Sud-Manche. Exercice de crise d'eau potable : on n'a presque rien senti
Du 12 au 14 octobre, une diminution du débit d'eau potable a eu lieu dans 1 200 foyers des communes de Carolles et Jullouville. Voici le premier retour d'expérience.
Pendant trois matins, le robinet d'eau potable ne coulait plus comme d'habitude pour 1 200 foyers des communes de Carolles et Jullouville. Les services de l'État et le SMPGA avaient simulé une baisse de la pression de l'eau, la distribution d'urgence par camion-citerne, le portage d'eau à domicile pour les personnes vulnérables et l'ouverture de points d'information aux usagers. Ce test grandeur nature n'a pas été aussi marquant pour les habitants, entreprises, commerçants que le prévoyaient les services de l'Etat et le SMPGA. " L'analyse des courbes de consommation a confirmé une baisse significative des usages sur la période, marquée par l'effacement du pic habituel de 9 h ", avance la préfecture de la Manche. Sur le terrain, des adaptations se sont faites, comme à la cantine scolaire de Carolles où le chef cuisinier a plutôt privilégié les légumes riches en eau comme la courgette et en anticipant le remplissage des carafes d'eau.
Une eau redevenue consommable
Si la simulation a eu lieu les 12, 13 et 14 octobre, il aura fallu attendre le 16 octobre pour que l'ARS (agence régionale de santé) de Normandie lève totalement les restrictions après avoir conduit des analyses sur la conformité sanitaire de l'eau. Désormais, la situation est revenue à la normale. L'eau est propre à la consommation pour tout le monde.
Des pistes d'amélioration ciblées
Le retour d'expérience à chaud met toutefois en lumière plusieurs axes de progrès tel que l'harmonisation des messages de précaution sanitaire, l'affinage du dosage de chloration de la citerne d'urgence, l'incitation de la population à s'équiper de contenants réutilisables pour limiter le recours aux bouteilles en plastique jetables lors des secours.
Au final, " la baisse de pression s'est révélée peu perceptible ", reconnaît la préfecture, en raison d'une consommation modérée en cette mi-octobre. Si cet exercice de crise s'était déroulé en période estivale, les abonnés s'en seraient rendu compte. " On passe de 2 500 à 25 000 habitants l'été ", note Xavier Graff, maire de Jullouville. Pour rappel, sur l'ensemble du territoire du SMPGA, 15 673 m3 ont été distribués le 12 août, période estivale et de canicule quand le 7 octobre, il en a distribué 8 024 m3.
Le SMPGA s'alimente aujourd'hui sur deux cours d'eau à savoir la Braize et le Thar. " Une 3e prise d'eau est en perspective sur la Sée dans le but de sécuriser le territoire et les voisins ", avance Yvan Taillebois, président du SMPGA.