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Salon tous paysans
Sylvie Brunel : "L’Orne coche toutes les bonnes cases pour se gentrifier"

Sylvie Brunel est géographe, économiste, professeure à Sorbonne Université, ancienne présidente d’Action contre la Faim, derniers ouvrages publiés Pourquoi les paysans vont sauver le monde, Harper Collins, 2021, Manuel de guérison à l’usage des femmes, Albin Michel, 2021. Elle interviendra lors de deux tables rondes, au Salon tous paysans, à Alençon. La première sur la place de l’élevage dans notre territoire et la deuxième sur la cohabitation entre les nouveaux ruraux arrivés sur le territoire et la réalité du terrain. 

Sylvie Brunel tient une Legend, la pomme dont elle est la marraine, dans un verger du Gard et approvisionne la coopérative Cofruid'Oc.
© JP
Comment décrivez-vous les « nouveaux ruraux arrivés sur le terrain » ?

Les confinements dus à la pandémie de Covid ont donné des envies de nature aux citadins. Jamais la campagne n’a paru aussi attractive ! On observe ainsi une forme d’»exode urbain» qui rompt avec des décennies d’exode rural. Cette arrivée coïncide avec un profond renouvellement de l’agriculture française : la moitié des exploitants partira à la retraite au cours des dix ans à venir. Dans les nouvelles installations, un tiers environ n’est pas issue du milieu agricole. Ces nouveaux paysans sont « différents » : plus diplômés… mais hors agriculture. C’est peut-être pour cette raison qu’ils ont des attentes particulières : un tiers veut s’installer en bio, un tiers en pluriactivités, ou sur des activités « de niche » : petit élevage, permaculture, plantes à parfum…. Et bien sûr, en bio, local, circuit court, voire en Amap.

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