Aller au contenu principal

Dégats de gibiers
Ripailles sauvages dans les maïs du Pays d’Auge

Les sangliers font ripailles dans les maïs du Pays d’Auge. La Fédération des Chasseurs indemnise et l’éleveur resème. Mais face à ce problème récurrent et montant, la profession agricole attend une politique plus drastique.

Pointé du doigt par Francis Motté et François Gaubert : un rang de maïs resemé 4 jours auparavant et déjà fouillé par la tribu de sangliers.
Pointé du doigt par Francis Motté et François Gaubert : un rang de maïs resemé 4 jours auparavant et déjà fouillé par la tribu de sangliers.
© TG
Ecorches (61) le 25 avril dernier : Francis Motté sème son maïs. Ecorches le 26 mai : Francis resème son maïs. Tous les ans, ce sont les sangliers qui lui jouent cette même partition. Car il se plaisent, ces cochons, dans ce coin du Pays d’Auge boisé et aux chemins creux abandonnés bordés de talus. "De vrais ronciers dont ils sortent à la tombée de la nuit pour ripailler jusqu’au petit matin dans les champs de maïs fraîchement semés", explique François Gaubert, agriculteur et entrepreneur à Camembert, en charge du dossier pour la FDSEA et les JA de l’Orne. Dans quelques semaines, la tribu de 4 adultes et d’une quinzaine de rejetons élira domicile dans les blés, quand il seront au stade laiteux/pâteux. Mais c’est bien connu, le cochon reviendra dans le maïs, à la fin de l’été, se sustenter de poupées pas encore à maturité. L’indemnisation ne fait pas tout Dans cette parcelle de 2,70 ha, 1,10 ha ont été "grouinés". Bien sûr, Francis Motté a été indemnisé par la Fédération des Chasseurs mais ça ne fait pas tout. Il a resemé parallèlement à la premiere ligne de semis : du temps de perdu. A la récolte, inéluctablement, il subira une perte de rendement. La qualité va aussi en prendre un coup puisqu’il récoltera simultanément deux maïs ayant un mois de maturité de différence. Difficile dans ces conditions de déterminer un stade optimum. Sans oublier l’aspect équipement : ces doubles lignes de maïs ne peuvent être récoltées qu’au bec rotatif. Trouver le bon équilibre FDSEA et JA de l’Orne suivent de très près ce dossier. "Nous ne sommes pas anti-chasseurs, clame François Gaubert. Mais il faut absolument trouver des mécanismes de régulation des populations afin de préserver les équilibres". Effectivement, ni les indemnisations, ni les clôtures, ni les effaroucheurs acoustiques ne constituent des solutions pérennes. Les agriculteurs du Pays d’Auge préconisent d’avancer la date d’ouverture de la chasse aux sangliers et de retarder celle de la fermeture. Du côté des chasseurs, on évoque un système de bagues. Non pas pour tuer plus, au contraire, mais pour ménager le potentiel. On le comprend, les intérêts sont divergents. Il va pourtant falloir sortir du maïs pour s’asseoir à la table des négociations. Cochon qui s’en dédie! Th. Guillemot
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Geoffrey Saint-Lô, pisciculteur et ambassadeur de la marque Bienvenue à la ferme, marquée portée par la Chambre d'agriculture dont Nadège Mahé en est l'élue référente.
Bienvenue à la ferme : pisciculteur, Geoffrey Saint-Lô devient ambassadeur
Depuis 1985, la famille Saint-Lô, basée à Saint-Sauveur-Lendelin, reçoit les visiteurs dans son exploitation piscicole où elle…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Publicité