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Sécheresse : depuis le 15 juillet, deux secteurs dans la Manche sont en crise

Depuis le 15 juillet, deux secteurs dans la Manche sont placés en niveau 4 du plan sécheresse. Cinq jours auparavant, seul le Cotentin avait atteint ce niveau.  

âVigilance orange canicule, vigilance orange également feux de forêt et espaces naturels, alerte renforcée pour l'eau et surtout vigilance rouge pour le Cotentin et le secteur de La Soulle et la Sienne. Voilà désormais la situation de la Manche. Cette décision a été actée lors d'un comité de ressource en eau réalisé le 15 juillet. Cinq jours auparavant, c'est un CRE en urgence qui avait déjà relevé les niveaux d'alerte. " Chacun doit faire des efforts de sobriété pour préserver la distribution d'eau potable et prévenir le risque de coupures d'eau ", prévient le préfet de la Manche, Marc Chappuis.

C'est d'autant plus le cas que les températures n'ont cessé de grimper ces derniers jours, et la pluie se fait attendre. " Aucune baisse significative des températures n'est attendue avant le 16 juillet ", relève le préfet. Ces facteurs, cumulés à l'arrivée des estivants dans le département, vont accroître les besoins en eau et mettre sous tension les distributeurs d'eau.

Prévoir des moyens

Cette situation n'est pas sans incidence sur les travaux agricoles. Si le préfet n'a pas interdit les récoltes de céréales, ainsi que les activités de fenaison, de fauche et de pressage, il préconise fortement d'être équipé de " moyen de communication, d'un déchaumeur ou d'une tonne à̀ eau ou tout autre moyen d'extinction ", indique-t-il. Aussi, il est fortement recommandé de ne pas moissonner entre 14 h et 18 h.

Pas d'agriculture sans eau

Mais comment s'en sort le secteur agricole ? " On ne peut pas se passer d'eau ", confie François Lefauconnier, agriculteur et élu au sein du bureau de la Communauté d'agglomération du Cotentin (CAC). " On ne peut pas avoir de restriction dans les exploitations. Les vaches doivent boire. C'est essentiel ", ajoute-t-il. Sur son exploitation qu'il conduit avec son fils à Orglandes, au sud de Valognes, il fait attention. " Chaque m3 d'eau est précieux. En faisant attention, on peut réduire de 10 à 20 % sa consommation ", poursuit-il.

Et si les forages lâchaient ?

À Réville, entre Barfleur et Saint-Vaast-la-Hougue, " c'est hyper sec ", indique Alain Cottebrune, maraîcher. "'chez nous, c'est le goutte-à-goutte dans les serres ", explique-t-il. Certaines cultures peinent comme le brocoli, les semis de carottes. " Ils ont soif. Si ça continue, ça va être compliqué ", reconnaît l'agriculteur. Ses tomates, concombre et aubergines sont superbes. Elles lui permettent d'alimenter son magasin et contenter les clients. " Je ne fais plus beaucoup de cultures d'hiver parce que le chiffre d'affaires se fait plutôt au printemps et à l'été ", confie-t-il. Pour autant, la situation l'inquiète même s'il peut utiliser ses deux forages. " Mais jusqu'à quand ? Il ne faudrait pas qu'ils viennent à manquer. C'est ma crainte ", conclut-il.

Du travail en plus

" On n'est pas habitués à cette chaleur dans la Manche. C'est une charge de travail supplémentaire sans compter les pertes de cultures, celles qui peinent à grossir, celles qui ne vont pas sortir de terre. Il faudra certainement revoir le calendrier cultural, éviter les champs où il n'y a pas d'eau ", complète un de ses collègues maraîchers dans le centre Manche.

Avec l'arrivée des touristes en cette période estivale et le développement de projets économiques dans le Cotentin, la gestion de la ressource en eau reste une préoccupation majeure. Le sujet sera plus que d'actualité lors des Assises de l'eau le 22 septembre.

Que faire en cas de canicule ? Information le 17 juillet

Après une 3e vague de chaleur dans la Manche, " nous voulons communiquer auprès des éleveurs sur la gestion du stress thermique et de l'abreuvement des animaux pendant les périodes de fortes chaleurs, et élargir aux enjeux climatiques plus globaux ", explique Valentine Le Velly, conseillère à l'antenne de Valognes de la Chambre d'agriculture de la Manche. Il sera abordé entre autres les solutions pour les élevages (toutes filières), les recommandations et les outils pour limiter le stress thermique et améliorer l'abreuvement.

Pratique. Vendredi 17 juillet de 14h30 à 16h30 à la salle Lecamu, Chambre d'agriculture de la Manche à Saint-Lô. Contact : Caroline Tostain, 06.45.55.88.08, caroline.tostain@normandie.chambagri.fr

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