Aller au contenu principal

Sans le TO/DE, « nous perdons l’équivalent d’un salarié permanent »

Hubert Achard de la Vente dirige La Grande Ferme et La Crête de Fontenay, à Fontenay-le-Marmion. L’emploi saisonnier représente un poste important dans ses structures. Si l’allégement des charges patronales sur ces contrats de travail est remis en cause, l’employeur craint de devoir repenser son organisation.

Romain Lenormand, responsable comptable et financier, et Hubert Achard de la Vente s’inquiètent de voir les charges patronales des contrats avec les travailleurs occasionnels / demandeurs d’emploi perdre en exonération.
Romain Lenormand, responsable comptable et financier, et Hubert Achard de la Vente s’inquiètent de voir les charges patronales des contrats avec les travailleurs occasionnels / demandeurs d’emploi perdre en exonération.
© JP

>> Combien d’emplois permanents et saisonniers recensez-vous ?
Je compte 40 emplois permanents, pour les deux structures que sont : La Grande Ferme, pour la partie maraîchage (70 ha de légumes plein champ et 3 ha de serres) ; et La Crête de Fontenay pour les vergers (70 ha). Pour les saisonniers, je parle à l’instant T. Ce lundi 17 septembre, au matin, ils sont 80 saisonniers pour la cueillette des pommes. J’emploie une première vague de saisonniers en mars pour la coupe des salades et la plantation des céleris ; une deuxième vague a lieu en juin – juillet pour la cueillette des tomates et des concombres. La troisième a lieu en ce moment.

>> Que représente le poste emplois dans votre chiffre d’affaires ?
L’emploi est le premier poste en termes de charges, soit 40 %. Les saisonniers effectuent 40 000 heures par an, contre 72 000 heures pour les permanents.

>> Que se passera-t-il pour vous si l’exonération des charges sur les travailleurs occasionnels est supprimée ?
Le coût des charges patronales représente 40 – 42 % du salaire brut de 1 500 €, exonéré à 34 % pour les travailleurs occasionnels. Si le gouvernement supprime la mesure, nous bénéficierons de la réduction Fillon, qui exonère à hauteur de 28 %. Cela représente un delta de 6 % de charges supplémentaires. Chez nous, cela équivaut à un montant de 25 000 € à l’année. Soit le coût d’un salarié permanent.

>> Et dans ce cas, comment voyez-vous l’avenir ?
En arboriculture et en maraîchage, les investissements en matériels et en hommes sont importants. Les marges sont faibles. Si on grignote des marges faibles, l’avenir sera compliqué. À l’origine, le dispositif compense les distorsions qui existent sur la main-d’œuvre européenne. En fin de saison, le concombre espagnol arrive sur le marché français. Les prix ont été divisés par deux depuis le début du mois de septembre. Nous ne sommes plus compétitifs.

>> Quelles alternatives envisagerez-vous ?
Ralentir les investissements et la production, diminuer les surfaces de culture. Soit l’inverse de ce que devrait envisager une entreprise pour l’avenir. Nous avons besoin de salariés permanents, avec de l’expérience. Mais aussi de travailleurs occasionnels pour les pics d’activités. Les saisonniers apportent de la souplesse. Si ces emplois sont davantage taxés, sans contrepartie, nous réfléchirons à deux fois avant d’embaucher.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
Le Gaec du gard de Breuville s'impose à Lessay en remportant le titre de grande championne et le duo d'élevage.
Concours de race Jersiaise : ce Gaec du Cotentin triomphe à Lessay et au Space
En race Jersiaise, il y avait neuf animaux en compétition à Lessay le 11 septembre, et 19 vaches le 17 septembre au Space à…
Maïs sécheresse
Plan CASI : les formulaires de demande d'aide financière disponibles dès lundi 21 septembre dans la Manche
Dépôts des demandes d'aide financière Dans la Manche, 2,8 millions d'euros sont prévus pour aider les exploitations les plus…
Publicité