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Sunlait : sortir par le haut des EGA

Producteur de lait à Carnet dans le sud Manche, Landry Rivière est membre de la commission «Communication» de Sunlait. Acteur des débats dans le cadre des EGA, il veut voir la co-construction de la filière laitière aboutir.

Landry Rivière : «à quoi bon se battre sur une nouvelle formule de prix si c’est pour s’aligner sur le moins-disant derrière ? Tout le monde prétend être de bonne foi et de bonne volonté mais, dans les faits, chacun regarde chez son voisin». DR
Landry Rivière : «à quoi bon se battre sur une nouvelle formule de prix si c’est pour s’aligner sur le moins-disant derrière ? Tout le monde prétend être de bonne foi et de bonne volonté mais, dans les faits, chacun regarde chez son voisin». DR
© TG

Le 2 octobre dernier, Stéphane Travert (ministre de l’Agriculture) était à Caen pour lancer les travaux de la contribution laitière normande aux EGA (Etats Généraux de l’Alimentation). Parmi les 250 participants, Landry Rivière, administrateur de l’OP CLE PS Ouest qui fédère 680 producteurs de la Manche, de l’Ille-et-Vilaine et plus modestement de l’Orne et du Calvados. L’OP CLE PS Ouest est par ailleurs une des 12 composantes de l’union d’OP livrant 1,2 Mrd litres (2600 producteurs) de lait à Savencia: Sunlait. Landry y œuvre dans la commission «communication» et tient à assumer son rôle même si on lui coupe le micro.
Au cours de ces travaux et débatteur lors d’une table ronde, Daniel Chevreul (Savencia) s’était félicité du bon niveau relationnel et de l’esprit de co-construction régnant entre l’entreprise dont il assure la direction des approvisionnements et les livreurs. Landry Rivière avait alors saisi le micro tendu, non pas pour démentir ces propos mais pour apporter un complément d’information de poids. Mais le micro a été coupé. Pas de volonté de censure dans ce débat ouvert et démocratique, juste une question de timing. C’est donc via la presse agricole que Landry a souhaité terminer son propos.

Une nouvelle formule de prix stoppée
«Contrairement à ce que l’on peut observer dans de très grands groupes laitiers, Sunlait est reconnu par Savencia avec de réelles avancées acquises dans le passé. Le climat est constructif. Nous nous retrouvons tous les trimestres dans le cadre de réelles négociations pour parler contractualisation, prix, qualité, volume (...)», admet Landry Rivière. En juin dernier, un protocole sur une nouvelle formule de calcul du prix du lait a même été signé. Il devait entrer en application sur le second semestre pour expertise et vérifier qu’il aboutissait à du «gagnant-gagnant». Une formule plus réactive, qui tenait compte de l’évolution du mixte produit, qui tenait compte de la marge des producteurs... Pas encore sans doute un aboutissement mais ce qui aurait presque pu se faire de mieux.
Mais «patatras» le 27 septembre. Cinq jours avant les EGA lait, le protocole est dénoncé pas Savencia. «Nous n’arrivons pas à faire passer les hausses auprès des GMS (Grandes et Moyennes Surfaces» en guise de justification. «Alors quand Daniel Chevreul dit à Caen qu’il faut discuter avec des OP fortes et fédérées, il a raison et c’est ce qu’il fait. Nous avons de vraies discussions. Ce n’est pas le copinage que nous pratiquons mais un vrai travail de fond depuis 5 ans. On passe du temps à co-construire une nouvelle formule qui correspond à la valorisation de l’entreprise mais le marché fait qu’on ne peut pas l’appliquer».

320 € eu lieu de 340 €
Voilà ce que voulait dénoncer publiquement Landry Rivière. «A quoi bon se battre sur une nouvelle formule si c’est pour s’aligner sur les moins-disants derrière?», s’interroge-t-il. 
Tout n’est pas perdu pour autant. Le 11 octobre dernier, Sunlait a saisi le médiateur. Cela a permis de revenir à meilleure fortune sans faire pour autant affoler les compteurs : 332 € en novembre et 342 € en décembre. «Mais il nous manque toujours les 20 € d’octobre». Les 1 000 litres ont été payés 320 € alors que la nouvelle formule affichait 340 €. Et de conclure: «il faut que la GMS et la transformation acceptent une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Ce serait la meilleure façon de sortir par le haut des EGA».

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