Aller au contenu principal

S'absenter l'esprit tranquille

Chaque semaine le témoignage de Bruno, un des associés du GAEC. Episode 5.

« Je te laisse les clefs de l’exploitation ».
« Je te laisse les clefs de l’exploitation ».
© Réseau OT/RH des Chambres d’agriculture de Normand

Depuis plusieurs semaines, Bruno, agriculteur dans le département de la Manche, nous fait part de son expérience de vie en société. Le personnage de Bruno est fictif mais son témoignage s’inspire de faits réels rencontrés quotidiennement dans les sociétés agricoles. Dans cet épisode, Bruno aborde la question des absences du GAEC.

« Jeune exploitant je ne voyais pas l’utilité de prendre des congés. Pour moi, seul le travail et l’exploitation comptaient. Mon frère Michel, associé avec moi au sein du GAEC, partageait la même analyse. Mon épouse, Marie-Christine, institutrice, ne l’entendait pas ainsi ». La situation de Bruno, associé imaginaire, se rencontre fréquemment dans le monde agricole. Pour Bruno et son épouse, les choses furent longues à se mettre en place.

Des jours subis
Peu après mon mariage, après bien des discussions, j’ai fini par concéder, à mon épouse, 3 jours de vacances. Nous avions pris l’habitude de louer un gîte rural en Vendée. Mais j’avais beaucoup de mal à quitter l’exploitation. J’avais l’impression que sans moi cette dernière ne pouvait plus tourner. Sur mon lieu de vacances, je téléphonais à mon associé deux fois par jour pour prendre des nouvelles de la ferme. A chaque appel, j’avais peur qu’une catastrophe ne soit arrivée. Je revenais sur l’exploitation plus tendu que je ne l’étais au départ.

Une demande de mon épouse
Lors du retrait du GAEC de mon frère et de l’installation de ma fille Aurélie, mon épouse a trouvé rapidement un allié en la personne de ma nouvelle associée. Lors de l’élaboration de notre règlement intérieur, Aurélie a souhaité intégrer 10 jours de congés par an. Dans un premier temps, je lui ai indiqué que c’était impossible vu le travail sur l’exploitation. Pour lui faire plaisir, j’ai fini par accepter, en pensant que jamais je ne les prendrais. Mais elle m’a imposé de m’y tenir.

Des jours appréciés
Depuis j’y ai pris goût et je ne pourrais plus me passer de mes jours de coupure. Chaque année, avec mon épouse, nous partons une semaine en janvier et quelques jours début juillet. J’ai confiance en ma fille. Je suis sûr qu’elle saura gérer toutes les situations. Et si un évènement grave survenait, je sais qu’elle m’avertirait. Je continue de téléphoner à Aurélie mais plus pour faire part de mes impressions de vacances que pour savoir la façon dont tourne l’exploitation.

Se vider la tête
Partant l’esprit tranquille et détendu, en vacances je me vide complètement la tête. Je pense à autre chose. Lors de mon retour sur l’exploitation, je suis remotivé. Je vois les choses d’un œil neuf. A force d’être quotidiennement dans son travail on est dans la routine et on ne perçoit plus les choses à améliorer. Je reviendrais sur cette importance de l’ouverture dans un prochain épisode.

Travailler en confiance…
Avec le recul, je me rends compte que je n’avais pas confiance dans mon frère. J’avais toujours la crainte que le travail soit mal fait et j’avais  tendance à repasser derrière lui. Et mon frère procédait de la même manière avec moi. Le doute s’était installé entre nous. La confiance ne se décrète pas, elle se gagne petit à petit. Mais attention elle peut également se perdre, et souvent plus vite qu’elle ne se gagne. Arriver à se faire confiance entre associés est un point essentiel pour assurer le bon fonctionnement d’une société.

