Semis de céréales : la pluie n'est pas le seul critère.
Le moment du semis des céréales à paille approche. Faut-il le prévoir par rapport à la pluviométrie de la semaine, ou en date calendaire ? Quel impact sur le salissement des parcelles et la structure des sols ? Les conseils d'Arvalis.
Les céréales à paille présentent une bonne flexibilité à la date de semis. Pour les orges d'hiver, retarder les implantations sur la deuxième quinzaine d'octobre est peu risqué tant que les conditions de sol s'y prêtent, en évitant les sols asphyxiés dès la levée. Les sols encore très chauds doivent permettre une levée rapide.
Pour les blés tendres d'hiver, les semis peuvent être décalés de deux à trois semaines si les conditions le requièrent. Il est préférable d'attendre plutôt que risquer d'altérer la structure du sol en cas de pluies abondantes, ou de semer trop tôt et de ne plus maîtriser l'état sanitaire de la parcelle. Le décalage n'implique pas une chute drastique du rendement : il se raisonne surtout au regard de critères transversaux - maîtrise du désherbage, praticabilité des parcelles, récolte du précédent.
Pour le blé dur, les périodes de semis ne sont pas encore atteintes : mieux vaut attendre la fin octobre. L'espèce présente une grande flexibilité phénologique, qui permet de la semer sur une large période ; qualité d'implantation et maîtrise sanitaire sont prioritaires.
L'eau pour germer
Pour germer, les graines doivent reprendre l'équivalent de leur poids, soit atteindre 50 % d'humidité. Elles doivent donc être placées au contact étroit d'un sol suffisamment humide : environ 20 mm de pluie sur un sol sec assurent la germination, si le lit de semences est suffisamment fin. S'il reste un peu d'humidité, un semis un peu plus profond (5 cm) permet d'y accéder. Si le lit de semences est complètement sec, les graines peuvent rester inertes en attendant les pluies. Si la germination débute, il est très probable que les plantules trouvent suffisamment d'humidité pour lever.
Eviter les grosses mottes
Compte tenu de l'été trè sec, il n'y a pas de crainte sur des structures de sol dégradées lors des récoltes des précédents : un travail profond ne s'impose pas. Au contraire, labour, décompactage ou déchaumage profond risquent d'être très demandeurs en puissance de traction et de générer des mottes difficiles à casser. Un travail superficiel (5 cm, maximum 10) semble idéal pour créer un lit de semences peu grossier. Le semis direct est aussi envisageable, sous réserve d'être équipé d'un semoir adapté et d'avoir un sol suffisamment meuble.
Seule exception : si la gestion du salissement l'impose (enfouissement de semences de vulpin ou de ray-grass produites dans la culture précédente), un labour peut être souhaitable - en attendant toutefois un début de réhumectation de la couche arable pour retourner le sol sans créer trop de grosses mottes.
Quand désherber ?
L'humidité du sol est un facteur essentiel d'efficacité des herbicides de prélevée et de postlevée précoce. La comparaison entre automnes secs et automnes favorables (2015 contre 2018) met en évidence que, à herbicides équivalents, l'écart d'efficacité peut atteindre 30 à 40 points.
Si la parcelle est propre ou sans risque majeur d'infestation de graminées, on retarde l'application pour passer sur une postlevée précoce, ou on retarde le semis pour bénéficier de conditions favorables. Si la parcelle est sale ou subit un historique d'infestations, décaler le semis reste l'option la plus favorable. Si ce n'est pas possible, le programme prélevée puis postlevée - voire double postlevée d'automne si le scénario climatique le permet - reste d'actualité. Même réalisée dans des conditions médiocres, la prélevée conserve un programme supérieur en efficacité à la seule postlevée. Pour les situations encore sensibles aux inhibiteurs de l'ALS ou de l'ACCase, une postlevée d'automne suivie d'un passage en sortie d'hiver reste possible, y compris contre la folle-avoine.