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Machinisme
Strip-till : la technique est séduisante et l’offre en matériel s’étoffe

La journée organisée par l’association Base en juin dernier sur l’exploitation de Philippe Pastoureau, dans la Sarthe, a rassemblé plus de 600 agriculteurs et conseillers. L’objectif était de faire le point sur la technique “Strip-till”, grâce aux témoignages d’agriculteurs français et américains, d’organismes comme ARVALIS-Institut du Végétal et le CETIOM. Plusieurs matériels étaient également présentés.

La technique “Strip-till” qui consiste à préparer une bande de semis n’est pas nouvelle. Au Salon international de la machine agricole de 1969, la marque Howard obtient une médaille d’argent avec le “Rotasemis”. Sur ce cultivateur rotatif, le rotor est équipé de lames travaillant uniquement la largeur du futur rang de maïs, sur 25 cm de large et un quinzaine de centimètres de profondeur. Dans les années 80 le “Parasemis” fait son apparition. Ce matériel qui assure un décompactage localisé, une préparation du lit de semence avec un rotor de type “Rotasemis” et le semis en un seul passage, permet d’implanter le maïs en un seul passage au rythme d’un hectare à l’heure. Les premiers utilisateurs ont avant tout regardé les intérêts liés au gain de temps et souvent négligé les aspects agronomiques : “on ne pouvait pas faire du Parasemis partout et dans n’importe quelles conditions ». Rapidement, les échecs condamnent ce principe. Depuis une dizaine d’années, le “Strip-till” connaît une forte ampleur aux Etats-Unis. La technique, associée à des couverts végétaux et une fertilisation localisée, semble un excellent compromis entre le semis direct et le labour pour les cultures semées en ligne (maïs, colza, betteraves…).


5 ans d’expérience en France

Selon l’enquête réalisée par ARVALIS Institut du végétal, les agriculteurs français s’y intéressent depuis 5 ans. Il y aurait environ 200 utilisateurs. La plupart ont une expérience dans le semis direct ou simplifié et c’est surtout pour le maïs et le colza que cette technique est mise en œuvre. Le gain de temps, la sécurisation des implantations, la protection des sols et la diminution des coûts de mécanisation sont cités parmi les premiers avantages. Cette technique a aussi quelques contraintes : pas adaptée au binage, utilisation limitée de certains herbicides, problèmes de ravageurs… Bien évidement, une bonne structure de sol est la base indispensable de la réussite du “Strip-till”.


Colza : les essais sont très encourageants

Gilles Sauzet, du CETIOM constate que la technique “Strip-till” est bien adaptée au colza : “Mieux que labour, mieux que semis direct, moins de levée de dicotylédones, moins d’assèchement du sol et très bon enracinement”. Cependant, il faut être vigilant sur la gestion des résidus (répartition, encombrement ligne de semis) et bien apprécier à la structure de sol. La technique est plus délicate dans les sols argileux : il faut “strip-tiller” à l’automne en limitant la vitesse à 7 km/h.Pour Frédéric Thomas, la technique “Strip-till” doit être associée à l’apport d’une fertilisation localisée car le sol est plus froid et il y a moins de minéralisation vis-à-vis d’une terre travaillée. La conservation des résidus du couvert végétal dans l’inter-rang est double : moins d’adventices et conservation de la fraîcheur du sol. Le “Strip-till” ouvre la voie vers les cultures associées (ex : maïs + trèfle) avec un contrôle de la prédominance d’une plante sur l’autre. Dans les régions d’élevage, des solutions restent à imaginer pour la gestion des engrais de ferme.


Maïs : rapide et sécurisant

Pour le maïs, les spécialistes, conseillent de séparer la phase “Strip-till” de la phase semis. En règle générale, le passage du “Strip-till” est réalisé 3 semaines à un mois avant le semis. Cela laisse le temps à la zone de sol travaillée de se rappuyer et de se réchauffer ; deux conditions utiles pour la germination et l’enracinement du maïs. Il y a également un effet “faux semis” favorable au désherbage, avec destruction mécanique des repousses sur le rang lors du semis.Avec un matériel 6 rangs attelé à un tracteur de 110/120 ch, le débit de chantier est d’environ 3 hectares à l’heure pour une vitesse d’avancement de 8 à 9 km/h et une consommation de carburant d’environ 7 l/ha. Le semis (6 rangs) est réalisable sur la base de 2 à 2.5 ha/h. Au final, il suffit de 45 à 50 minutes pour implanter un hectare de maïs, en deux étapes. En clair, pour les temps de travaux, l’organisation du travail en période de pointe et les coûts de mécanisation, le “Strip-till” s’avère plus performant que les chaînes d’implantation classiques.

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