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Sans barrage, les crues d’été sont à craindre

Hervé Gardin a les pieds dans l’eau à Poilley, à quelques encablures de Ducey. Si les crues d’hiver sont récurrentes, il craint des crues d’été en raison de l’arasement des barrages de Vezins et la Roche-qui-Boit. Pour la FDSEA de la Manche, les inondations de ces dernières semaines ne sont pas à mettre sur le dos des agriculteurs.

Hervé Gardin a plus d’un tiers de ses champs sous l’eau. Avec l’arasement des barrages, il craint davantage les crues d’été que d’hiver.  DR
Hervé Gardin a plus d’un tiers de ses champs sous l’eau. Avec l’arasement des barrages, il craint davantage les crues d’été que d’hiver. DR
© SB

llll Le 14 novembre 2017, le gouvernement annonçait officiellement la destruction des barrages hydroélectriques de la Sélune situés à Vezins et la Roche-qui-Boit. Problème, les fortes précipitations et les risques d'inondation de ces dernières semaines relancent le débat sur cette destruction. Hervé Gardin, agriculteur installé sur la commune de Poilley, a bel et bien les pieds dans l’eau depuis plusieurs semaines. Parfois, les oiseaux ne peuvent plus se poser sur les poteaux de clôture. Ce qui laisse présager une hauteur d’eau de plus d’un 1,20 m à certains endroits.

Un tiers des terres sous l’eau
Au total, Hervé Gardin compte plus d’une trentaine d’hectares (labour et prairies) recouverte par les eaux, soit un tiers de son exploitation. De sa fenêtre, il voit les étendues d’eau sur les parcelles de son voisin, qui selon lui est encore davantage touché. « Sur la commune, c’est la majorité des agriculteurs qui est concernée », relate-t-il.

Des prairies asphyxiées
Aujourd’hui, il a l’impression que l’eau va toujours plus loin et reste plus longtemps. Autrement dit, les cultures et les prairies sont impactées, voire asphyxiées. Et avant de remettre les pieds dans ces parcelles, il « faudra attendre que l’eau s’évacue ».

Les barrages font tampons
L’arasement des barrages aura-t-il une incidence sur l’activité agricole ? Sa réponse est sans équivoque. Pour cette période d’intempéries, la retenue d’eau du barrage a été augmentée de 4 m. « Sinon, nous aurions eu 5 ha de plus dans l’eau sans compter les habitants de Ducey », assure-t-il.
Autrement dit, Hervé Gardin est convaincu que « les barrages font tampons. Sans eux, l’eau monterait encore plus vite ».

Les balles à la nage
Ce qui l’inquiète le plus, ce ne sont pas les crues d’hiver. « Elles assurent la réserve en eau », explique-t-il. Mais les crues d’été impacteraient durement les cultures. Rien ne dit que du printemps au mois d’octobre, la région soit à l’abri de fortes pluies. « Et dans ce cas, les récoltes seraient impactées lourdement. Faisant de l’ensilage
d’herbe, de l’enrubannage et du foin, je ne voudrais pas retrouver les balles à la nage. Et les habitants du bas de Ducey seraient également à la nage .» 
Hervé Gardin comme tous les autres agriculteurs et habitants de la région vont suivre de près le devenir des barrages, tout en espérant dès les jours prochains une météo plus clémente pour revoir les parcelles.

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