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Culture
Stratégie de désherbage du maïs : difficile en un passage

Près d’un hectare sur deux de maïs ne reçoit qu’un seul traitement herbicide. Comme pour les autres points de l’itinéraire technique, les pratiques de désherbage tendent vers la simplification. Pourtant les essais montrent que cette pratique garantit rarement un résultat suffisant.

Les stratégies en 2 passages sont les plus sécurisantes

Une compilation des résultats d’essais du réseau désherbage maïs réalisé en Normandie par Arvalis et ses partenaires (Chambres d’Agriculture et Coop de Creully) montre clairement la difficulté d’obtenir des résultats satisfaisants avec un seul passage. Quel que soit le stade du premier passage (prélevée, post-levée précoce avec produits à action racinaire, ou post-levée classique) et le coût de ce premier passage (de 25 €/ha à plus de 50 €/ha), un deuxième traitement est le plus souvent nécessaire pour assurer une propreté suffisante et l’absence de nuisibilité sur la culture (graphique).

La prélevée : intéressant sur graminées et véronique

La stratégie de pré-levée est à privilégier dans les situations avec véronique de perse et/ou graminée estivales. En effet, ces adventices sont difficiles à maîtriser en post-levée. C’est aussi une stratégie qui offre de la souplesse pour positionner l’éventuel traitement de rattrapage en post-levée. Toutefois, la réussite de la pré-levée est conditionnée par une bonne humidité du sol au moment de l’application et est nettement améliorée par un cumul de pluie significatif (au moins 10 mm) dans les 10 à 15 jours suivants l’application. Aujourd’hui, plus aucun produit de prélevée ne présente un spectre complet. Un rattrapage sera donc à prévoir, notamment en présence de renouées liseron et mercuriales.


La post-levée très précoce : un positionnement parfois difficile

Le traitement de post-levée très précoce est un compromis entre la stratégie de prélevée et celle de post-levée. Il s’agit d’intervenir tôt, à 2-3 feuilles du maïs, sur des adventices non levées ou au stade plantule (3 feuilles maxi). Les produits utilisés ont un spectre d’efficacité assez large et associent plusieurs modes d’action : racinaire et foliaire. Comme pour les traitements de prélevée, les produits à action racinaire nécessitent une humidité suffisante après le traitement. L’efficacité des produits foliaires est conditionnée par une flore jeune et une bonne hygrométrie lors du traitement.Avec cette stratégie, l’objectif est de gagner en persistance d’action par rapport à un passage de pré-levée. Cependant, un rattrapage de post-levée n’est pas exclu pour contrôler les relevées en cours de cycle.

La double post-levée : résultats réguliers

La stratégie de double post-levée est adaptée aux flores dicotylédones ou à faible pression graminées. Dans les réseaux d’essais, ce programme donne régulièrement de bons résultats, dans la mesure où le premier passage est réalisé suffisamment tôt, avant 3-4 feuilles des adventices. En présence de dicotylédones difficiles, notamment renouées, mercuriale, fumeterre, véronique…, les herbicides compléments anti-dicotylédones de post-levée, appliqués en association avec le mélange [tricétone + sulfonylurée] régularisent les efficacités (tableau).Quel que soit le stade du premier passage, un rattrapage de post-levée peut être réalisé soit par désherbage chimique, soit par binage(s). Les stratégies “combinées”, associant intervention chimique et binage(s) procurent des niveaux d’efficacité et de sélectivité proches des stratégies “tout chimique” dans la mesure où les facteurs de réussite du binage sont réunis (voir tableau article “Conditions réussite désherbage maïs”).En cas de présence de vivaces, les produits de complément (Peak, Biathlon, Cadeli) peuvent être remplacés par Casper (100 g) ou Conquérant (200 g). Toutefois, sur ces adventices difficiles à détruire, la meilleure stratégie est d’utiliser des produits spécifiques (Banvel 4S, Kart ou Cambio) et de réaliser 2 applications fractionnées : 2/3 de la dose avant 6 feuilles et 1/3 de la dose après 8 feuilles.Pour des raisons de sélectivité, le mélange tricétone + sulfonylurée + dérivé auxinique (par exemple, Callisto + Milagro + Banvel) est déconseillé. Si toutefois ce mélange est pratiqué, il convient de respecter le stade de la culture et les conditions climatiques autour de l'application.

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