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Sébastien Leclerc (vice-président du Conseil départemental) : « le productivisme n’est pas un gros mot »

«Le productivisme n’est pas un gros mot. C’est à la limite une bonne chose», assume Sébastien Leclerc, vice-président du Conseil départemental du Calvados.

Chez Mathilde Vermès, productrice notamment de pommes de terre, la politique de l’eau a largement été évoquée.
Chez Mathilde Vermès, productrice notamment de pommes de terre, la politique de l’eau a largement été évoquée.
© TG

A l’invitation de la profession, Sébastien Leclerc (vice-président du Conseil départemental du Calvados, président de la commission Finances et Moyens, président de la Communauté de communes du Pays de Livarot et maire de Livarot), s’est rendu samedi dernier sur l’exploitation de Mathilde Vermès à Bernières-d’Ailly.
Questions/réponses.

>> A quelle génération faut-il remonter pour rencontrer un agriculteur dans votre fratrie ?
Mon oncle vient de prendre sa retraite. Il était agriculteur à Livarot sur l’exploitation de mes grands-parents qui étaient, du côté paternel comme du côté maternel, agriculteurs.

>> Côte élevage comme côté céréales, la crise agricole est profonde. On incrimine bien souvent la mondialisation, la distribution, la transformation voire la météo… Le politique n’a-t-il pas aussi une part de responsabilité ?
Effectivement. Je pense que le politique a abandonné le monde agricole ou, du moins, ne s’y intéresse plus suffisamment. Peut-être que les élus actuels sont trop éloignés de la réalité de terrain et de celle des agriculteurs au quotidien qui n’arrivent plus à vivre décemment de leur métier.


>> Vous officiez entre la plaine de Falaise et le Pays d’Auge. Où se situent les plus beaux paysages ?
Les deux sont magnifiques. La circonscription est superbe plus particulièrement à cette saison. Mais, adepte du vélo et de la course à pied, je dois reconnaitre que c’est un peu plus difficile dans le Pays d’Auge que dans la plaine.

>> Quel modèle d’agriculture défendez-vous pour demain ?
Je suis un maire et un élu de terrain. Je rencontre beaucoup d’agriculteurs. Ce qu’ils demandent ? Vivre décemment et intelligemment de leur métier et je les comprends. Peut-être est-ce utopique, mais si l’agriculture retrouvait une forme d’autonomie, je suis persuadé qu’elle n’en se porterait que mieux.

>> Avez-vous peur quand vous ouvrez la porte de votre réfrigérateur ?
Pas du tout, mais, tout d’abord, j’ai la chance d’avoir un papa de 77 ans qui produit encore des légumes, de la volaille, des moutons et qui nourrit encore ses enfants...
Au-delà et dans mon réfrigérateur, j’ai un peu de tout. De façon générale, on peut avoir du bio, mais pas que du bio. L’AB a le vent en poupe, mais ce n’est pas la solution à tout. L’agriculture raisonnée et raisonnable, c’est bien aussi. Je fais confiance à nos agriculteurs pour qu’ils nous fournissent des produits de qualité dans notre assiette.

>> Le productivisme n’est donc pas un gros mot ?
Non ce n’est pas un gros mot et c’est même à la limite une bonne chose. Nous évoluons dans un monde économique. Quelle que soit la taille de l’entreprise (artisanale ou industrielle), il faut atteindre un certain niveau de productivité. L’agriculteur doit aussi intégrer cette notion dans son environnement avec pour objectif, je me répète, vivre décemment de son métier.

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