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Se former, c’est prendre le train de la mutation agricole !

Pas de doute, nous sommes en plein cœur d’une grande révolution industrielle et agricole ! Les mutations que nous sommes en train de vivre en agriculture, en lien avec l’évolution des technologies, de l’environnement social et écologique, de la mondialisation, en sont l’illustration.

La clé de réussite pour s’adapter, c’est le développement des compétences. Petits points sur la formation continue des hommes et des femmes qui pilotent les exploitations agricoles de Normandie.


Une formidable évolution de l’agriculture !

En 2020, pour nourrir les 8 milliards d’habitants de la planète, l’agriculture doit continuer à augmenter sa production alimentaire. Par la formidable avancée des biotechnologies, elle est aussi attendue pour produire des biens non alimentaires : carburants, huiles, matières de substitution des plastiques,…  Enfin l’agriculture développe de plus en plus de services au niveau des circuits courts, des loisirs, de l’accueil et de l’entretien des paysages. Tout cela dans un contexte où les attentes sociétales sur la qualité des aliments, l’intégration dans les territoires, le respect de l’environnement, les conditions de travail sont de plus en plus prégnantes. L’évolution des sciences et de la technologie, à la croisée des chemins entre la recherche, l’industrie et l’agriculture donne chaque jour de nouvelles possibilités pour relever ces enjeux. L’agriculture de précision, les outils connectés, l'informatique embarquée, les robots, la gestion de données à partir de capteurs, de sondes, de drones ou de satellites, les applications sur les téléphones portables, les nanotechnologies arrivent dans nos exploitations. Tous ces moyens bouleversent nos savoirs faire et doivent booster notre compétitivité.


L’avenir appartient à ceux qui sauront combiner les différents domaines de compétences !

Les chefs d’entreprises ont l’obligation de s’adapter en permanence aux nouvelles compétences techniques, mais aussi de développer de plus en plus leurs compétences entrepreneuriales d’organisation, de gestion, de négociation et de management (figure 1).

La formation : les chemins de la réussite !

Le développement des compétences des actifs de l’exploitation est certainement le meilleur investissement pour préparer l’avenir. Aujourd’hui, un chef d’entreprise ou un salarié d’exploitation ne peut pas se contenter de sa propre expérience pour avancer. La formation, les groupes d’échanges, les visites et l’information, qui permettent d’aller voir ailleurs, sont autant de moyens indispensables pour prendre les bonnes décisions, innover et être compétitifs. En France, la formation continue est très encadrée par l’Etat, qui a mis en place des fonds d’assurance formations. Ces derniers sont collectés auprès des contributeurs pour financer les stages. Pour les agriculteurs, il y a un seul et unique fonds de formation habilité, VIVEA, qui a été mis en place par la profession agricole. La collecte se fait via la MSA, en même temps que les cotisations (environ 120 € par an et par exploitant). Au niveau national : 17,2 % des contributeurs VIVEA ont suivi au moins une formation en 2013, mais seulement 12,6 % sont des femmes. C’est en élevage que le taux de formation est le plus élevé (entre 18 et 19 %), puis en grande culture, maraichage, fruits et vigne (entre 15 et 16 %). C’est dans les entreprises du paysage et de la sylviculture que les personnes se forment le moins avec des taux de 7 et 5 %.En Basse-Normandie, VIVEA c’est 25 000 contributeurs en 2014, dont 1/3 sont des femmes. Parmi eux 3 000 ont suivi une formation, soit seulement 12 % des contributeurs qui se sont formés (tableau 1). Par rapport aux quatre grands domaines de compétences illustrés ci-dessus, on remarque que c’est dans les compétences relationnelles que la formation est la moins développée.Les Chambres d’agriculture réalisent 54 % des formations VIVEA en Basse Normandie et 41 % en Haute-Normandie. Au niveau national, c’est 43 % des formations VIVEA qui sont réalisées par les Chambres d’agriculture (tableau 2).

La formation tout au long de la vie

En agriculture, on a la particularité d’avoir un nombre important de très jeunes chefs d’entreprise. L’âge moyen pour une installation aidée est de 28 ans. Cependant, nombreux sont ceux qui prennent la tête d’une entreprise en investissant 300 ou 400 000 € et qui ont moins de 25 ans, voir moins de 20 ans et dans ce cas tout juste sortis de Bac pro. Dans l’industrie, le commerce ou l’artisanat, ceux qui créent ou reprennent une entreprise ont en moyenne 39 ans et ont acquis de l’expérience dans divers emplois avant de se lancer. Face à la complexité du métier, on se rend bien compte qu’un jeune agriculteur de 20 ans, qui s’installe, doit encore progresser pour avoir toutes les capacités, le recul et la maturité nécessaire à l’exercice de son métier. La formation est à envisager tout au long de la vie.

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