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Questions à Franck David
Si on a des débouchés à l’export, il faut les garder !

Le groupe Doux est plongé dans la tourmente depuis début juin. Le point sur la situation avec Franck David, président de la section avicole de la FDSEA de la Manche.

Un repli sur le marché intérieur, signifierait qu’on va entrer en concurrence avec des producteurs qui occupent ces créneaux, ce n’est donc pas sérieux
Un repli sur le marché intérieur, signifierait qu’on va entrer en concurrence avec des producteurs qui occupent ces créneaux, ce n’est donc pas sérieux
© le douarin

Le groupe Doux est en redressement judiciaire depuis deux mois. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Le groupe est géré par un administrateur judiciaire et le tribunal de commerce de Quimper a lancé un appel à candidatures en vue de la reprise. Plusieurs offres ont été déposées. Aucune décision n’a été annoncée lors de l’audience de vendredi dernier. C’est au tribunal qu’il revient de choisir la meilleure offre.

Quelle est-elle ? Cela dépend des critères d’appréciation. On peut préférer l’offre qui assure la pérennité du plus d’emplois salariés, celle qui offre les meilleures garanties de paiement des créanciers, ou bien celle qui assure le mieux la continuité de l’activité…
Laquelle avez-vous soutenue ?
Pour nous l’essentiel était de trouver une solution pour assurer le paiement des créances dues aux éleveurs et d’assurer au maximum la poursuite de toutes les activités du groupe.

Pourquoi ne pas opter pour un repli du groupe sur le marché intérieur ?
Parce que si l’on a des débouchés à l’export, il faut les garder. Un repli sur le marché intérieur, signifierait qu’on va entrer en concurrence avec des producteurs qui occupent ces créneaux, ce n’est donc pas sérieux, sauf à être capable de reprendre les parts de marchés détenues par des étrangers. Mais je ne souhaite pas aviver une concurrence accrue entre les producteurs français de poulets.

Le sort des salariés ne semble pas vous intéresser…
Bien sûr que si. Mais nos mandants sont les éleveurs et ce sont donc les éleveurs notre priorité. C’est pour cela que nous insistons pour le paiement des dettes contractées avant le 1er juin. Il n’est pas question que ceux qui ont élevé les animaux paient les pots cassés du groupe.

On dit que le groupe est en mauvais état. C’est vrai ?
Je ne connais pas assez le groupe de l’intérieur pour porter un quelconque jugement sur la qualité de ses réseaux commerciaux ou de ses outils industriels. Je ne peux donc pas m’exprimer sur ce sujet.

L’offre de Sofiproteol fait couler beaucoup d’encre. Qu’en pensez-vous ?
Il faut clarifier les choses. Sofiproteol n’a pas déposé d’offre de reprise en son nom propre. Sofiproteol n’est que le coordinateur d’une offre globale qui associe de nombreux acteurs de la filière. C’est une manière de pérenniser les activités du groupe en confiant
l’activité “frais” à ceux qui sont déjà spécialisés sur ce secteur, le poulet “export” à d’autres dont c’est le métier…Elle nous semble donc correspondre à ce que recherchent tous les acteurs.

Le fait qu’elle soit pilotée par Xavier Beulin fait aussi parler. Qu’avez-vous à en dire ?
Que dirait-on si Xavier Beulin ne s’était pas préoccupé de ce dossier ? Qu’il serait inadmissible qu’un responsable agricole qui dirige un tel levier reste inactif face au risque de pertes sèches pour les éleveurs. On ne peut pas reprocher tout et son contraire. Sur ce dossier, beaucoup de gens parlent, mais peu agissent pour les éleveurs… Maintenant, attendons la décision du tribunal de Quimper. Quand elle sera rendue commencera le vrai travail qui doit mener à réorganiser la filière avicole française dans son ensemble.

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