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Protéagineux
Semer des grosses graines à la bonne profondeur

Pour pallier à son manque de résistance au froid, la féverole d’hiver exige d’être semée profond (7 à 8 cm). En féverole de printemps, les exigences sont moindres mais pour des semis précoces de début février, semer à 6-7 cm de profondeur limite le risque de gel en cours de germination. A partir du 20 février, on peut semer à 5 cm de profondeur.

Dans tous les cas, il est important de semer au moins à 5 cm de profondeur pour échapper aux dégâts d’oiseaux et assurer une bonne sélectivité des herbicides de pré-levée.
Parvenir à placer les graines aussi profondément est souvent difficile à atteindre avec le matériel classique de semis. Selon les conditions et le matériel disponible, différentes solutions peuvent être envisagées.

Avec les semoirs à céréales classiques
Sur de bonnes préparations et des sols faciles (limons), il est possible d’atteindre les 7 à 8 cm de profondeur de semis. Pour cela, le semoir doit être équipé préférentiellement d’une rampe de semis à socs. L’écartement entre lignes doit être au minimum de 15 à 16 cm. Pour les écartements inférieurs, et à condition que les socs présentent une hauteur suffisante, il est alors préférable de n’utiliser qu’un soc sur deux. De même, sur certains semoirs où la pression sur les socs s’exerce par compression, il est possible de récupérer les ressorts des socs inutilisés pour les doubler sur les socs travaillant (Nodet, Sulky…). A noter que sur la plupart des nouveaux semoirs à céréales, la pression de terrage a fortement été augmentée. Elle dépasse couramment les 20 kg en force d’appui sur chaque soc, alors qu’elle se situait autour de 8-12 kg sur les anciens semoirs.

Avec les semoirs spéciaux pour non labour
La plupart de ces semoirs lourds (SD de Kuhn, Unidrill de Sulky…) sont équipés de disques de semis et nécessitent pour leur efficacité des vitesses de semis suffisantes. Les vitesses sont souvent difficiles à obtenir (sans faire d’ornières…) sur sols très ameublis. Quelques nouveaux semoirs équipés de rampes de semis très dégagées, avec monodisques de grand diamètre peuvent cependant convenir (Maxidrill de Roger…), sous réserve toutefois que leurs distributions restent opérationnelles avec les très grosses graines…

Avec les semoirs monograines
En plus de la précision de la dose de semis, leur poids leur permet normalement une bonne régularité de profondeur de semis. Cependant en semis d’automne - hiver, ils présentent aussi de nombreuses limites, sans parler de leur adaptation contraignante (lorsqu’elle est possible…) à des écartements entre lignes inférieurs à 40 cm (Inutile de penser aux semoirs à betteraves dont les socs manquent de hauteur…). Ensuite les modèles équipés de socs longs sont sensibles aux collages, ce qui limite leur pénétration, notamment en terres fortes. Les modèles équipés d’organes d’enterrage à double disque offrent, sur ce point, une meilleure efficacité. Dans tous les cas, sur sol frais, atteindre 7 à 8 cm de profondeur de semis est déjà un bon résultat !

Avec la charrue ou mieux, la déchaumeuse à socs
Pour la féverole d’hiver, l’enfouissement des graines à la charrue peut aussi être pratiqué. Cette technique devient même la seule possible sur terre forte et conditions fraîches. Elle est bien sûr, sans limite pour placer profondément les graines… Pour doser et déposer la semence sur le sol, on utilisera un semoir à céréales avec rampe de semis relevée (et avec une distribution adaptée aux grosses graines…).
Pour l’enfouissement, il faudra disposer d’une charrue équipée d’un bon système de contrôle de terrage et travailler à très faible largeur de corps : 12’’ est l’idéal. L’utilisation de rasettes, réglées superficiellement et plutôt avancées devant les corps, améliorera sensiblement la régularité de placement des graines en profondeur. Une vitesse de travail d’une dizaine de km/h permettra d’obtenir un bon émiettement, notamment en terres fortes.
La bonne technique pour enfouir les graines, est de ressortir quand elle existe, la déchaumeuse à socs. Ce matériel était conçu pour travailler vite et en grande largeur à une dizaine de cm de profondeur. Leur limite concerne leurs utilisations en planches. A noter aussi, depuis quelques années, l’arrivée sur le marché de charrues-déchaumeuses réversibles très performantes pour réaliser ce type de travail (chez Kverneland, Charlier…).
Comme les charrues, elles permettent un bon enfouissement des résidus. Moins exigeantes en puissance de traction, leurs débits de chantier sont plus élevés que ceux obtenus avec les charrues classiques.

Distribution : évitez la casse
Quel que soit le semoir utilisé, il faut semer doucement. Cela permet de préserver les graines et la distribution pour les semoirs à transport par gravité et limite les risques de bouchage des tuyaux pour les semoirs à transport pneumatique. De plus, pour ces semoirs, il faut à tout prix éviter les contre-pente sur les tuyaux, surtout aux extrémités, quand le flux d’air est atténué par les pertes de charge. Sur certains semoirs mécaniques, pour pallier au problème de casses des graines de féverole, l’arbre de distribution peut être remplacé par un arbre spécial grosses graines disposant de doseurs constitués de grosses alvéoles en élastomère. Les semoirs pneumatiques équipés de cellules doseuses de type “Accord” semblent bien adaptés aux grosses graines (cannelures de grandes dimensions). Attention toutefois à certaines conceptions de semoirs pneumatiques où les sorties de distribution sont de trop faible section et deviennent alors sensibles aux bouchages.

Travail du sol simplifié et implantation
Le développement des techniques d’implantation sans labour, à la fois pour des raisons économiques et agronomiques concerne l’ensemble des cultures de l’assolement et en particulier les protéagineux.

Dans le cas des protéagineux la réussite de l’implantation est liée avant tout à la maîtrise de la profondeur de semis dont l’objectif à atteindre est de 3 à 4 cm dans le cas du pois et du lupin et au moins 5-6 cm dans le cas de la féverole.

Maîtriser la profondeur de semis et la densité de peuplement
Les expérimentations réalisées sur ce thème concernent principalement le pois protéagineux de printemps, dans diverses conditions de sol et de climat.
Par rapport au labour, le semis sur travail superficiel réalisé par exemple avec un ou deux passages d’outils à disques à l’automne, conduit à des résultats de rendement un peu plus hétérogènes mais en moyenne très proches de ceux obtenus sur labour (-1.4 q/ha en moyenne sur 33 situations).
En semis direct, sans préparation du sol sur un précédent pailles restituées, avec un semoir spécial à disques, les résultats sont plus hétérogènes et la moyenne des rendements est pénalisée d’environ 4.4 q/ha par rapport au labour. Ces écarts sont dus, la plupart du temps, à des peuplements de plantes levées plus faibles et/ou des levées échelonnées, notamment en printemps sec.

Des cultures assez sensibles à la compaction du sol
Par ailleurs, les protéagineux sont sensibles à la compaction du sol, en particulier dans les 10-15 premiers centimètres, là où se développent les nodosités. Dans certaines conditions, par exemple dans des rotations avec du maïs récolté en conditions humides, une reprise profonde sera nécessaire pour assurer un bon développement de la culture de protéagineux.
En revanche, en conditions plus favorables comme derrière une paille, l’implantation pourra se satisfaire d’un déchaumage superficiel.

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