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Sécheresse 1976 : un journal savoureux
En 1976, la sécheresse était déjà là. Surnommée "la sécheresse du siècle", elle a fait couler beaucoup d'encre et causer du tracas à bien des producteurs, y compris dans les plaines normandes.
En 1976, la sécheresse était déjà là. Surnommée "la sécheresse du siècle", elle a fait couler beaucoup d'encre et causer du tracas à bien des producteurs, y compris dans les plaines normandes.
"En 1976, la sécheresse est terrible. Les agriculteurs, et notamment les éleveurs, recherchent des fourrages. Ils ensilent des maïs qui étaient destinés au maïs grain, en les récoltant très tôt. Mais le volume est très faible et, comme la récolte l'est également, il faut faire appel à une autre source d'alimentation grossière : la paille", se souvient Louis Gernigon, alors animateur de la FDSEA du Calvados à l'époque.
Sécheresse historique
En juin 1976, Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République, qualifiait cette sécheresse de "calamité nationale" et appelait à la "solidarité nationale". Et si le devenir des fourrages est sur toutes les lèvres en cette fin d'été 2026, ce n'est pas une nouveauté. Une opération paille, pilotée par le syndicalisme, avait déjà été lancée en 1976 avec la volonté d'une solidarité interrégionale avec des jumelages avec l'Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher, le Loiret, etc. "On a même fait appel à l'armée, qui a mis gratuitement des hommes à disposition pour charger les camions, remplir les wagons et même les décharger, comme en gare de Thury-Harcourt", décrit-il.
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Qui a mangé la prime de l'éleveur ?
Une aide exceptionnelle avait aussi été débloquée par l'État pour sauver le cheptel bovin français. Cinquante ans plus tard, Louis Gernigon se rappelle : "les agriculteurs recevaient une 'prime à la vache'. Un éleveur du canton de Livarot, qui était censé l'avoir, me harcelait en me disant ne rien toucher. Il ne recevait, soi-disant, plus le journal non plus. On a fait les démarches auprès de l'administration. La trésorerie générale affirmait avoir bien envoyé le chèque... Un jour de décembre, il m'appelle, ayant résolu l'énigme : J'ai surpris ma vache en train de manger l'Agriculteur normand. Sa boîte aux lettres avait un fond creux et elle donnait sur la barrière des bovins. La vache avait mangé la prime à la vache !"