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Stéphane Travert (ministre de l’Agriculture) :« être payé à sa juste valeur »

Dans le cadre de son déplacement au Festival de la terre et de la ruralité organisé par les Jeunes agriculteurs de la Manche, Stéphane Travert, s’est exprimé sur les sujets d’actualité, sa volonté de transformer l’agriculture tout en veillant au revenu des agriculteurs.

© SB

>> Le projet de loi des EGA arrive en 2e lecture à l’Assemblée nationale. Que peuvent en espérer les agriculteurs?
Nous sommes dans une transition agricole. Cette transition est difficile. Nous demandons beaucoup de choses aux agriculteurs. Nous leur demandons de transformer leurs pratiques agronomiques, nous leur demandons de travailler différemment, nous allons leur demander de faire des efforts pour répondre aux demandes sociétales, mais en échange de ces efforts, il faut qu’ils soient payés à leur juste revenu. Dans le projet de loi des Etats généraux de l’alimentation, nous mettons en avant la répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaine.
A travers la contractualisation, à travers l’inversion de la construction du prix, à travers les nouvelles relations commerciales, nous allons pouvoir travailler sur la question du revenu. 
Nous conduisons l’agriculture dans la transition en faisant évoluer nos modèles agricoles pour être en réponse aux attentes de la société et pour que demain les agriculteurs puissent trouver le revenu nécessaire pour pouvoir innover et investir. Les professions agricoles sont des professions essentielles pour notre économie, et pour l’économie européenne.

>> La sécheresse sévit fortement dans la région. Quelles réponses pouvez-vous apporter aux agriculteurs ?
Elle a touché bon nombre de territoires. Nous avons beau dire que la Normandie est arrosée. Mais elle a bien souffert. Des agriculteurs ont été obligés de puiser dans les réserves de fourrage d’hiver. Alors, nous faisons en sorte, avec la Commission européenne, que nous puissions avoir des dérogations pour faucher les jachères et les faire pâturer. Nous avons obtenu qu’il y ait des avances de versement sur la Pac et les paiements directs de manière à ce que les agriculteurs puissent payer les fourrages ou continuer à travailler. Nous avons obtenu également des dérogations importantes en matière de SIE.

>> Synutra a rompu le contrat avec la coopérative Maîtres laitiers du Cotentin. C’est une décision difficile.
Nous suivons l’évolution des Maîtres laitiers du Cotentin avec ses dirigeants. Nous sommes très attentifs à cette situation. L’entreprise Synutra n’a pas tenu ses engagements de commandes et financiers. Nous devons trouver des solutions pour que l’investissement qui a été fait à Meautis puisse continuer à fonctionner, à créer des emplois. Je reste mobilisé pour que nous puissions aboutir à des solutions concrètes avec la coopérative qui affiche par ailleurs de bons résultats. 
Nous avons une usine qui potentiellement peut produire du lait à destination de l’export. Nous avons d’autres marchés à traiter. Dans le cadre du comité export que nous tenons au ministère, nous travaillons à trouver des débouchés commerciaux, à aider l’entreprise pour faire face à cette situation. 

>> La fin des dérogations concernant l’usage du dichloropropène met-elle les producteurs de carottes en danger ?
Nous étions dans un contexte européen qui ne nous permettait pas de renouveler la dérogation. Nous avions dit qu’en cas de non dérogations, nous serions prêts à accompagner les producteurs. Le ministère de l’Agriculture est prêt à engager des tests pour trouver des alternatives. Nous allons accompagner ces pistes. Nous accompagnons avant, pendant et après. Cette filière doit continuer à exister. Peut-être devons-nous réfléchir aux changements agronomiques, à avoir des rotations de cultures plus importantes…
Les solutions ont été cherchées année après année. Le temps de la recherche est parfois long. Aujourd’hui, nous avons le souci de ne pas laisser les agriculteurs sans solution. Nous faisons en sorte de les accompagner, de les aider, mais aussi de les inciter à modifier des pratiques, toujours avec le souci de l’économie, de la compétitivité.  Nous sommes prêts à engager les essais nécessaires pour toute la zone des carottes de Créances. Nous accompagnerons l’ensemble des producteurs et nous regarderons les résultats. Il s’agira d’accompagner celles et ceux qui ont été pénalisés, celles et ceux qui auront enregistré des pertes de production et de rendement. Mes services y travaillent. J’en ai fait une de mes priorités. Je crois à cette filière qui fait la fierté de nos territoires et de ses producteurs.

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