… et être organisé
Une absence de plusieurs jours est contraignante pour celui qui assure la permanence. Je le vérifie à chaque fois qu’Aurélie prend ses congés, avec l’obligation de faire seul les tâches réalisées habituellement à deux. Les premiers temps j’avais l’impression de survoler les choses. Avec ma fille, nous avons mis en place une organisation permettant, à celui qui reste, de réaliser le travail le plus efficacement possible. Ainsi, il nous arrive de faire appel, ponctuellement, au service de remplacement. Cette organisation spécifique des absences concerne également les week-ends pour lesquels nous ajoutons une règle supplémentaire : tout est préparé le vendredi afin d’être plus efficace le samedi et le dimanche.

La semaine prochaine : Episode 6 : Des compétences multiples

Série d’articles réalisée avec la participation financière du Conseil Départemental de la Manche et du CasDAR

Avantage de la société : se libérer en toute quiétude…
La mise en société permet de se libérer avec une permanence assurée par celui qui reste. Les occasions sont nombreuses : week-end, congés, obligations professionnelles ponctuelles, impératifs d’ordre privé. De nos jours, ces contraintes sont fréquentes avec des conjoints qui, de plus en plus, travaillent à l’extérieur et sont soumis à des obligations d’horaires.

… à condition d’avoir une rigueur organisationnelle
S’absenter l’esprit tranquille nécessite de caler au préalable les éléments organisationnels : répartition des tâches, définition des plages de travail, gestion des absences. Pour ce faire, l’instauration de temps d’échange et la mise en place d’outils de transmission de consignes sont indispensables.

Se faire remplacer
Vous souhaitez partir en vacances, en formation ? Vous devez vous arrêter pour cause de maladie, d’accident ?
Anticipez vos absences et sécurisez votre activité en adhérant au service de remplacement.
A tout moment, un agent de remplacement pourra intervenir sur votre exploitation et assurer le travail. Facile d’utilisation (pas de démarches administratives pour l’exploitant) et accessible grâce à plusieurs aides ou crédits d’impôt, il s’adresse à tous les agriculteurs quelles que soient leurs productions.

Contact : Céline MAROCHIN - 02 31 47 22 23
celine.marochin@servicederemplacement.fr

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Au-delà des annonces affichées au sein du pôle innovation, formation, emploi, les jeunes, les demandeurs d'emploi, ou en quête d'une reconversion, pourront rencontrer des responsables de ressources humaines qui recherchent de nouveaux collaborateurs.
Les nouveautés de la foire de Lessay
La foire de Lessay se déroulera bien en présence d'animaux. Un soulagement pour tous éleveurs, exposants et organisateurs qui ont…
Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Au concours d'arrondissement d'Avranches le 8 juillet, Nicolas Avenel remporte le championnat mâle et femelle ainsi que le prix d'ensemble. Il est suivi de près par Olivier Lejamtel de Le Mesnil-Ozenne. Les deux hommes ont la même passion. D'ailleurs, le bélier présenté l'année dernière au Salon de l'agriculture à Paris par Nicolas Avenel est devenu champion. Il provenait de l'élevage de son collègue.
200 animaux attendus pour fêter les 200 ans du Comice agricole de Brécey - Saint-Pois
L'année 2025 aurait dû marquer les 100 ans de la race Cotentine au comice agricole de Brécey-Saint-Pois. Ce sera le cas en 2026…
Les bouteilles du Pastis du verger s'alignent dans la boutique de la micro-distillerie, près de Caen. On y trouve aussi gin, vodka, cold brew, limoncello.
Le meilleur pastis du monde pris dans un embouteillage
La micro-distillerie C'est Nous trace son bonhomme de chemin depuis dix ans. Pour franchir la marche suivante, la Région…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
"Nous allons augmenter la population caennaise le temps d'une journée", garantit Clément Lebrun, président de de Vachement Caen (3e en partant de la gauche), au côté de Jean-Yves Heurtin (Chambres), Stéphanie Guillou (Mairie de Caen), Aristide Olivier (Mairie), Bruno François (Conseil départemental) et Marc Millet (Région).
Calvados : l'événement du week-end, Vachement Caen
Au coeur de Caen, dimanche 6 septembre 2026, la 5e édition de Vachement Caen fera la part belle à la diversité.
Publicité