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Surblouses, les tenues de combat des soignants manquent encore

Marianne Bisson est infirmière à la clinique Saint-Martin de Caen. Fille et femme d’agriculteurs, elle a pensé à la profession pour répondre au manque de matériel pour la protection des soignants. JA Calvados et la Coop de Creully ont répondu à l’appel.

Une dizaine de blouses données par Marine Guardini au profit de la clinique Saint-Martin de Caen.
© JA 14

Le corps médical ne manque pas seulement de masques pour se protéger, mais aussi de surblouses. « Ce sont des tenues imperméables qui couvrent de la tête aux pieds ». Les hôpitaux sont en pénurie et les fournisseurs ne parviennent pas à combler les besoins. Fille et femme d’agriculteurs,
Marianne Bisson est infirmière à la clinique Saint-Martin à Caen. Elle a fait appel à la profession, « j’ai pensé à ces tenues de traitement qui sont en sommeil et que les agriculteurs doivent avoir dans leur local phyto ».

Une trentaine d’équipements
Les JA et la coopérative de Creully répondent et organisent la collecte. JA communique et la coop centralise la collecte. Les fournisseurs sont aussi sollicités mais ils ont déjà donné ce qu’ils avaient en stock. L’infirmière compte alors sur la solidarité individuelle. L’animatrice des JA du Calvados, Gaëlle Chasles, récupère les blouses d’insémination stériles, « même périmées, ça convient », les cottes imperméables de traitement et autres masques, visières et gants, « tout ce qu’on juge de protection » et livre Marianne Bisson à la ferme de son mari. « On a quand même réussi à fournir une trentaine d’équipements complets », se réjouit Gaëlle Chasles.

Toujours besoin
« On est toujours en tension sur ce matériel-là, indique l’infirmière, on a moins de patients, mais on en utilise beaucoup. Les services normaux vont bientôt rouvrir, il va falloir protéger les soignants à la cellule de tri, pour l’accueil, la prise de température des patients. Pour l’instant, les dons font partie des seules solutions que nous avons. Il faut les maintenir ainsi que le confinement, jusqu’au 11 mai. Trop de personnes sont encore touchées. Même quand on sort de réanimation, on n’en sort pas indemne. » n
Pour donner : contacter les JA du Calvados via leur page Facebook

On nous le dit, c’est de la médecine de guerre
Marianne Bisson, infirmière à la clinique Saint-Martin à Caen.
Marianne Bisson, infirmière à la clinique Saint-Martin à Caen a prêté main forte à ses collègues de région parisienne pour soutenir l'afflux de patients atteints du Covid-19.
Infirmière à la clinique Saint-Martin de Caen, Marianne Bisson s’est portée volontaire pour prêter main forte à ses collègues débordés de l’hôpital privé d’Antony (Hauts-de-Seine), également dirigé par le groupe Ramsay santé.

« J’ai été volontaire pour partir à Paris car la clinique Saint-Martin tourne au ralenti. Ici, à Antony, 10% du personnel a été infecté par le virus. L’hôpital est passé de dix à quarante lits de réanimation. Plusieurs services ont été ouverts et il fallait aussi pallier le manque de personnel en arrêt, soit à cause du virus, soit parce qu’ils avaient des pathologies à risque. Je travaille jusqu’au 27 avril (entretien réalisé jeudi 23 avril).
Quand je suis arrivée, c’était dur parce que les patients étaient très instables. Progressivement, la situation s’est améliorée. Ils sont de moins en moins nombreux, les entrées en urgences sont en diminution. C’est bon signe. On espère que le plus dur soit derrière nous, même si l’hôpital anticipe une deuxième vague et économise le personnel pour pouvoir l’absorber.
Je suis affectée au service réanimation. Les patients demandent beaucoup de surveillance. Comme ils sont potentiellement instables, j’ai besoin d’être souvent avec eux dans la chambre. L’organisation est rodée, des soignants nous préparent le matériel à l’extérieur pour qu’on n’ait pas à sortir de la pièce. Je n’avais jamais pris autant de patients en même temps. Il faut soigner avec les moyens qu’on a. Pour tout le monde c’est complètement inédit. On nous le dit, c’est de la médecine de guerre. Là, il y a une organisation qui réussit à se faire, on est de plus en plus performant dans la gestion de la maladie et la protection des soignants. De jour en jour, on réussit à se protéger de mieux en mieux.
L’hôpital m’a loué une voiture pour que je me rende à Antony. Je suis logée à leurs frais dans un hôtel situé à 50 mètres du service avec des soignants de Bayonne, Arras, Lille, la Rochelle. On est venu en renfort. C’est la plus grosse clinique d’Ile-de-France. Le personnel nous a super bien accueillis. La responsable du personnel est toujours disponible, les équipes nous sont très reconnaissantes de venir les aider. En tout, il y a 20% de personnel extérieur : des étudiants en médecine de Paris, des élèves infirmiers réquisitionnés, des vacataires, des infirmiers libéraux. Comme on est là en renfort sur peu de jours, on fait 3 jours d’affilée de 12h puis on a un jour de repos. C’est très condensé. Mais comme on n’a rien à faire à l’hôtel, autant travailler. J’aurai quelques jours pour me reposer en rentrant. J’ai hâte de retrouver les collègues.
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