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Syndicalisme
Sarkozy, notre agriculture a un prix

A la veille de l’action nationale qui se déroulera ce vendredi à Caen pour la Basse-Normandie, nous avons demandé aux responsables des différentes productions la situation de leurs filières. Voici leurs réponses.

Pascal Férey (président de la FRSEA): “nous nous battons pour que tous les agriculteurs et toutes les productions occupent notre territoire. La Basse-Normandie a une vocation agricole et agroalimentaire.”
Pascal Férey (président de la FRSEA): “nous nous battons pour que tous les agriculteurs et toutes les productions occupent notre territoire. La Basse-Normandie a une vocation agricole et agroalimentaire.”
© TG

Jean Turmel
président de la section lait

Quelle est la situation des producteurs de lait ?
Est-il bien utile d’y revenir ? 2009 est une année noire avec une baisse du prix du lait presqu’aussi importante que la hausse que nous avions vécue en 2007 et 2008. Certains avaient prédit une longue période de cours élevés. C’est la preuve qu’il faut toujours rester prudent. On ne sait jamais de quoi notre lendemain sera fait. Même si les cours des produits industriels semblent s’améliorer depuis un mois et demi ou deux mois, cela reste timide.
Manifesterez-vous vendredi à Caen ?
Bien sûr. Les difficultés financières touchent l’ensemble des filières. Le revenu de 2009 sera en forte baisse par rapport à 2008. Les producteurs de lait ont donc toute leur place à Caen vendredi. Notre force tient dans l’unité de toutes nos productions dans ce combat.
Que demandez-vous ?
Au vu de la trésorerie tendue de nos exploitations, nous avons besoin d’une année blanche sur les remboursements d’emprunts. Nous avons mis aux normes nos étables, nous sommes endettés et les prix baissent! Pour passer le cap, il faut reporter une annuité en fin de nos tableaux de remboursement.

Bernard Guillard
président de Jardins de Normandie

Quelle est la situation des producteurs de légumes ?
Elle est mauvaise. Veut-on encore des productions légumières locales? On nous impose toujours plus de contraintes. Les directives succèdent aux directives : directive nitrates, directive cadre sur l’eau, Grenelle de l’environnement…Je ne les cite pas toutes. On ne peut pas continuer comme cela.
Manifesterez-vous vendredi à Caen ?
Nous sommes moins nombreux que les éleveurs mais nous serons là. On nous met en concurrence avec des pays où la main d’œuvre est moins chère, où des produits phytosanitaires interdits chez nous sont autorisés. L’Etat doit dire s’il veut encore une production légumière.
Que demandez-vous ?
Nous demandons à être mis sur un pied d’égalité avec nos concurrents : les mêmes normes pour tous, les mêmes contraintes réglementaires, les mêmes coûts de main d’œuvre. L’urgence c’est une baisse des charges liées au travail car la main d’œuvre représente une part importante de nos coûts de production.

Yvan Fourré
président de la section porc

Quelle est la situation des producteurs de porc ?
Cela fait deux ans et demi que l’on résiste à une crise sans précédent. Les trésoreries sont exsangues. 1/3 des producteurs sont au bord du dépôt de bilan. Et cela ne va pas s’arranger. Et cela dans l’indifférence des pouvoirs publics. La France veut-elle garder ses producteurs de porcs et les emplois qui vont avec, notamment dans l’Ouest ?
Manifesterez-vous vendredi à Caen ?
Les producteurs de porc sont isolés, accusés, ils n’osent pas trop s’afficher. Notre production souffre de son image. Pourtant, nous n’avons pas à rougir de nos pratiques et de la qualité de nos produits. Nous devons être fiers de notre métier. Alors il est évident que nous serons à Caen vendredi.
Que demandez-vous ?
Nous avons besoin de trésorerie.  L’année blanche sur les annuités, c’est donc notre besoin le plus urgent. Nous devons aussi mettre fin aux distorsions de concurrence environnementales, administratives et sur le coût de la main d’œuvre : l’écart avec l’Allemagne représente 5 euros par porc.

