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Session CRAN : coup de froid sur le revenu mais coup de chaud sur le climat

Les élus de la Chambre régionale d'Agriculture se sont réunis en session plénière vendredi dernier. Coup de froid sur le revenu de la ferme Normande potentiellement amputé de 120 MEUR et coup de chaud sur le climat à la veille de la COP 21

Nicolas Mayer-Rossignol (président du Conseil régional de Haute-Normandie et François Dufour (en charge des questions agricoles au Conseil régional de Basse-Normandie) ont participé aux travaux. Les deux élus se sont félicités des échanges constructifs qui se sont instaurés entre la CRAN et les deux Conseils régionaux au cours de cette mandature.
Nicolas Mayer-Rossignol (président du Conseil régional de Haute-Normandie et François Dufour (en charge des questions agricoles au Conseil régional de Basse-Normandie) ont participé aux travaux. Les deux élus se sont félicités des échanges constructifs qui se sont instaurés entre la CRAN et les deux Conseils régionaux au cours de cette mandature.
© TG

Après avoir planché sur le budget initial 2016 et brossé les contours de son propre fonctionnement à travers Cap Normandie 2019, les élus de la CRAN (Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie) ont ouvert deux dossiers majeurs. Le premier, à court terme, avec le bilan d'automne de la Ferme Normande et une situation de conjoncture. Le second, à plus long terme, avec le changement climatique mais en lien avec la COP 21.

120 MEUR de destruction de valeur
Sur les mauvais comptes de la Ferme Normandie et même s'il convient de rester prudent (les produits betterave, lin, volaille, oeuf, mouton n'ayant pas été  considéré), le constat est sans appel. Le résultat de l'entreprise agricole régionale serait en recul de 120 MEUR avec une marge d'erreur de plus ou moins 10 %.
Si le secteur COP (céréales-oléoprotéagineux sauve la mise (- 25 MEUR par l'effet prix mais + 100 MEUR grâce à l'effet volume), la filière laitière dévisse de 250 MEUR. Une dégradation moyenne de 30 % qui explique que la partie la plus impactée soit en "grande difficulté", a commenté Michel Lafont, chef du Pôle Economie et Prospective. Pas étonnant dès lors que la Manche paie un lourd tribu : 33 % de revenu en moins (Calvados : -22 %, Orne : - 19 %) alors que l'Eure et la Seine-Maritime afficheraient respectivement + 3 et + 4 %. Illustration de cette triste réalité sur le terrain avec la mobilisation de 10 ETP (Equivalent Temps Plein) à la Chambre d'agriculture de la Manche à travers "la cellule d'urgence pour qu'au 31 décembre, on ait fait le boulot", a souligné son président, Pascal Férey.
Plus de betterave dans l'Eure...
Autre sujet chaud à la veille de la COP 21 : le réchauffement climatique. "Les accords internationaux finissent toujours par arriver sur nos exploitations", a commenté Rémi Bailhache. L'occasion aussi pour M. GNAC (Groupe Normand Agriculture et Changement Climatique) de faire un peu de prosélytisme : "l'agriculture peut contribuer à l'atténuation du changement climatique".
Chiffre à l'appui, l'agriculture normande ne consomme que 2 % d'énergie (elle émet par ailleurs 18 % des gaz à effet de serre) et constitue la seule activité, avec la forêt, capable de stocker du carbone. L'agriculture est donc vertueuse, qu'on se le dise, même si "on ne tordra pas le coup à ceux qui nous veulent du mal sur ce sujet mais on n'est pas obligé d'avoir des ennemis à l'intérieur", parole d'élu.
Le dossier est donc a appréhender de façon pragmatique et sans se faire peur. "Il y a peut-être aussi du positif là-dedans à condition de faire bouger nos systèmes de culture et de travailler sur de nouvelles variétés", a exposé Jean-Pierre Delaporte, président de la Chambre d'agriculture de l'Eure. Un département qui profite du réchauffement. Entre 1989 et 2014, le rendement en betteraves industrielles est passé de 60 T à 90 T. L'ITB (Institut Technqiue de la Betterave) indique que la moitié du progrès résulte du climat et en particulier de la température qui a eu pour effet d'accélérer la mise en place du bouquet foliaire (l'autre moitié est liée à l'évolution génétique et aux techniques culturales).

... mais moins de jours de moisson dans l'Orne
Attention cependant, d'autres effets sont plus pervers comme notamment une baisse de jours disponibles pour la moisson dans l'Orne. En cause la pluviométrie : de 40 mm au milieu des années 1970 en août à 70 mm aujourd'hui du côté de Flers et Athis-de-l'Orne. Intégrant ces données avec des hypothèses de délai de retour en parcelle après précipitation, la tendance du nombre de jours moissonnables en août passerait de 17 à 10 jours. Les ETA (Entrepreneur de Travaux Agricoles) sont prévenus. Il leur faudra aussi sans doute s'adapter.

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