Aller au contenu principal

Robotisation de la traite
Robot et pâturage : c’est possible

Le plus souvent, la mise en place d’un robot s’accompagne d’une réduction du pâturage. Cependant, pour des raisons économiques et environnementales, maintenir du pâturage présente un intérêt pour les exploitations laitières. Il permet notamment de réduire le coût alimentaire et de viser l’autonomie alimentaire et azotée.

L'eau dans les parcelles ne nuit pas à fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment, par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes.
L'eau dans les parcelles ne nuit pas à fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment, par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes.
© CA 50

Une étude sur 3 ans, financée par DGER, pilotée par  l’Institut de l’élevage en partenariat avec les Chambres d’agriculture avait pour  objectif d’identifier les pratiques et le mode d’organisation du pâturage compatible avec une traite robotisée. Le programme a permis de suivre 20 fermes pilotes réparties dans 18 départements du Grand Ouest dont la Manche, du Massif Central, du Nord-Est et des Alpes. En parallèle, des essais ont été mis en place à la station expérimentale de Derval (44) et un robot mobile a été installé à la station de Trevarez (29).Cet article reprend l’essentiel des conclusions de cette étude.


Pâturer avec un robot est possible à certaines conditions

• Motivation de l’éleveur pour trouver une organisation qui corresponde aux spécificités de l’exploitation.

• Entretenir quotidiennement la motivation des VL en créant des habitudes pour assurer une bonne circulation. • Assurer une accessibilité permanente autour du bâtiment pour que les vaches puissent circuler librement entre les pâtures et le robot.

• Plus le robot est saturé,meilleure devra être la circulation entre les parcelles et le bâtiment.

• En conservant 20 à 25 ares par vache, c’est possible de valoriser la surface en herbe. Tous les modes de gestion du pâturage sont compatibles avec le robot de traite.

Comment motiver les VL à revenir au robot ?

Proposer plusieurs parcelles par 24 heures fluidifie la circulation : dans la perspective d’un nouveau repas, les vaches laitières sont incitées à circuler. La gestion automatisée par porte de tri aide à rendre fluide cette circulation.Peu d’élevages sont au-delà d’une valorisation d’1,5 t MS d’herbe pâturée / VL / an.L'eau dans les parcelles ne nuit pas à la fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment. Par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes. Des accès stabilisés et des chemins suffisamment larges sont indispensables pour favoriser la sortie des vaches au pâturage.Pas d’organisation type de la journée de pâturage, l’enjeu principal lorsque l'on veut concilier robot de traite et pâturage est de réussir à faire circuler les vaches en intervenant le moins possible. Ces interventions sont, par ailleurs, un moment privilégié pour pouvoir observer le troupeau et contrôler l'état des parcelles.

Conserver une part de fourrages complémentaires à l’auge

Il faut régulièrement ajuster la quantité de fourrages complémentaires distribués au Stock d'Herbe Disponible et la pousse de l'herbe. Mettre les fourrages complémentaires à disposition le soir favorise le retour des vaches. Si on veut maximiser les quantités d'herbe pâturée ingérée, il faut que les vaches sortent le ventre vide le matin. En système de traite robotisée, la présence de concentré au robot est une source de motivation très importante pour les vaches.  Pour minimiser le coût alimentaire au pâturage, on peut choisir un concentré énergétique autoproduit. Contrairement aux idées reçues, l'installation du robot de traite n'est pas forcément synonyme d'une augmentation de la consommation en concentrés.

Conséquences du choix d’un système pâturant

En moyenne, on observe une baisse de la fréquence de traite de 0,24 traites/VL/jour par rapport à la période 100 % bâtiment.Avec le robot, les éleveurs recherchent avant tout à diminuer la charge de travail, gagner en souplesse horaire et pallier au manque de main-d'œuvre. Pour ce qui est du temps passé à la gestion du pâturage, le temps d'astreinte sera augmenté par rapport à la période hivernale. Toutefois, le temps lié autour de l'herbe peut être compensé par une réduction des autres tâches : nettoyage, entretien du couchage, distribution des fourrages.Sur les  14 élevages ayant réalisé une enquête travail, il en découle un gain de temps moyen d'environ 1 h 25 entre période de pâturage et période hivernale.

Coût alimentaire gagnant

L'herbe est un aliment équilibré et valorisable à moindre frais. Le pâturage améliore les aplombs des animaux et limite les boiteries. En période de pâturage, l'éleveur réalise une économie importante sur les fourrages stockés, en particulier s'il valorise l'herbe au maximum. Economie également observée sur le poste concentrés, notamment correcteur azoté. Sur la période avril- mai, ces économies fourrages stockés et concentrés, se chiffrent dans une fourchette variant d’une soixantaine à une centaine d’euros pour produire 1 000 l. Le premier critère pouvant influencer la quantité d’herbe consommée reste le potentiel à pâturer de chaque exploitation. En effet, c'est avant tout l'accessibilité qui est déterminante pour pouvoir pâturer. Il est important de retenir que le pâturage a un intérêt non négligeable sur le coût alimentaire, et que l’éleveur doit trouver l’organisation qui corresponde aux spécificités de son exploitation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité