendrier et le ressuyage du sol
• une densité de semis qui permet au peuplement d’exprimer son potentiel de rendement, en fonction du rayonnement et des ressources en eau et en éléments minéraux.

Une préparation du sol en un minimum de passages
Le profil idéal pour la réussite de l’implantation est constitué d’un lit de semences d’une épaisseur de 10-15 cm présentant une structure assez fine, bien aérée, pour l’installation rapide des nodosités et une sous couche de 30 à 50 cm bien structurée permettant la pénétration du système racinaire.
L’état de surface doit être plat, facilitant ainsi la récolte et sans grosse motte pour une efficacité maximale des herbicides de post semis prélevée.
Cette structure doit être réalisée en un minimum de passages, tant pour des raisons agronomiques qu’économiques. Aussi, la préparation du sol doit se faire en conditions les plus ressuyées possible.

Semis précoce, mais pas dans n’importe quelles conditions !
Les semis précoces permettent d’avancer la floraison et d’échapper partiellement aux risques de déficit hydrique et aux premiers coups de chaleur ; cela se vérifie d’autant plus que le sol est peu profond. Toutefois, des levées longues avec des alternances de gel – dégel, des risques de battance dans les sols à risque d’excès d’eau peuvent affaiblir le peuplement. En sol profond et en bordure maritime, la priorité peut être donnée à une levée rapide et non à un semis précoce.
Le tableau 1 présente les périodes de semis optimales.

Un semis suffisamment profond
Avec un semoir classique, il faut adapter les réglages de la machine au travail profond. Par exemple sur un semoir combiné à un outil de travail du sol, la barre de semis doit être descendue pour pouvoir atteindre la profondeur souhaitée. Un semis lent est également recommandé pour faciliter la pénétration des éléments semeurs.
Il est aussi possible d’utiliser une déchaumeuse à socs ou un cover crop. Après avoir réparti la semence avec un épandeur à rampe, ce mode d’enterrage de la graine permet de placer la graine à une profondeur suffisante mais cette technique peut conduire à une plus grande variabilité de la profondeur de semis.
Le semoir monograine permet de garantir une profondeur de semis optimale et régulière à condition d’avoir un poids suffisant sur l’élément semeur et un sol préparé en conséquence. Son principal atout réside dans sa capacité à répartir précisément la semence sur le rang, ce qui permet une économie sur les doses de semis. Cependant, des écartements de plus de 40 cm couvrent moins vite le sol que de faibles écartements, d’où un risque accru de concurrence d’adventices. En revanche, ce type d’écartement permet le binage et peut s’envisager sans problème pour la féverole.
Le semoir à céréales (équipé d’une distribution adaptée aux grosses graines) peut être utilisé, mais nécessite de travailler à faible vitesse pour obtenir une profondeur de semis régulière (écartements possibles : de 17 à 35 cm).
Ce chapitre est repris en détail dans l’article suivant. Quelle que soit la technique de semis, aucune graine ne doit être visible à la sortie du semoir !

Une densité adaptée pour optimiser le peuplement
La densité de semis doit permettre d’obtenir un peuplement en plantes viables qui optimise le potentiel agroclimatique de la parcelle. Le taux de pertes entre le semis et la levée peut varier suivant les conditions, de 5 à 15 %. La densité de semis recommandée en pois pour toutes les variétés est de 70 grains/m² en conditions idéales de date de semis et de préparation du sol. Pour un PMG de 260 g par exemple, la dose de semis recommandée en kg/ha est de 180 kg/ha.
Pour les sols moins profonds (exemple : plateau de Saint André), semer plutôt 80 grains/m² et pour les sols caillouteux : 85 grains/m².
La densité de semis recommandée en féverole en conditions idéales de date de semis et de préparation du sol dépend de la variété cultivée. En effet, les variétés présentent une réponse à la densité de semis différente. Les densités recommandées figurent dans le tableau 2.
En conditions de préparation plus difficiles, ou en semis retardé, il convient de renforcer les densités de semis (tableau 3).

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