Aller au contenu principal

Culture
Semis tardifs des blés : quel potentiel ?

Pour des semis tardifs en Basse-Normandie (décembre, janvier), on vise un peuplement proche de 250 plantes de blé levées/m² en sortie d’hiver. Or cette année, il n’est pas rare d’observer des parcelles de blé au stade 1 à 4 feuilles avec des densités limitées à 120 -170 plantes levées/m². Que faut-il en penser ?

A compter de quel seuil faut-il envisager le remplacement de la culture ?
Il est fort probable que les situations qui justifieront un retournement de la culture en place soient rares. On estime que le seuil moyen de retournement des semis tardifs n’est justifié qu’en dessous de 120 plantes levées par m2.

Quel est le potentiel de rendement pour ce type de parcelle ?
Globalement, toutes situations confondues, il suffit de 400 talles/m2 à plus de 3 feuilles au stade épi 1 cm (= les futurs épis) pour ne pas limiter le rendement, en l'absence d'excès d'eau perdurant après le stade épi 1cm.
A 300 tiges/m2, voire 250 tiges/m2 pour des variétés à gros potentiels de fertilité (nombre de grains par épi) et de PMG (comme Aldric, Bermude, Caphorn, Koreli, Rosario…), on considère que le peuplement commence à être limitant. Les pénalités moyennes se situeront aux alentours de 10 % du potentiel permis par l'année. En deçà, elles pourront atteindre 15 à 20 %.

Quel tallage peut-on espérer sur ces parcelles ?
En temps normal, les semis tardifs de décembre/janvier ont une durée de tallage plus courte que les semis d’octobre/novem-bre. Il s’en suit un nombre d’épis un peu plus faible pour les semis tardifs.
Cette année, cette diminution du tallage entre des semis précoces et des semis tardifs sera plus importante qu’en temps normal pour trois raisons :
- les semis se sont étalés de début octobre à février, générant des écarts importants entre les semis précoces et les semis très tardifs ;
- les conditions très froides de l’hiver ont accentué le retard des semis tardifs de décembre/janvier avec les semis plus précoces qui avaient profité des températures douces d’octobre/novembre ;
- la durée du jour devient de moins en moins limitante avec les jours qui passent, ce qui devrait précipiter le stade épi 1 cm pour les semis tardifs. Ils auront cumulé très peu de somme de température depuis le semis. Or le nombre de talles dépend directement des sommes de températures entre le semis et le début montaison.
Dans ces situations de peuplement clair, il est toutefois possible que le tallage se poursuive exceptionnellement au-delà du stade épi 1 cm suite à une faible concurrence pour l’azote et pour la lumière ; et ce d’autant plus que la montaison est tardive. Cela permettra de compenser un peu le faible tallage. Il est possible de gagner environ 100 épis/m² si
les conditions le permettent (absence de sécheresse précoce en début de montaison) au-delà du stade épi 1 cm.
Malgré cela, la plupart des semis très tardifs auront un faible tallage et il sera très souvent nécessaire de réévaluer le potentiel de rendement. Le diagnostic pourra être réalisé au stade épi 1 cm, en comptant le nombre de talles ayant plus de 3 feuilles sur 1 m². Ce chiffre sera proche du nombre d’épis final.

Au stade épi 1 cm, compter le nombre de tiges à plus de 3 feuilles, à l’origine des futurs épis
On compte pour tige à plus de 3 feuilles, toute tige (maître brin et talles) ayant au moins 3 feuilles vertes, bien développées. La dernière feuille visible, en cours d’émergence, est déclarée comme bien développée quand la longueur de son limbe est supérieure ou égale à 80 % de celui de la feuille précédente.
Ne pas compter comme feuilles vertes :
- les feuilles les plus âgées, desséchées ;
- une feuille fortement atteinte de maladies (par exemple, de l’oïdium qui recouvre plus de 50 % de la feuille).
Calculer le nombre de tiges à plus de 3 feuilles/m²
Prélever les plantes sur 2 rangs, sur 1 m de long. Compter le nombre de tiges à plus de 3 feuilles, sur toutes les plantes et faire la somme. Utiliser la formule suivante :
Somme des tiges à plus de 3 feuilles x 100 / (2 x écartement en rangs de semis en cm).
Exemple : 120 x 100 / (2 x 16,5) = 364 talles à plus de 3 feuilles/m²

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Silphie culture
Des éleveurs séduits par la silphie testent la nouvelle culture
La silphie est une culture pérenne, implantée pour une quinzaine d’années. La plante est utilisée dans les Vosges surtout pour la…
Léonie Angot-Hastain, maire de Saint-Manvieu-Norrey, 3e sur la liste calvadosienne ; Frédéric Moreau, exploitant à Mouen ; Stéphanie Yon-Courtin (ex-LR), tête de liste LREM dans le Calvados avec Laurent Bonnaterre ; David Hastain, agriculteur à Saint-Manvieu-Norrey ; Sébastien Binet, agriculteur maire de Versainville, 8e sur la liste calvadosienne.
Dans le Calvados, la candidate LREM ne veut pas opposer les sujets
La députée européenne, ancienne maire de Saint-Contest et colistière de Laurent Bonnaterre aux élections régionales, Stéphanie…
SERVICE REMPLACEMENT 61
Les agents de remplacement de l’Orne à l’honneur
La fédération départementale des services de remplacement de l’Orne a organisé, pour la 3e  année consécutive, une journée dédiée…
SIP DEMONSTRATION FAUCHEUSE
VIDEO. La plus large faucheuse du monde en démonstration en Normandie
La Silvercut Disc 1500 T (de marque SIP) est la faucheuse la plus large au monde avec 15 mètres de travail. Il en existe une…
VIDEO. Des silos en préfa modulables, à monter soi-même
Mickaël Féret est à la tête d’une société ornaise de fabrique d’éléments en bétons destinés, notamment, au stockage agricole. De…
PANNEAUX ELECTIONS
Régionales : les têtes de listes ont passé leur oral agricole
FRSEA, JA et Chambre régionale d’agriculture de Normandie ont, lundi dernier, invité les têtes de listes aux régionales (ou leur…
Publicité