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Filière viande bovine
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé

Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
© FDSEA

Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se sont rendus sur le site Socopa Viandes du groupe Bigard à Coutances le 24 juillet. " Depuis plusieurs jours, le président national de la FNB, Patrick Bénézit, a tenté d'entrer en contact avec Jean-Paul Bigard ", explique Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche. En vain. Il souhaitait des explications face à "une baisse des prix de la viande injustifiée" aux yeux de la FNB.

Alors, l'organisation syndicale nationale a orchestré une mobilisation du 27 au 28 juillet sur un site Bigard par région.

Pour la Normandie, c'est devant l'abattoir de Gacé (Orne) que les éleveurs se sont réunis.

Pour rappel, la région compte deux autres sites du groupe Bigard : Coutances et Le Neufbourg (Eure).

Voir pour mieux comprendre

Dans la Manche, la FDSEA présidée par Jean-Michel Hamel, et les JA conduits par Valentin Lecoeur, ont engagé une démarche commune : celle d'aller voir concrètement ce qui se passait dans les frigos du site de Coutances. " Les indicateurs économiques et de consommations ne justifient pas cette baisse ", débute Emmanuel Grossin, qui a vu effectivement des frigos pleins à Socopa Coutances. " On a besoin de voir et de comprendre ", avance Jean-Michel Hamel. Sur place, les congélateurs sont pleins. " L'abattoir est saturé ", concède-t-il. Le site de Coutances peut contenir 1 200 tonnes et " 1 000 tonnes ont été dirigées vers les sites d'Orléans et Le Havre ", indique le président syndical.

Des éleveurs inquiets

Le tirage n'y est plus. En cause : la RHF (restauration hors domicile) qui s'approvisionne sur le territoire de l'Union européenne plutôt qu'en France parce que le prix est inférieur de 50 centimes d'euros/kg de carcasse. Or, les éleveurs allaitants retrouvaient du souffle. " Les cours étaient bons l'année dernière. Nous en sommes conscients. Mais c'est la première année depuis 20 ans. Ce n'est pas en ayant aucune visibilité et aucune confiance dans le marché qu'on va pouvoir installer des jeunes ", déplore Emmanuel Grossin.

Les fortes chaleurs et le manque de fourrage conduisent les éleveurs à ne pas garder des animaux dans les exploitations. C'est sans compter les avortements liés à la chaleur ou la FCO l'année dernière. Ces animaux sont dirigés vers la réforme.

Valoriser le mieux possible

" Pour beaucoup d'entre nous, il n'y a pas d'intérêt à garder des animaux improductifs ", note Emmanuel Grossin. " On a tous intérêt à ce que notre viande soit valorisée le mieux possible. Il est normal que les abattoirs gagnent leur vie. Mais il n'est pas normal que les producteurs soient la variable d'ajustement. Il faut que ça soit équitable ", conclut le producteur.

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