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Rémi Pelhate (Président de la filière lait AGRIAL)
Se mettre en ordre de bataille pour affronter 2015

L’assemblée générale de la filière lait AGRIAL s’est tenue mardi à Pontmain (53). Son président, Rémi Pelhate, se veut optimiste. L’Ouest laitier a de l’avenir. Il faut prendre les choses positivement pour relever le challenge à venir. En d’autres termes, se restructurer aujourd’hui pour aborder plus sereinement 2015, date à laquelle les quotas laitiers pourraient être sacrifiés.

"Avec le découplage, on va véritablement mesurer la rentabilité de nos ateliers ".
"Avec le découplage, on va véritablement mesurer la rentabilité de nos ateliers ".
© TG
Vous vous étiez fixé l’an dernier la date du 1er février 2007 pour voir tous vos adhérents chartés. Objectif atteint? Non. Il reste encore, de façon diffuse, 200 producteurs non chartés. Nous allons donc devoir trouver des solutions car nous n’avons pas le choix. Cela fait partie du contrat CLE-Bongrain. Comment a évolué la collecte au cours de cet exercice ? Nous allons, sur notre zone, réaliser notre quota sans aucun souci. Ce qui n’est pas le cas au niveau national. La France est en sous réalisation. Dommage, on laisse la place aux autres. Que pensez-vous du système de transfert de quota sans terre ? Il permet aux producteurs qui le souhaitent d’arrêter et à d’autres qui ont besoin de lait d’en trouver. Il s’agit donc là d’un outil d’aide à la restructuration qui a bien fonctionné, notamment dans le département d’Ille et Vilaine. Il faudra cependant développer d’autres pistes de restructuration pour gagner en compétitivité vis-à-vis de nos voisins européens qui sont en avance sur nous. Mariann Fischer Boel s’est déclarée favorable à l’augmentation des quotas laitiers à partir de 2009 en vue de leur disparition en 2015. Votre réaction ? Soyons réalistes. Il y a 95 % de chances pour que les quotas soient supprimés en 2014/2015. D’ici là, il y aura certainement des étapes intermédiaires qui vont nous amener vers ce libéralisme. Sous quelles formes ? Je l’ignore ! D’où l’importance de ne pas rester dans un système figé et de se mettre en mouvement. Les autres pays européens ont mis en place un marché des quotas. Tout n’est peut-être pas bon mais ils ont réussi à restructurer plus vite que nous. Que préconisez vous ? Nous sommes peut-être un peu trop rigoureux dans l’application de la politique des structures. Le prix du lait est bien orienté. Un phénomène durable ? Au moins jusqu’à la fin de l’année, je pense. Après, on ne sait pas. De toute façon, nous assisterons à l’avenir à des fluctuations à la baisse comme à la hausse bien plus marquées que par le passé. Ce sera moins sécurisant pour le producteur ? On pourrait sans doute en limiter en partie les effets par une contractualisation producteur/collecteur tant au niveau des prix que des volumes sachant que c’est le marché qui constitue la pierre angulaire de l’ensemble. Du marché dépendent les politiques commerciales des entreprises qui elles mêmes vont établir leur cahier des charges auprès des transformateurs. Nous, producteurs, sommes en bout de chaîne . C’est dans ce sens que ça fonctionne. Etes-vous confiant en l’avenir ? Les mois qui viennent vont être déterminants. Avec le découplage, on va véritablement mesurer la rentabilité de nos ateliers sans savoir de quel côté la balance va pencher. Peut-être certains seront-ils tentés d’arrêter ? A plus long terme, je reste optimiste pour le Grand Ouest. Nous sommes au cœur d’un bassin laitier avec des partenaires solides. Il y aura toujours de la place pour celui qui veut produire du lait. Il faut seulement prendre les choses positivement pour relever le challenge. Propos recueillis par Th. Guillemot
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