Daniel Génissel
président de la section viande bovine

Quelle est la situation des éleveurs de bovins ?
Comme tous nos collègues, nous sommes confrontés à une baisse de revenu. Il manque environ 0,40 à 0,50€/kg de viande. Les producteurs ne comprennent plus rien : la consommation se tient, la production baisse et les cours baissent aussi. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le marché de la viande.
Manifesterez-vous vendredi à Caen ?
Avec des baisses de revenu de 27% en 2007 et 22% en 2008, les éleveurs de bovins ont toutes les raisons de participer à cette manifestation. On nous ajoute sans cesse des charges supplémentaires sans possibilité de mieux vendre nos animaux. Cela ne peut pas durer.
Que demandez-vous ?
Il faut que l’Etat arrête de charger la barque. On continue à réaliser des millions de tests ESB en abattoir qui sont tous négatifs, on nous impose la taxe équarrissage… Nous demandons aussi à vacciner nous-mêmes nos animaux contre la fièvre catarrhale. Cette économie pourrait servir à alléger nos charges.

Jean-Pierre Prévost
président de la section céréales

Quelle est la situation des producteurs de céréales ?
A nous aussi on avait prédit des lendemains qui chantent, des prix “durablement élevés”. Il n’en est rien. Les prix de vente à la récolte sont en retrait de 30% par rapport à 2008. Aucune entreprise ne peut survivre à de tels à-coups sur les prix. De plus, au nom de ces prix prétendument élevés, on a réduit le montant de nos soutiens. On perd des deux côtés.
Manifesterez-vous vendredi à Caen ?
Il n’y a aucune raison pour que les céréaliers soient absents. L’Etat ne se prive pas de nous rajouter des contraintes qui s’empilent. Il y en a assez. Qu’on nous laisse travailler en paix ! La terre, c’est notre outil de travail, nous la protégeons. Nous sommes les premiers écologistes.
Que demandez-vous ?
Un arrêt de l’inflation administrative. Pour alléger nos trésoreries, nous demandons une suspension de la taxe sur le foncier non-bâti, ainsi que le remboursement de la TIPP. Il faut bien baisser les charges pour compenser la baisse des prix de vente. Si non, comment sortir un revenu ?

Action du 16 octobre : manifestez votre soutien
• La manifestation du 16 octobre porte un enjeu considérable pour l’agriculture bas-normande. Il s’agit de permettre à de nombreuses exploitations, toutes filières et toutes productions confondues, de passer le cap de l’année 2009. Pour la FRSEA et les Jeunes Agriculteurs, les pouvoirs publics doivent prendre la mesure du problème. L’année blanche figure en tête des revendications. Il s’agit de reporter en fin de tableau le remboursement de l’annuité d’emprunt 2009. De même, les pouvoirs publics doivent prendre en charge les cotisations sociales. Les charges liées au carburant doivent être remboursées et la taxe sur le foncier non-bâti suspendue. Il est temps que l’Etat cesse de charger la barque des taxes et des charges. Il est temps que l’Etat arrête d’imposer toujours plus de contrainte pour toujours moins de revenu agricole : environnement, conditionnalité, bien-être animal…
La FRSEA et les JA appellent tous les partenaires de l’agriculture à se joindre à leur mouvement, ou à témoigner leur soutien : Les organisations professionnelles agricoles, les entreprises fournisseurs de l’agriculture, les entreprises de transformation…elles ont toutes leur destin lié au dynamisme de l’agriculture. De même, les élus locaux sont invités à exprimer leur soutien à cette action. Un agriculteur génère en moyenne sept emplois dans son environnement. Or, cet environnement, c’est le monde rural dans son ensemble. C’est à ce titre que la FRSEA et les JA sollicitent le soutien de tous.

Enfin, chacun peut déposer un message de soutien sur le blog ouvert à cette occasion : www.lagricultureaunprix.fr

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