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Santé des pieds : deux nouveaux index

Depuis le 6 décembre, deux nouveaux index « santé du pied » sont disponibles. Ils viennent compléter l’index acétonémie défini en 2016. Ce qui permet de faire évoluer l’index de synthèse, un index privé disponible auprès des partenaires.

Le pareur José Gonzalo de Littoral Normand en plein exercice. DR
Le pareur José Gonzalo de Littoral Normand en plein exercice. DR
© DR

ll 15 à 20 % des problèmes en élevage sont liés à la santé des pieds des animaux. Cela constitue la 2e pathologie dans les exploitations après les mammites et avant les troubles de la reproduction. Un constat qui a conduit le consortium Génosanté à innover pour la santé des bovins laitiers, et ainsi « prévenir et réduire les boiteries », comme le souligne Jean-Yves Dréau, directeur adjoint de Evolution. 
Quand une vache expose une boiterie, elle a mal depuis longtemps. Les bovins sont peu expressifs ! Les boiteries se détectent visuellement, à la démarche de l’animal, au fait qu’il ne pose pas le pied, ou qu’il a une démarche hésitante, un dos arrondi… Pas moins de 21 lésions sont observables, classées en lésions infectieuses et non infectieuses.

265 € par boiterie
Ces pathologies ne sont pas sans impacter l’économie de l’exploitation. Le coût par boiterie est estimé à 265 €. « C’est un tiers du prix d’une vache de réforme », lâche un des partenaires. Un coût qui mérite d’investir pour éviter cette perte financière. 
La collecte des données de lésions des pieds en quantité suffisante a été réalisée auprès de femelles avec phénotype, des mâles génotypés avec filles phénotypées, et des femelles génotypées avec phénotypes. « La population de référence est très récente », convient Hélène Leclerc de l’Institut de l’élevage.

Sept lésions détectées
Sept lésions sont caractéristiques. Trois sont d’ordre infectieux (dermatite digitée, limace et érosion de la corne du talon) et quatre non infectieux (bleime circonscrite, bleime diffuse, ouverture de la ligne blanche et ulcère de la sole). « On a mis l’effort sur les deux caractères qui font souffrir le plus la vache ou qui sont les plus impactants », prévient Maëlle Philippe, coordinatrice du projet. Par conséquent, « sur un troupeau qui connaît des problèmes de pieds, il ne faudra plus se poser de questions », ajoute-t-elle.
Le premier index, résistance aux lésions infectieuses (RLI) comprend 50 % de dermatite, 25 % limace et 25 % érosion de la sole. Pour l’index résistant aux lésions non infectieuses (RLNI), il se compose de 40 % ouverture de la ligne blanche, 40 % ulcère de la sole, 10 % de bleime circonscrite et 10 % de bleime diffuse. Et selon l’évaluation, « il y a une bonne corrélation entre l’index et ce qui se passe sous les pieds des vaches », assurent les techniciens.

Gagner 11€/vache/an
A terme, sur un troupeau de 100 vaches laitières, l’impact des boiteries est estimé à 5 775 €. Un montant conséquent. Par conséquent, les index doivent permettre à l’éleveur de trouver un intérêt économique. « En première génération, la réduction attendue est de 10 % de lésions et boiteries. Et en deuxième génération, l’amélioration attendue est de 20 % », explique Maëlle Philippe.
L’éleveur peut ainsi prétendre à un gain de 11 €/vache/an.
Pour permettre une meilleure fiabilité, la collecte des données de parage et l’intensification du génotypage vont se poursuivre.
A terme, l’éleveur utilisera moins de médicaments et moins d’antibiorésistances tout en privilégiant le bien-être animal.

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