Aller au contenu principal

Blé
Septoriose : s’empresser d’attendre

Les parcelles de blé les plus précoces arrivent à 2 nœuds, stade où la nuisibilité de la septoriose peut commencer à s’exercer, quand elle est là… Le temps sec actuel empêche sa progression sur les nouvelles feuilles. Le premier traitement contre la septoriose peut donc attendre.

L’évolution de la maladie en 2010 est lente. En sortie d’hiver, l’inoculum de septoriose était proche d’une année normale. Les épisodes de pluie abondante en janvier-février étaient favorables au pathogène, tandis que les températures froides ralentissaient la sortie des symptômes. Depuis près de 2 mois, la tendance s’est inversée avec le retour à un climat sec, stoppant la progression de la septoriose, cantonnée aux vieilles feuilles du bas.
La septoriose progresse d’étage en étage sous l’effet des gouttes de pluie. En rebondissant sur les feuilles du bas pour atterrir sur les feuilles supérieures, elles transportent les spores trop lourdes pour être disséminées par le vent. On parle d’effet “splashing”. Ce printemps, tant que la météo n’annonce pas de pluie, la maladie ne pourra pas monter.

Ne pas intervenir tout de suite, mais quand alors ?
Lorsque la pluie recommencera à tomber, la maladie contaminera progressivement les étages supérieurs. Le suivi des symptômes permet de déterminer le bon moment pour déclencher le traitement. Arvalis - Institut du végétal a récemment affiné les seuils de traitement contre la septoriose.
- Pour des blés à 2 nœuds, il est préconisé de traiter :
- pour les variétés sensibles et très sensibles à la septoriose : quand 20 % ou plus des F2 déployées du moment présentent des symptômes de septoriose (voir encadré) ;
- pour les variétés peu sensibles à la septoriose : quand 50 % des F2 déployées du moment présentent des symptômes de septoriose (voir encadré).
- Pour des blés au stade dernière feuille pointante, il est préconisé de traiter :
- pour les variétés sensibles et très sensibles à la septoriose : quand 20 % des F3 déployées du moment présentent des symptômes de septoriose ;
- pour les variétés peu sensibles à la septoriose : quand 50 % des F3 déployées du moment présentent des symptômes de septoriose.
- Pour les blés à dernière feuille étalée : si aucun traitement n’a été réalisé encore, intervenir quels que soient les symptômes visibles, afin de bien protéger les 3 dernières feuilles définitives.
Lorsque l’on atteint le seuil, si un épisode de pluie est annoncé à nouveau, il est préférable de traiter avant pour bénéficier de l’action préventive des fongicides. Attention toutefois à respecter le délai de traitement avant la pluie indiqué sur l’étiquette du produit.

Le bulletin de santé du végétal vous informe sur l’évolution des maladies en Normandie
Retrouver chaque jeudi matin l’évolution des symptômes de septoriose dans une centaine de parcelles de blé observées chaque semaine par les organismes participant au réseau d’épidémio-surveillance normand, en consultant gratuitement le bulletin de santé du végétal céréales sur les sites web des DRAAF.

Retarder le traitement peut permettre des économies
Dans des stratégies à 2 ou 3 traitements fongicides, avec le deuxième traitement prévu entre dernière feuille étalée et épiaison, les années où l’on retarde la première intervention peut permettre de réduire la dose de ce dernier (d’environ 15-20 % par rapport à la dose préconisée par Arvalis en année “normale”). En effet, on aura besoin d’une moins longue persistance d’action jusqu’au traitement relais. Ceci n’est possible qu’à condition de respecter les seuils indiqués plus haut. En cas de dépassement, si l’on intervient contre la septoriose déjà bien installée, “en pompier”, on ne réduira pas les doses bien entendu.

Rester vigilant vis-à-vis de la rouille jaune
La rouille jaune peut apparaître tôt sur le blé tendre, préférentiellement sur les variétés aujourd’hui connues comme les plus sensibles (Toisondor, Hysun, Altigo, Aldric, Alixan, Trapez, Player, Hymack, Koreli, Uski, Altamira, Dialog). En cas de détection des premières pustules dans la parcelle, il est conseillé d’intervenir rapidement avec un traitement efficace pour enrayer la maladie dont la progression peut être fulgurante.

Le risque rouille brune est très faible pour l’instant
A l’image de 2009, le climat froid de l’hiver était peu favorable au maintien de l’inoculum de rouille brune dans la campagne. Pour l’heure, le risque d’apparition de la maladie est très faible en Normandie, comme en témoignent les cartes ci-dessous.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

TUBERCULOSE BOVINE
Tuberculose bovine : quatre cas confirmés dans le Calvados
Le Groupement de défense sanitaire confirme, ce mardi 23 février 2021, la détection de quatre cas de tuberculose bovine. Plus de…
Un liniculteur utopiste
Depuis 2017, l’association Lin et Chanvre bio (LCBio) déploie des essais de chanvre en Normandie. Un des objectifs est de créer…
Graindorge, bâtiments de la future fromagerie
Graindorge mise sur le camembert AOP fermier et bio
La fromagerie Le Clos de Beaumoncel est en cours de finalisation à Camembert (61). Fruit d’un partenariat entre E. Graindorge et…
ETA GIFFARD - EPANDAGE
Terra Variant 585 cherche hectares où s’épandre
À l’automne, Denis Giffard, entrepreneur de travaux agricoles à Tournebu (14), a troqué l’une de ses arracheuses intégrales à…
ORNE - CERTIFICATION HVE
HVE : le label met un pied dans l’Orne
La Chambre d’agriculture de Normandie a invité les agriculteurs à s’informer sur le label HVE au cours de trois réunions dans l’…
Le GDS 14 élit son nouveau président
Lors de son assemblée générale, le Groupement départemental sanitaire du Calvados a renouvelé son bureau. Alain Legentil,…
Publicité