Aller au contenu principal

Sarrasin : une filière normande de la graine à la galette

Mercredi 26 septembre, les premières galettes de sarrasin, 100 % normandes, sont sorties de La Galette d’Alençon. La filière, pilotée par la Chambre d’agriculture, associe six cultivateurs, un meunier et un crêpier. Tous les acteurs espèrent voir la production augmenter dans les années à venir. Retour sur le parcours exclusivement régional du sarrasin, du champ à l’assiette.

De gauche à droite : Arnaud Taupin (agriculteur), Nicolas Duboust (agriculteur), José Tousé (agriculteur), Guillaume Guénégo (meunier), Jean-Yves Pierre (crêpier), Gilles Lievens (agriculteur), Éric Odienne (agriculteur), Cyrille Savalle (agriculteur) lors de la signature du partenariat, mercredi 26 septembre. DR
De gauche à droite : Arnaud Taupin (agriculteur), Nicolas Duboust (agriculteur), José Tousé (agriculteur), Guillaume Guénégo (meunier), Jean-Yves Pierre (crêpier), Gilles Lievens (agriculteur), Éric Odienne (agriculteur), Cyrille Savalle (agriculteur) lors de la signature du partenariat, mercredi 26 septembre. DR
© JP

llll « Nous avons commencé à nous intéresser au sarrasin il y a cinq ans. Nous voulions apporter de la valeur ajoutée dans nos cultures, alors nous sommes allés voir les personnes qui commercialisent nos produits. On leur a demandé ce qui leur manquait, que l’on pouvait produire et qu’elles savaient vendre. Le sarrasin a répondu présent. » Voilà comment Gilles
Lievens pitche en quatre phrases
la naissance de la filière sarrasin 100 % normande. Mercredi 26 septembre était le jour de son lancement officiel.

Six cultivateurs de sarrasin
Gilles Lievens, agriculteur à Bosguerard-de-Marcouville (27) et élu à la Chambre d’agriculture de l’Eure ; Nicolas Duboust, agriculteur à Lonrai (61) ; Éric Odienne, agriculteur au Chamblac (27) ; Cyrille Savalle, agriculteur à Ailly (27) ; Arnaud Taupin, agriculteur à Bouquetot (27) et José Tousé, agriculteur à Forges (61) se sont lancés dans la culture de sarrasin. La plante se cultive de deux manières : en tête d’assolement, avec un semis en mai ; ou en culture dérobée, après une récolte d’orge en juillet, mais avec une moisson arrivant fin octobre et un risque de passer avec la moissonneuse batteuse sur une terre détrempée. « La production de sarrasin augmente la diversité du sol », informe Nicols Duboust, qui pratique l’agriculture de conservation des sols. « Le sarrasin nous a séduits car, dans une philosophie de baisse des intrants, il ne demande pas d’intervention. On sème, on surveille et on récolte », argumente Cyrille Savalle. En revanche, les cultivateurs s’accordent à dire que la récolte à l’automne est délicate. « Il faut déterminer le bon moment pour moissonner. La paille est pleine de jus, elle peut bourrer les secoueurs de la moissonneuse », confirme Éric Odienne. « En Normandie, nous ne sommes pas à l’abri d’un automne pluvieux et de ne rien récolter. Il faut savoir gérer un stock tampon. Nous sommes prudents, nous testons des densités de semis. Nous visons l’objectif d’une tonne par hectare, selon les années et le potentiel des terres », conclut Gilles Lievens.

Un moulin local
Le sarrasin est ensuite écrasé en farine au Moulin d’Alençon. L’entreprise, installée à Saint-Germain-du-Corbéis, emploie six personnes et est engagée dans les filières courtes : depuis vingt-cinq ans, Le Moulin d’Alençon transforme la farine biologique du Perche. Elle a choisi, pour le sarrasin, d’utiliser la meule de pierre.
Le procédé conserve une fraction importante de la cosse du sarrasin. Puis, un temps de repos de la farine est respecté.
« Tout est vendu à La Galette d’Alençon. Le crêpier nous donne son cahier des charges et nous dit si la farine lui convient. Nous traitons 10 t de sarrasin par an, informe Guillaume Guenego, dirigeant. Mais la filière est naissante, nous visons 20 - 25 t/an. »
Dans le créneau du crêpier
La Galette d’Alençon met en avant des produits frais, sans additif ni conservateur. Elle emploie douze personnes. « Nous avons intégré la filière 100 % normande, car elle offre un travail équitable et durable. Nous ne stockons aucun produit fini : six jours sur sept, nous sommes à stock 0 », décrit Jean-Yves Pierre, dirigeant.
La recette des galettes : « de la farine de sarrasin, du sel, de l’eau et la cosse. Celle-ci est riche en bactéricide naturel, qui agit comme conservateur ». Les galettes sont vendues,
depuis le jour de lancement, aux
enseignes de super et hypermarchés normandes, de la Seine-Maritime
à la Manche. « Nous travaillons
les commandes 48 heures à l’avance. »
L’entreprise expédie 80 000 galettes de sarrasin par semaine. « Il faut amorcer le mouvement. Nous visons 130 000 pièces par semaine. » La filière de sarrasin normande devrait voir fleurir de beaux jours.


Si vous êtes intéressé par la culture de sarrasin,
vous pouvez contacter Guillaume Mesnildrey
de la Chambre régionale d’agriculture de Normandie.
Tél. : 02 31 47 22 32 ;
mail : guillaume.mesnildrey@normandie.chambagri.fr

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Au-delà des annonces affichées au sein du pôle innovation, formation, emploi, les jeunes, les demandeurs d'emploi, ou en quête d'une reconversion, pourront rencontrer des responsables de ressources humaines qui recherchent de nouveaux collaborateurs.
Les nouveautés de la foire de Lessay
La foire de Lessay se déroulera bien en présence d'animaux. Un soulagement pour tous éleveurs, exposants et organisateurs qui ont…
Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Les bouteilles du Pastis du verger s'alignent dans la boutique de la micro-distillerie, près de Caen. On y trouve aussi gin, vodka, cold brew, limoncello.
Le meilleur pastis du monde pris dans un embouteillage
La micro-distillerie C'est Nous trace son bonhomme de chemin depuis dix ans. Pour franchir la marche suivante, la Région…
Au concours d'arrondissement d'Avranches le 8 juillet, Nicolas Avenel remporte le championnat mâle et femelle ainsi que le prix d'ensemble. Il est suivi de près par Olivier Lejamtel de Le Mesnil-Ozenne. Les deux hommes ont la même passion. D'ailleurs, le bélier présenté l'année dernière au Salon de l'agriculture à Paris par Nicolas Avenel est devenu champion. Il provenait de l'élevage de son collègue.
200 animaux attendus pour fêter les 200 ans du Comice agricole de Brécey - Saint-Pois
L'année 2025 aurait dû marquer les 100 ans de la race Cotentine au comice agricole de Brécey-Saint-Pois. Ce sera le cas en 2026…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
"Nous allons augmenter la population caennaise le temps d'une journée", garantit Clément Lebrun, président de de Vachement Caen (3e en partant de la gauche), au côté de Jean-Yves Heurtin (Chambres), Stéphanie Guillou (Mairie de Caen), Aristide Olivier (Mairie), Bruno François (Conseil départemental) et Marc Millet (Région).
Calvados : l'événement du week-end, Vachement Caen
Au coeur de Caen, dimanche 6 septembre 2026, la 5e édition de Vachement Caen fera la part belle à la diversité.
Publicité